mardi 5 mai 2009

L'affaire dite de Tarnac : Evènements et revue de presse-Chronologie - MAI 2009




dernière mise à jour: 15/02/11





suite de la chronologie avril 2009









01 mai:

Sabotages SNCF: une proche du "groupe de Tarnac" remise en liberté

PARIS (AFP) — Une femme de 36 ans proche du "groupe de Tarnac" interpellée mardi dans l'enquête sur les sabotages de lignes TGV commis en novembre 2008 a été remise en liberté vendredi à l'issue de 72 heures de garde à vue, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette femme, animatrice du comité de soutien parisien aux membres du "groupe de Tarnac" poursuivis dans ce dossier, notamment pour association de malfaiteurs à caractère terroriste, avait été interpellée mardi dans le XXe arrondissement de Paris sur commission rogatoire du juge Thierry Fragnoli.

Interrogée par les policiers à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), elle était soupçonnée d'avoir été en contact avec plusieurs membres du groupe soupçonné d'avoir commis des sabotages de lignes TGV. Sa garde à vue a été levée vendredi en début d'après-midi sans charge retenue contre elle, selon cette source.

Les policiers souhaitaient notamment connaître les raisons pour lesquelles Benjamin Rosoux, Gabrielle Hallez et Manon Glibert, trois des mis en examen, dormaient à bord d'une voiture lui appartenant lorsqu'ils avaient été contrôlés par les gendarmes le 7 novembre en Moselle, non loin du lieu d'un des cinq sabotages commis en France cette nuit-là.



01 mai:

Arrestation de Tessa - Communiqué du comité de soutien.

paru sur www.soutien11novembre.org

Mardi, 14h, une camarade, membre très active d’un comité de soutien est arrêtée en pleine rue à Paris. Les policiers la braquent au volant de sa voiture, en expulsent la personne qui l’accompagne, avant de prendre la fuite avec notre camarade et son véhicule. Elle est conduite dans les locaux de la SDAT, sous régime antiterroriste (garde-à-vue de 96h, avocat à la 72e heure).

Il s’agit d’une grossière tentative d’intimidation envers ceux et celles qui s’organisent contre les mesures antiterroristes et pour soutenir les personnes emprisonnées, à Paris, et ailleurs. La police justifie cette arrestation parce que Tessa serait « proche du noyau dur » du groupe de Tarnac, et qu’elle aurait « gravité » autour de la ferme du Goutailloux. Non seulement la justice n’a pas abandonné son stupide montage et les catégories policières qui vont avec : « cellule », « mouvance », « noyau dur », « cercle », « membre », mais prétend même l’appliquer désormais à ceux et celles qui sont restés proches de leurs amis mis en examen. Le contrôle judiciaire empêche ces derniers de se voir, voire de retourner chez eux ; cette nouvelle opération de la SDAT leur dit aussi « vos amis communs seront désormais considérés comme facilitant la communication entre vous et donc membres de la même association de malfaiteurs ; si vous les voyez, on peut les arrêter ». Décidemment ce chef d’inculpation – qui permet de poursuivre quelqu’un sans pouvoir lui attribuer pour autant la participation à des actes délictueux - s’avère très utile.

Nous voyons l’évolution de cette affaire, un jour c’est Eric Hazan - l’éditeur de l’insurrection qui vient - qui est interrogée pendant 4h, un autre c’est une membre des comités de soutien qui est raflée en pleine rue. L’opération est claire : d’un côté banaliser les convocation et des garde-à-vues aussi longues et dénuées de sens, de l’autre générer quelques remous médiatiques pour faire croire que cette affaire avance lorsque tout le monde a compris que non seulement elle piétine mais qu’elle n’ira jamais nulle part. (...) lire la suite





02 mai:

24 heures de garde à vue pour un SMS

paru sur www.courrier-picard.fr

« Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? ». Pour avoir reçu ce SMS, un Abbevillois de 29 ans a passé une nuit au poste. Il en ressort profondément choqué.

Méfiez-vous de votre téléphone portable, il peut vous conduire en prison. C'est en tout cas la mésaventure dont a été victime Stéphane, 29 ans, un habitant d'Abbeville sans histoire. Pour avoir reçu un SMS jugé « tendancieux », ce jeune menuisier a passé 24 heures en garde à vue au motif de « non dénonciation de crime ». Rien de moins. « C'est totalement irréel, s'étonne encore la victime de cette mauvaise blague. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. »

Sa faute ? Ne pas avoir alerté les autorités après avoir reçu sur son téléphone portable le message suivant : « Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? » Ce SMS, envoyé par une vague connaissance de travail, a fini sur le bureau du procureur, alerté par l'opérateur de téléphonie mobile. Car l'appareil sur lequel Stéphane a reçu ce SMS était un téléphone prêté par l'opérateur, le sien étant en réparation.

« L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis »
, précise le procureur d'Abbeville Éric Fouard.

Ainsi, jeudi 16 avril, Stéphane est invité à se présenter au commissariat d'Abbeville en milieu d'après-midi. « Ils voulaient avoir des précisions sur ce SMS. Je m'y suis rendu sans aucune appréhension, je ne voyais vraiment pas où était le mal. » Mais sitôt arrivé au commissariat, le ton change. « J'entends parler d'affaire criminelle, de terrorisme, et d'une garde à vue qui pourrait durer dix jours, raconte Stéphane. On me demande si je suis capable de choses farfelues comme, par exemple, faire dérailler un train. » Le jeune homme tombe des nues. Il donne le nom de son collègue, auteur du fameux SMS. La police perquisitionne chez ce dernier et le ramène au commissariat. « Je me disais, ils vont faire les vérifications et tout sera terminé. En fait, le cauchemar ne faisait que commencer. » (...)

Retrouvez l'article complet sur ce blog






02 mai:


Imbroglios autour des investigations sur le groupe de Tarnac


paru sur www.francesoir.fr

Maintenu en détention, Julien Coupat devrait être entendu mi-mai par le juge Thierry Fragnoli. Entre-temps, les enquêteurs ont arrêté une jeune femme soupçonnée de graviter autour de certains des neuf mis en examen.

Sans surprise, sa quatrième demande de remise en liberté a été rejetée. Irène Terrel, l’avocate de Julien Coupat, présenté comme la tête pensante du groupe de Tarnac, soupçonné d’avoir commis des dégradations contre les lignes SNCF, s’est une nouvelle fois vu refuser l’élargissement de son client détenu à la Santé depuis près de six mois. Un maintien en détention qui coïncide avec l’interpellation, le 28 avril, d’une femme gravitant dans l’entourage de certains des membres du groupe, finalement relâchée, après une garde à vue de 72 heures dans les locaux de la Sous-direction antiterroriste (SDAT), à Levallois-Perret. Aucune charge ne lui a été signifiée.

Me Terrel n’en démord pas. Le calendrier imposé jusque-là par le parquet relève, selon elle, d’une temporisation volontaire prompte à l’obstruction. Enième coup de Jarnac contre le supposé chef du groupe de Tarnac ? « Depuis le 13 mars, j’ai demandé à trois reprises l’audition de mon client. Sans nouvelle, j’ai alors déposé, le 22 avril, une demande de remise en liberté. Deux jours plus tard, avant même d’obtenir une réponse sur le fond, on me fait dire qu’il sera réinterrogé mi-mai… » Article 137 du Code de procédure pénale à l’appui, le conseil du présumé cerveau terroriste fustige une « détention-pression » alimentant « la violation continue de la présomption d’innocence. » (Lire nos éditions du 3 avril).

Garanties de représentation


Dénonçant le traitement « particulier » infligé au seul Julien Coupat – tous les autres mis en examen sont sous contrôle judiciaire –, Me Terrel insiste sur les garanties de représentation dont il dispose. « Il n’a jamais été condamné, possède une adresse, ainsi qu’une promesse d’embauche en CDI comme assistant de production », via La parole errante, une maison d’édition fondée par Armand Gatti, sise à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

L’avocate de Julien Coupat n’est au demeurant pas la seule à morigéner une instruction qualifiée « d’enquête à charge ». Elle réclame mordicus l’abandon de la qualification de « terrorisme » à l’encontre des protagonistes de l’affaire. A la différence de l’Union syndicale des magistrats (USM), qui, contactée, n’a pas souhaité s’exprimer, le Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, met en cause la nature même de la procédure en matière antiterroriste au regard du cas incriminé. « Ce dossier révèle de façon éclatante le fonctionnement d’exception de la justice antiterroriste qui pourrait bien ne rien à voir avec le terrorisme », estime Matthieu Bonduelle, secrétaire général du SM. A l’instar des défenseurs des mis en examen, le syndicaliste déplore la façon dont est gérée l’affaire depuis ses origines. « D’après les éléments filtrés dans la presse, on peut légitimement s’interroger sur la qualification retenue. Cela laisse à penser qu’elle est davantage le produit d’une construction intellectuelle et politique », analyse Matthieu Bonduelle craignant en outre « l’instrumentalisation de la justice par le ministère de l’Intérieur. » Loin de vouloir jeter l’opprobre sur les magistrats de la galerie Saint-Eloi, le représentant du SM cite Gilbert Thiel, l’un de ses juges vedette, n’ayant, selon lui, « jamais hésité à requalifier de pseudos faits de terrorisme en droit commun quand nécessaire. »
« Secret de l’instruction »

Objet d’un feu nourri de critiques, la titulaire de la place Beauvau a pris les devants. Réfutant la faiblesse supposée des charges retenues contre les accusés de Tarnac, Michèle Alliot-Marie s’est publiquement prévalue du secret de l’instruction. « La police a apporté au juge et continue de lui apporter un certain nombre d’éléments. Ceux qui savent n’ont pas le droit de parler. » Une fin de non-recevoir provoquant l’ire de Me Terrel. « C’est pourtant la ministre qui, lors de l’interpellation des suspects, le 11 novembre 2008, a médiatisé l’affaire ! Ce sont ses services qui ont ouvertement violé le secret de l’instruction sans la moindre réaction du parquet en faisant circuler sur le Net l’intégralité du rapport de la SDAT ! » s’étrangle-t-elle.

L'arrestation, puis la remise en liberté d'une femme de 36 ans décrite comme « active » au sein du groupe de Tarnac, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle achève de semer la confusion. (...)








02 mai:

Interrogations sur la garde à vue d’une photographe
Paru sur Libération

par Gaël COGNÉ et Karl LASKE


Rien n’arrête plus les juges antiterroristes. Déjà critiqué pour sa gestion de l’affaire des sabotages des lignes TGV, le juge d’instruction Thierry Fragnoli a ordonné, mardi, le placement en garde à vue d’une photographe, Tessa Polak, membre du comité de soutien des 9 de Tarnac. En vertu des dispositions des lois antiterroristes, sa garde à vue a été prolongée deux fois, et s’est terminée, vendredi après-midi, après soixante-seize heures d’interrogatoire. La photographe est ressortie libre des bureaux de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la PJ. «Ce sont des procédés inadmissibles, commente Me Irène Terrel. Si l’on voulait l’interroger, le juge ou les policiers pouvaient la convoquer de manière normale. Je l’ai trouvée très traumatisée.»

«Intimidation». L’arrestation a été réalisée comme l’opération de Tarnac : avec les méthodes de l’antiterrorisme. Voiture qui pile. Hommes armés qui en sortent. «La fenêtre est ouverte, et je vois un gros calibre s’approcher tout contre mon visage, a raconté Benjamin, présent lors de l’arrestation, sur son blog de Mediapart. "Les mains sur le tableau de bord", "on ne bouge plus…" "sors de là", "les mains sur la voiture", palpations, menottes, la conductrice est emmenée aussi sec dans le véhicule de devant.»

La Sdat aurait été à la recherche d’éléments sur la nuit des sabotages, la photographe ayant prêté sa voiture ce week-end-là à trois mis en examen. Ce que les policiers savent depuis le premier jour. «Pour moi, c’est de l’intimidation, a réagi, jeudi, une militante, lors d’un rassemblement de protestation à Belleville. La photographe de 36 ans est l’auteure d’une exposition itinérante sur Hébron, où elle a animé des stages photos avec des enfants pour la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail). «Tessa est une militante exemplaire, explique Michèle Sibony, de l’Union juive pour la paix. Très droite. C’est une tendre, sûrement quelqu’un de fragile, d’un peu écorché vif. Je m’inquiète qu’on lui fasse subir une garde à vue antiterroriste.» «Elle était très active dans les comités de soutien, confie Mathieu, un autre mis en examen. Il semble qu’on lui reproche d’avoir été en contact avec les inculpés, d’avoir des amis en commun. Il y a 200 personnes dans la procédure. Si on doit arrêter tout le monde…»

«Spectacle». Cette interpellation vient confirmer la dérive de l’antiterrorisme dénoncée par le comité de soutien. «D’un côté, une communication du spectacle, avec une mise en scène et des arrestations comme celle-ci, poursuit Mathieu. De l’autre, sur le fond judiciaire, toutes les questions des juges antiterroristes tournent autour de Julien Coupat et du livre [L’insurrection qui vient, ndlr].»

Cette semaine, le Point a annoncé que les enquêteurs étaient entrés en possession «de nouveaux éléments contre Julien Coupat». Il ne s’agit, en réalité, que des notes figurant dans un «carnet» abandonné par Coupat en janvier 2008. Les «tubes et ficelles» et «gants spéciaux, 25 000 V» mentionnés dans ce carnet, pourraient, selon le Point, être employés dans un sabotage de lignes électrifiées. «Ce ne sont que des écrits et des éléments que les enquêteurs possèdent depuis longtemps», a commenté Irène Terrel. L’avocate a annoncé son intention de faire appel du rejet de la dernière demande de remise en liberté de Julien Coupat, mercredi.





05 mai:

Je déballe ma bibliothèque
Paru sur Libération.fr


la Maison des écrivains et de la littérature

A la suite de l’article de Gaël Cogné paru dans Libération [daté du 28 mars, ndlr] au sujet de la perquisition de la bibliothèque de Julien Coupat, nous avons pris l’initiative de mettre en ligne cette pétition «Je déballe ma bibliothèque» sur le site de la Maison des écrivains et de la littérature. Ce texte a déjà reçu plus de 600 signatures.

«Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres subversifs. De ceux-là, nous vient l’inspiration. De ceux-là, nous apprenons à penser. De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à croire. De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le délier aussi. A ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en vie. Ces livres que nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme dans la forme - par le rapport qu’ils entretiennent à la langue, enracinée dans le vivant -, subversifs. Ainsi, pour dénoncer le délit de lecture dont est accusé Julien Coupat, nous entendons ouvertement déballer nos bibliothèques, à l’instar de Walter Benjamin.»

http://www.m-e-l.fr/expression-libre-petitions.php






05 mai:

"Le téléphone sonne" sur France-inter
En 2 PARTIES
"Affaire Coupat" : où finit l'ultra-gauche, où commence le risque terroriste ?...
Une décision judiciaire est attendue dans l'affaire du jeune Julien Coupat, détenu depuis 6 mois pour l'enquête des sabotages SNCF. Au nom de la lutte contre les menaces terroristes, les libertés fondamentales sont-elles menacées ?

Invités :
- Maître Irène Terrel, Avocate de Julien Coupat
- Gérard Gachet, porte-parole du Ministère de l'Intérieur
- Christophe Bourseiller, écrivain, auteur d'une "Histoire générale de l'ultra-gauche"
- Intervention au téléphone de François Gèze, PDG des Editions La Découverte et auteur de la pétition de soutien aux mis en examen de Tarnac
- Avec Etienne Monin, de france Inter







07 mai:

Didier Porte veut faire dérailler un train !









07 mai:

Sept étudiants jugés pour une manifestation pro-Julien Coupat

Paru dans Le Monde 07.05.09

Sept étudiants présentés comme membres du "mouvement autonome" ont été jugés, mercredi 6 mai, à Paris pour "refus de dispersion" et "participation à une manifestation non autorisée", le 24 janvier, en faveur de Julien Coupat, incarcéré depuis novembre 2008, dans l'affaire des sabotages à la SNCF. "Il y avait des cagoules ? Des vociférations ?", a interrogé la procureure, qui a requis "une peine qui ne dépassera pas le sursis". Les prévenus se sont décrits comme des témoins. Irène Terrel, leur avocate - et celle de Julien Coupat - a dénoncé une"incrimination qu'on n'utilise qu'en des temps troublés". "Un sursis pour se promener dans la rue, c'est énorme, a-t-elle ajouté. Ils ne sont accusés ni de violence, ni d'outrage ou de rébellion, de rien." Décision le 10 juin.

Isabelle Mandraud





11 mai:

Tarnac : une manif ce soir à Limoges
Paru dans Le Populaire

Extrait:

"Ce soir, lundi, à 20h30, grosse manif à Limoges en soutien aux inculpés de Tarnac. Et cette fois, il risque y avoir beaucoup de bruit.

Personne, ou presque, ne connaissait le nom de Tarnac il y a six mois. Y compris la plupart des Limousins. Darnac, oui, Jarnac, forcément. Mais pas Tarnac. Six mois plus tard, c'est la France entière qui connaît le nom de ce petit village Corrézien qu'investissaient, le 11 novembre dernier, une centaine de policiers et gendarmes.

Ce soir, à Limoges, à partir de 20h30, une nouvelle manifestation est organisée en faveur des inculpés de Tarnac généralement et en faveur de Julien Coupat plus particulièrement. Le jeune homme est le seul à être encore derrière les barreaux depuis l'affaire."

Intégralité de l'article sur le site du populaire ou sur notre blog.





11 mai:

Contre-enquête dans l’affaire de Tarnac
Revue de presse de Jean-Christophe Martin sur France-info

Pour l'écouter:


L’affaire Tarnac : contre-enquête ce matin dans Libération, qui continue de chercher des poux dans la tête des juges de l’affaire des sabotages à la SNCF... Julien Coupat est le dernier à rester en prison dans le cadre de cette affaire, et Libération part ce matin sur la piste des crochets allemands. La piste allemande : pour Libération c’est la piste oubliée par les juges. Car pour Karl Laske dans Libération, il y a d’étranges similitudes entre l’affaire des sabotages sur les lignes TGV en France et les actions des activistes allemands. Selon Libération, les crochets comme ceux qu’on a découverts sur les lignes françaises, on en trouve sur le réseau ferré allemand depuis des années, pour être précis depuis 1994, première action de sabotage de ce genre-là en Allemagne. Des militants interrogés par Libération à Hanovre expliquent tranquillement que c’est normal de prendre pour cible des TGV parce que ça fait mal et que ça a beaucoup de succès. Les mêmes militants expliquent à Libération que les fameux crochets posés sur les caténaires sont le moyen le plus simple et le moins dangereux de faire le maximum de dégâts. Témoignage édifiant, alors Libération se demande si la mouvance allemande ne serait pas impliquée dans les sabotages en France, et surtout pourquoi le juge anti-terroriste français n’a pas pour l’instant creusé cette piste allemande, la piste oubliée que Libération tente de relancer ce matin...







11 mai:

"Les policiers ont fait 'Bingo !' comme s’ils avaient découvert une cache d’armes"
Paru dans Le monde

Extraits:

Tessa Polak a "la rage". Interpellée le 28 avril par la police antiterroriste (SDAT), placée en garde à vue 72 heures puis relâchée sans aucune charge, cette femme de 36 ans, photographe de profession, dénonce aujourd'hui une "manœuvre d'intimidation".

Membre active d'un comité de soutien aux neuf personnes mises en examen dans l'affaire des sabotages de voies SNCF, elle en connaît quelques-unes, en a croisé d'autres à Tarnac, en Corrèze, où elle s'est déjà rendue. Mais elle ne s'attendait pas, six mois après l'arrestation des neuf le 11 novembre 2008, a être, à son tour, interpellée de la sorte dans la rue. Depuis lors, elle collecte les témoignages.

Ce 28 avril, en début d'après-midi, Tessa Polak circule en voiture dans le 20e arrondissement à Paris avec Benjamin Rosoux, l'un des mis en examen de Tarnac, à ses côtés. "A l'angle de la rue des Pyrénées et de la rue du Jourdain, alors que je ralentissais, une nuée de types a surgi, dit-elle. Ma vitre était ouverte, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe tandis que deux autres me braquaient de face. J'ai cru à un car-jacking." Il s'agit en fait de policiers en civil. Eberluée, elle ne se souvient que de ces mots : "Terroriste ! Terroriste !"

Menottée, elle est embarquée dans une autre voiture, tandis que Benjamin Rosoux est planté sur le trottoir, et emmenée à son propre domicile où a lieu une perquisition. Sur place, la police saisit ses ordinateurs et deux piles de L'insurrection qui vient. Ce livre collectif et anonyme, en vente libre, est perçu par la police, qui l'attribue à Julien Coupat, comme la doctrine du groupe. Il a été versé, dans son intégralité, au dossier d'instruction et vaudra d'ailleurs à son éditeur, Eric Hazan, d'être entendu le 9 avril par la police antiterroriste.

Dans le coffre de la voiture de Tessa Polak, la SDAT en découvre 400 autres exemplaires. "Ils ont fait 'Bingo !', comme s'ils avaient découvert une cache d'armes, ironise-t-elle. Sauf que quand ils m'ont demandé d'où ça venait, je leur ai dit que j'étais passée chez l'éditeur et que je comptais les distribuer dans le cadre du comité de soutien, ce qu'ils savaient déjà."(...)


Intégralité de l'article sur le site du Monde ou sur notre blog.






11 mai:

Une membre du comité de soutien aux "9 de Tarnac": «Un flic me braque directement un flingue sur la tête»

Paru sur Médiapart
Par David DUFRESNE



"Arrêtée dans sa voiture fin avril, une responsable parisienne du comité de soutien aux «9 de Tarnac» raconte en vidéo pour Mediapart les conditions – violentes – de son interpellation. Et l'analyse qu'elle fait de «ce qui nous arrive»: «Le dispositif anti-terroriste peut fonctionner très bien tout seul.» Lire également les derniers rebondissements de l'enquête et la situation judicaire de Julien Coupat."

Intégralité de l'article ici






11 mai:

Coupat, l'ultragauche et la politisation du renseignement
Paru sur ECO89

Par Antonin Grégoire
"Comment la menace terroriste a été créée de toutes pièces pour répondre aux impératifs politiques d'Alliot-Marie et des ex-RG.

Le but d'un service de renseignement est de détecter et d'avertir des menaces que le politique n'a ni le temps ni l'expertise de percevoir. Problème : si le politique est en pleine parano sur l'ultragauche et qu'on lui vend de l'islamiste, il n'en tient pas compte, réduit les budgets, et, le jour où se produit l'attentat qu'on lui avait prédit et qu'il n'a pas voulu entendre, il vire tout le monde pour donner un exemple en pâture à l'opinion publique. Ce phénomène s'appelle la politisation du renseignement.

Il y a deux écoles :

* Ecole Kennan. Le renseignement doit être totalement séparé du politique. Les services choisissent eux-mêmes ce qui doit être surveillé et sont donc plus performant mais le politique les écoutera beaucoup moins.
* Ecole Gates. Assumer à fond la politisation du renseignement : beaucoup plus de confiance, mais les services sont obligés de donner parfois corps aux paranos des politiques. C'est le cas de l'affaire Coupat.

La ministre de l'Intérieur a fait une analyse toute seule ! Sa finesse politique lui a montré que le PCF perdait des électeurs et elle en a donc déduit que l'extrême-gauche allait mathématiquement se renforcer. Analyse auto-confirmée en voyant les manifestations anti-CPE au 20 heures de TF1. La ministre évoque alors une « radicalisation ressentie » ça ne s'invente pas."


Intégralité de l'article: sur ECO89 ou sur notre blog.






11 mai:

Sur la piste des crochets allemands
Paru sur Libération
Par Karl LASKE
Extrait:

Rencontre avec les activistes allemands qui ont revendiqué les actions reprochées à Julien Coupat et ses amis de Tarnac. Ces groupes ont fait des trains «Castor», qui transportent des déchets nucléaires, leur cible privilégiée.

«In Erinnerung an Sébastian» («A la mémoire de Sébastian») : C’est par ces quelques mots d’allemand qu’un groupe anonyme revendiquait, le 10 novembre 2008, neuf sabotages sur les lignes TGV et le réseau ferré allemand.

Dans l’«affaire Coupat», c’est la piste oubliée. Celle que la justice a remisée à l’arrière-plan de ses préoccupations, après l’annonce par Michèle Alliot-Marie du «coup de filet» de la sous-direction antiterroriste (SDAT) chez les jeunes de Tarnac. «Sébastian», c’est Sébastien Briat, un Français de 24 ans, mort en 2004 lors d’une action de blocage d’un train «Castor» qui achemine chaque année des déchets nucléaires de La Hague jusqu’à Gorleben, en Allemagne du Nord. «Par des engins incendiaires et des crochets nous avons marqué notre résistance cette nuit», écrivent les Allemands. «Parce que nous en avons marre», expliquent-ils. Marre des discours «des élus et des responsables de l’industrie et de l’administration» sur la «sécurité des déchets nucléaires, et du site de stockage de Gorleben».

Ce communiqué allemand est au dossier d’instruction. Mais en six mois, le juge antiterroriste Thierry Fragnoli n’a posé qu’une seule question à son sujet à Julien Coupat, toujours incarcéré. «Plusieurs groupes ayant des liens entre eux» seraient-ils à l’origine des actions ? «Il faut demander ça à ceux qui les ont revendiquées…», a répondu Coupat. Pas d’autre question. Les sabotages commis en Allemagne sont d’ailleurs passés sous silence lors de l’annonce des arrestations de Tarnac.(...)

Intégralité de l'article sur Libération ou sur nos pages.






11 mai:


Manifestation de soutien aux neuf mis en examen à Limoges


paru sur nouvelobs.com

Près de 200 personnes ont affiché leur soutien à Julien Coupat et aux huit autres mis en examen dans l'enquête sur le sabotage de lignes TGV. A ce jour, Julien Coupat est toujours incarcéré.

Environ 200 personnes ont manifesté lundi 11 mai au soir à Limoges, en soutien à Julien Coupat et aux huit autres personnes mises en examen dans l'enquête sur le sabotage de lignes TGV.
Le défilé, très bruyant, scandait les slogans "Libérez les inculpés" ou encore "Flics, porcs, assassins". Les manifestants ont fait une halte devant le tribunal et la maison d'arrêt, protégée par un cordon de CRS. Une banderole proclamait : "Nous sommes tous des fers à béton", une allusion au procédé utilisé par les saboteurs présumés pour couper l'alimentation électrique des caténaires.

"Julien Coupat est un prisonnier politique"

"Le fait qu'il [Julien Coupat] soit incarcéré est le symptôme d'un monde qui se termine, d'un pouvoir qui se livre à une agression systématique", a jugé un manifestant, Cédric, habitant près de Tarnac, le petit village de Corrèze où cinq des neuf personnes poursuivies dans ce dossier ont été interpellées le 11 novembre 2008.
"Il n'est pas scandaleux de dire que Julien Coupat est un prisonnier politique", a renchéri Michel Gillabert, membre de comité de soutien créé à Tarnac après les interpellations.
La manifestation s'est prolongée dans la soirée. Dix à vingt personnes de celle-ci, cagoulées ou le visage masqué, ont incendié un véhicule ainsi que des poubelles et brisé deux vitrines. Certains manifestants entendaient aussi protester contre la volonté du gouvernement d'interdire le port des cagoules ou des capuches dans les manifestations.

Julien Coupat toujours incarcéré

En novembre dernier, neufs personnes, âgées de 22 à 35 ans, ont été mis en examen pour destruction et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste dans le cadre de l'enquête sur des dégradations de lignes TGV perpétrées à l'automne 2008.

Julien Coupat est présenté par les enquêteurs comme le dirigeant d'un groupuscule d'"ultragauche" responsable de ces sabotages. Après six mois, c'est le seul à être toujours incarcéré.

(Nouvelobs.com)







12 mai:

La chronique du jour de D.Porte

sur france-inter



EXTRAIT:








12 mai:

Julien Coupat reste en prison

paru sur www.liberation.fr

Julien Coupat s'est vu refusé sa quatrième demande de remise en liberté ce mardi. Il est incarcéré depuis près de six mois.

Une nouvelle demande de remise en liberté de Julien Coupat, incarcéré depuis six mois dans l’enquête sur des sabotages de lignes TGV à l’automne 2008, a été rejetée ce mardi par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.

Il s’agissait de la quatrième demande de remise en liberté déposée par Julien Coupat, 34 ans, incarcéré depuis le 15 novembre 2008 pour direction d’une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste.

Soupçonné d’avoir commis des dégradations à caractère terroriste qui ont perturbé le trafic TGV en octobre et novembre 2008, Julien Coupat reste le seul en détention parmi les neuf personnes mises en examen dans cette enquête. Sa compagne, Yldune Levy, avait été remise en liberté le 16 janvier.

(Source AFP)







12 mai:

"Six mois de détention pour Coupat, c'est disproportionné"

paru sur www.lexpress.fr

Par Maître Eolas,


La dernière demande de remise en liberté du leader du "groupe de Tarnac" a subi le même sort que les trois précédentes: rejetée. L'avocat blogueur Maître Eolas donne son éclairage sur le temps passé par Julien Coupat derrière les barreaux.

"Six mois de détention - je ne comprends pas. C'est disproportionné, pour quelqu'un qui n'a aucun antécédent et pour des faits qui n'ont pas fait de blessés ni mis quiconque en danger...

Ce qui peut expliquer une durée aussi longue? Qu'il y ait dans le dossier des éléments qui n'ont pas été connus du grand public. Des éléments qui n'ont pas fuité et qui étofferaient cette thèse de l'existence d'une grande entreprise terroriste.

Mais cela implique d'imaginer un incroyable complot, qui commencerait par du sabotage de caténaires et qui finirait par un attentat spectaculaire ... Or, en général, quand on s'apprête à commettre un attentat, on évite d'attirer l'attention sur soi juste avant de passer à l'acte avec quelque chose d'aussi marginal.

La destruction des caténaires n'est pas anodine, bien sûr. Cela a pu coûter très cher à la SNCF, et causer des troubles. Eventuellement à l'ordre public - mais surtout à l'ordre privé, celui de la compagnie de transports. C'est regrettable pour elle, mais ce sont uniquement des dégâts matériels.

Pour ce qui est de ces dommages, la culpabilité de Julien Coupat est envisageable dans l'absolu. On peut s'imaginer qu'il a bel et bien causé des dégâts aux caténaires. Mais même dans ce cas, s'il est condamné à une peine ferme, le tribunal correctionnel pourrait très bien décider que la peine a déjà été exécutée, puisqu'il a déjà passé plus de six mois de détention. Et donc le laisser partir librement, même s'il est reconnu coupable. Ce serait ridicule aux yeux de l'opinion publique, avec tout le bruit qu'il y a eu autour de cette affaire.

Il existe une seconde possibilité pour expliquer une détention aussi longue : un délai particluièrement long dans le traitement des commissions rogatoires par la police. Cela signifie que le juge aurait confié à la police des missions d'enquêtes (ce mandat donné par un juge à la police s'appelle une commission rogatoire) et qu'il attend que les rapports exposant les résultats de ces enquêtes soient revenus et qu'il en ait pris connaissance pour envisager la libération du dernier détenu de ce dossier. Car s'il était en liberté, il pourrait faire disparaître les preuves que recherchent la police. Un motif fréquemment invoqué pour justifier un maintien en rétention. C'est le temps mis par la police à rendre compte de la mission accomplie qui expliquerait cette détention.

Autre élément de mon incompréhension : le juge d'instruction, Thierry Fragnoli, est quelqu'un de très sérieux. Je ne le vois pas s'acharner sur du dérisoire pour garder Julien Coupat en détention à tout prix et ainsi passer pour le héros de la République.

Enfin, je doute que le dossier soit vraiment "vide", c'est une expression convenue et souvent abusive, car on ne maintient pas six mois en détention un mis en examen sans élément au dossier. J'ignore quels sont ces éléments. Il demeure que quand bien même Julien Coupat serait coupable, cette détention provisoire me paraît n'avoir que trop duré, et une remise en liberté rendrait au dossier une certaine sérénité qui profiterait aussi aux enquêteurs."


Maître Eolas est avocat au barreau de Paris. Sur son blog, Journal d'un avocat, il apporte "sa petite pierre numérique" et juridique au décryptage de l'actualité.







13 mai:

Nous sommes tous-tes des fers à béton

paru sur Bellaciao





Lundi 11 mai, 6 mois après les arrestations du 11 novembre, une manifestation a eu lieu à Limoges.
Le défilé nocturne s’est terminé par un feu d’artifice lancé devant la maison d’arrêt de Limoges.



Le texte qui suit est un communiqué du comité de soutien de Limoges.

« Nous sommes tous des fers à béton » annonçait la banderole de tête. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. De ce mot d’ordre insupportable : le train train quotidien ne doit pas dérailler. Circulez, y’a rien à voir ! Et bien, si ! Il y en a des choses à voir. D’abord ce sont neuf personnes qui depuis le 11 novembre dernier, subisse le courroux d’un État dépassé, impuissant, incapable. Répression en trompe-l’oeil, leurs inculpations ressemble à une farce, une mauvaise farce, une farce tragique.

Alors quoi ? À l’heure où les militaires peuplent les gares, les flics interviennent dans les écoles, on regarde indifférent la militarisation de l’espace public qui s’opère ? On laisse impunément ce gouvernement employer des dispositions antiterroristes pour museler des militants ? On se laisse berner par leurs discours tapageurs et populistes ? On écoute le décompte des étrangers qu’on arrête sans cesse, qu’on enferme et qu’on baluchonne hors des frontières ?

Et si, dans ce monde qui tourne à l’envers, où l’on donne aux riches ce que l’on prend aux pauvres, et si, quelque part, en aidant un sans papier, un gréviste, nous suspendions l’ordre des choses ? En devenant le fer à béton qui sabote l’ambiance infecte qui règne, ce grain de sable qui peut enrayer la machine à broyer les hommes, ce bug qui rendrait tant de choses possibles. Et aussi, en manifestant bruyamment notre dégoût de ce pouvoir infâme. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Quand nous voulons créer des façons de vivre plus acceptable, eux prennent peur et nous accablent. Et pour l’exemple, c’est une jeunesse, non pas comme génération, mais comme élan, comme dynamique, qu’on enferme. Circulez, y’a rien à voir !

C’est donc de saboter le train-train quotidien qu’il s’agit. Ainsi le défilé de lundi soir a pris les allures d’un carnaval enthousiaste et joyeux, qui n’aurait pas oublié sa tradition de contestation. Un carnaval c’est fait pour vomir ceux qui nous gouvernent, ceux qui nous méprisent, ce qui noue tue. Un carnaval masqué aussi. Parce que rien ne justifie que la cagoule ne soit réservée qu’aux agents de la SDAT ou aux matons des ERIS dont la tâche consiste à tabasser des prisonniers. Un carnaval bruyant, parce que la colère qui monte, la rage qui nous habite aurait peine à se suffire d’indignations feutrées tant les injustices sont nombreuses.

Et tellement enthousiaste, et tellement joyeux qu’on s’époumone à chanter la solidarité ! Et il faut les voir ces visages souriants qui savent que c’est là une arme bien plus puissante et vivable que le chacun pour soi d’un monde dégénéré. Et ce lundi soir, sous l’orage d’un monde qui pue la matraque et la misère, c’était tout un cortège qui faisait face à la prison. Ultime défiance à l’égard d’un pouvoir libidineux, face à quelques estafettes de CRS, et dans la grande tradition révolutionnaire, un feu d’artifice fut lancé devant la prison. Une pyrotechnie populaire pour rappeler notre soutien à Julien, et à tous les prisonniers. Pour que cette fête soit aussi un peu la leur, et aussi parce que, mur par mur, pierre par pierre, il faudra bien détruire toutes leurs prisons.

Pas de trêve, pas de repos ! En refusant de déqualifier l’instruction en cours, en maintenant la détention de Julien, les juges s’entêtent à n’obéir qu’à des fantasmes nés d’esprits malades et putrides. Ce délire antiterroriste et sécuritaire doit cesser. Immédiatement.








13 mai:

"La justice s'acharne contre Julien Coupat"

paru sur www.lexpress.fr par Jean-Michel De Marchi,



Au lendemain du rejet de la quatrième demande de remise en liberté de son client, Me Irène Terrel, dénonce une forme de "diabolisation judiciaire".

Comment réagissez-vous à ce nouveau rejet de la remise en liberté de Julien Coupat?

Je pense que la diabolisation policière et médiatique entraîne une diobolisation judiciaire. Il y a un acharnement évident contre mon client. C'est un peu le jeu du chat et de la souris avec le magistrat instructeur. J'espère que la situation va se décanter vendredi, avec l'interrogatoire de Julien Coupat.

Comment s'est passé l'audience de mardi?

Comme d'habitude, de manière très formelle. Il n'y a rien de nouveau, ce sont toujours les mêmes arguments qui nous sont présentés, sans éléments probants. Six mois de détention pour un dossier aussi faible, c'est grave. Il y a là une violation flagrante des droits de la défense et de la présomption d'innocence.

Quelles vont être les suites pour votre client? Quel est son état d'esprit?

Il est convoqué pour un interrogatoire vendredi, soit trois jours après l'examen de notre demande de remise en liberté. C'est quand même curieux que cette convocation n'arrive pas plus tôt... Mais je reste confiante, j'ai l'habitude. Julien Coupat va bien. Il lit beaucoup, il s'adapte à la situation.







13 mai:

Julien Coupat et les « Neuf de Tarnac » - Acharnement et arbitraire

paru sur www.lutte-ouvriere-journal.org

Julien Coupat vient de voir sa quatrième demande de remise en liberté rejetée par la Chambre de l'instruction de Paris.

Accusé, avec un groupe de jeunes de Tarnac en Corrèze, d'avoir saboté des caténaires de lignes TGV, il est incarcéré depuis novembre 2008. Il a toujours nié les faits ; un groupe anonyme de militants anti-nucléaires allemands a revendiqué ces actions. Mais la police et la justice s'obstinent à le présenter comme le chef « d'une association de malfaiteurs », coupable « de destruction en réunion (...) en relation avec une entreprise terroriste. »

Dans ce contexte, l'arrestation musclée d'une photographe, membre d'un comité de soutien aux « Neuf de Tarnac » qui a eu lieu le 28 avril, confirme cet acharnement.

Tessa Polak a en effet été arrêtée dans le style des mauvais feuilletons télévisés : voiture qui pile, hommes armés qui lui braquent un pistolet sur la tempe, au point qu'elle a cru d'abord à une agression pour lui voler sa voiture. Menottée, elle a dû suivre les policiers chez elle pour une perquisition, puis subir huit à dix interrogatoires. À part le reproche d'avoir prêté sa voiture, il y a six mois, à trois des personnes mises en examen, les policiers de la sous-direction de l'antiterrorisme (SDAT) ont retenu, comme une prise de choix, 400 exemplaires du livre L'insurrection qui vient trouvés dans son coffre.

Ce n'est qu'un épisode de plus du délire sécuritaire et de l'acharnement policier et judiciaire qui caractérisent cette affaire où l'intimidation tient lieu d'instruction.

Au fil des temps, le dossier semble de plus en plus fabriqué et alimenté de « coups » médiatiques et, faute de preuves concrètes, de récupération de n'importe quel élément qui puisse les remplacer aux yeux de l'instruction.

Les jeunes de Tarnac sont sous surveillance. Les comités de soutien aussi. L'éditeur de L'insurrection qui vient, Éric Hazan, a été convoqué pour s'expliquer sur un ouvrage, signé d'un « Comité invisible », paru en 2007, et vendu à plusieurs milliers d'exemplaires bien avant l'affaire de Tarnac. Ce livre prône l'insurrection et le renversement de la société par différents moyens, dont le sabotage avec une allusion au fait de « rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique ». Une fine analyse policière a donc conduit les autorités, convaincues de la culpabilité de Julien Coupat, à lui attribuer la paternité de cet ouvrage. Ce qui, de toute façon, ne serait pas un crime, le délit d'opinion n'existant pas encore ! Mais l'accusation fait flèche de tout bois.

En réalité, la ministre de l'Intérieur avait dès le départ claironné qu'on avait trouvé des coupables « terroristes » ; il faut qu'ils existent ! Ce quatrième refus de mise en liberté de Julien Coupat vient le confirmer.

Sylvie MARÉCHAL







15 mai:

Le monde sans syntaxe de l’UMP

paru sur www.liberation.fr par PIERRE MARCELLE

Un délire

De Rachida Dati, oublions le peu d’appétence pour l’Europe qu’elle était censée venir vendre, ce mercredi-là, devant des «jeunes populaires», lors d’une réunion de plaisante mémoire. Oublions ses rires étouffés de fumeuse de moquette et son arrogante légèreté à l’endroit du pâle Barnier, tête de liste désignée. Mettons cela de côté pour ne considérer que le produit pur, si l’on ose dire, d’une incompétence tardivement rhabillée en «troisième degré», mais pas seulement. «L’Europe s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s’occuper», c’est, de quelque façon qu’on prétende la justifier, une bouillie qui ferait vomir mon chat.

Ce sabir encore en titre ministériel, coulé tel chaux vive dans les oreilles citoyennes, constitue en soi, indépendamment même de ce qu’il aspire à signifier, un attentat contre la démocratie. Il est le fourrier démagogique du populisme véritable. Il n’est pas un accident, mais le symptôme éclatant d’une façon de gouverner. Loin de «faire peuple», il proclame le mépris en lequel il tient la langue autant que l’opinion.

Ce mépris vient de haut. On savait la défiance qu’inspire au chef de l’Etat toute forme d’exigence spirituelle, et tout particulièrement en matière linguistique. De sa répulsion pour certaine Princesse de Clèves à la violence de ses «casse-toi, pauv’con !» la parlure sarkozienne a suscité, entre autres avatars, le charabia datien, signe d’appartenance à une clique, un clan, une famille dont Nicolas Sarkozy est le parrain. Car, de même que les voyous ont fabriqué des argots, les courtisans et les séides élyséens s’identifient dans ce laisser-aller de leur expression publique - au point que celle d’un Bayrou passera bientôt pour le signe le plus tangible de son «opposition». On prit la peine de le vérifier, tandis que, sur France 5, Serge Moati recevait fin avril Frédéric Lefebvre. En moins de trois minutes, l’homme rogue signa en trois énoncés («le débat politique, il a besoin…», «d’puis qu’chuis élu…» et «on reste pas dans l’Hémicycle pendant qu’ça siège pas»), le décret d’exécution symbolique de la syntaxe.

A cet instant, on se souvint que Frédéric Lefebvre était le porte-parole de l’UMP.

Porte-parole, oui… Qu’on y songe.

Un programme

On y songeait d’autant plus en se remémorant la sentence prononcée la veille par l’écrivain Renaud Camus, invité sur France Culture de l’émission Question d’éthique :«Il me semble, disait-il, que nous allons vers un monde sans syntaxe.» Ce monde sans syntaxe et dont la cohérence du discours public ne serait plus le commun dénominateur social, on pourrait le regarder comme le produit d’une fatalité, disons, pédagogique. A moins que les mots hystérisés des Dati, des Sarkozy et des Lefebvre esquissent, plus ou moins empiriquement un programme fondé sur la confusion du sens plus encore que sur le mensonge délibéré.

De même que s’agite le corps du chef, s’emballe la langue de ses valets.

Ainsi agencé dans la négation de la syntaxe, le lexique lui-même se dilue dans la banalisation du contresens, dont le terme de «radicalisation» constitua le mois dernier, jusqu’au funèbre 1er-Mai, le spécimen le plus abouti. Est-ce la propagande ou la simple confusion qui la décréta, dans peu de «séquestrations» - bien douces, au demeurant… - de quelques cadres ?

A considérer le nombre somme toute assez étriqué de «retenues», à l’aune de la déferlante de licenciements, «radicalisation» ne convient guère. A fortiori si l’on considère que nulle de ces «prises d’otages» n’a explicitement visé à la suppression d’un plan social, mais seulement à son aménagement dans moins de suppressions de postes ou plus de primes de départ. La dernière en date, dans une librairie grande surface du Val-d’Oise, avait pour objet le droit à travailler le dimanche. Pas de quoi «impacter», comme disent les barbares néologisant, le moral du Medef… Et plus encore, si l’on prend en compte le ferme encadrement syndical ayant présidé aux «séquestrations», dont aucune, sur les sept ou huit recensées depuis la mi-mars jusqu’au funèbre 1er-Mai, ne se prolongea au-delà de trente-six heures. Et quoi qu’il se dise de l’influence volontiers fantasmée de «l’ultra-gauche»…

Chroniques tarnaciennes

A propos… On festoiera dimanche 17 mai en soutien à Julien Coupat et avec la compagnie Annibal, à l’épicerie de Tarnac, QG de la «cellule invisible» chère à Alliot-Marie. Tandis que le Courrier picard relatait les vingt-trois heures de garde à vue d’un citoyen victime d’un SMS rigolard où il était question de déraillement (Libération du 6 mai), le Canard enchaîné rapportait les cadences infernales des agents provocateurs de la ministre butée. Parmi ses entreprises d’intimidation, l’arrestation, le 28 avril, en pleine rue et pistolet sur la tempe, de Tessa Polak, photographe de 36 ans militant pour la libération de Coupat.

Après 48 heures de garde à vue (elle en fera 76), la jeune femme, nous dit le Monde, jure avoir entendu le juge d’instruction Thierry Fragnoli lui dire : «Ce n’est pas ma faute, mais vous allez payer pour les autres.»







18 mai:

Interpellation de trois personnes "proches" de Julien Coupat

paru sur AFP

PARIS (AFP) — Trois personnes - deux hommes et une femme - considérées comme "proches" de Julien Coupat, incarcéré depuis six mois dans l'enquête sur des sabotages de lignes TGV à l'automne 2008, ont été interpellées lundi matin dans la région rouennaise, a-t-on appris de source proche du dossier.

Ces trois personnes, dont l'identité n'a pas été révélée, ont été placées en garde à vue à Rouen par des policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat).

Leur garde à vue est susceptible de durer jusqu'à 96 heures.

Fin avril, une femme de 36 ans, également proche du "groupe de Tarnac", avait été interpellée à Paris, puis remise en liberté à l'issue de 72 heures de garde à vue, aucune charge n'ayant été retenue contre elle. (...)


• Sur le nouvel-obs qui reprend une dépêche Reuters on apprend :

L'opération, coordonnée par la sous-direction antiterroriste de Paris, s'est déroulée à l'aube, au domicile de personnes déjà mises en examen pour "association de malfaiteurs"(Bertrand et Elsa), a confirmé l'un de leurs avocats (Me Dominique Valles).

Selon lui, il ne s'agit probablement que "d'entendre ces trois interpellés", deux hommes et une femme.







18 mai:


Quatre proches d'un comité contre l'anti-terrorisme interpellés

[12:23] - AFP paru sur France-Info

MARSEILLE, 18 mai 2009 (AFP) - Quatre personnes, dont un éditeur alternatif, François Bouchardeau, et son épouse ont été interpellées lundi dans les Alpes-de-Haute-Provence après la diffusion d’un tract considéré comme une menace pour le directeur central du renseignement intérieur Bernard Squarcini, a-t-on appris de sources concordantes.

Ces interpellations font suite à la diffusion d’un tract qui comporte l’adresse d’une résidence secondaire de M. Squarcini dans la région, a-t-on précisé de source proche de l’enquête. Diffusé à plusieurs centaines d’exemplaires lors de manifestations et par mail, le tract aurait également été déposé dans la boîte aux lettres de la résidence de M. Squarcini.

Selon un autre tract diffusé lundi sur le marché de Forcalquier et signé du Comité de sabotage de l’antiterrorisme (CSA) de cette ville, le couple Bouchardeau ainsi que leurs voisins, Samuel Autexier et sa soeur, ont été interpellés tôt lundi. Le CSA a été créé en décembre 2008 en soutien au groupe de Tarnac et à Julien Coupat incarcéré depuis six mois dans l’enquête sur des sabotages de lignes TGV à l’automne 2008.

Il a organisé le 8 mai une journée "contre l’anti-terrorisme" à Forcalquier avec la participation de l’éditeur Eric Hazan. Intitulé "A qui le tour’", le tract diffusé lundi dénonce ces interpellations à la suite de celle d’une femme de 36 ans fin avril à Paris, remise en liberté à l’issue de 72 heures de garde à vue sans charge retenue contre elle. Lundi matin, trois personnes - deux hommes et une femme - considérées comme "proches" de M. Coupat ont été interpellées dans la région de Rouen. Leur identité n’a pas été révélée. (...)

Repris aussi par : nouvelobs.com







18 mai:


Arrêtés à Forcalquier pour un tract contre l'anti-terrorisme

paru dans La provence.


C'est un tract diffusé la semaine dernière à Forcalquier invitant à une journée contre l'anti-terrorisme le 8 mai qui a mis le feu aux poudres. En tête de l'affichette, une photo représentant la plaque d'entrée de la résidence dignoise de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur.

Vers 6 heures ce matin, dans la commune des Alpes de Haute-Provence, quatre personnes du "Comité de sabotage de l'anti-terrorisme" ont été interpellées par le SRPJ de Marseille. Il s'agit de François Bouchardeau et sa femme, responsables d’HB Editions, une maison indépendante spécialisée dans la littérature contemporaine, ainsi que Samuel Autexier et sa sœur Héléna, qui animent la revue militante Marginales.

A travers ce Comité de sabotage de l’antiterrorisme (CSA), tous les quatre soutiennent le groupe de Tarnac et Julien Coupat, incarcérés depuis six mois dans l’enquête sur les dégradations de ligne SNCF à l’automne 2008.

Dans les milieux gauchistes, comme de source policière ils sont présentés comme "déterminés" mais "pas du genre têtes brûlées". "Ils n'ont pas le profil des encagoulés de fin de manifs, rapporte un militant. La violence, ce n'est pas leur truc".

Christophe Castaner, le maire PS de Forcalquier, a réagi à ces interpellations. L'élu considère que "dans un pays démocratique comme le nôtre, on n'interpelle pas les gens au petit matin parce qu'ils ont diffusé un tract dénonçant un acharnement judiciaire. On a quand même le droit d'émettre des réserves sur une décison de justice."

Des personnes que Castaner n'a "jamais vu violentes. Juste contestaires notamment contre moi puisque j'incarne le pouvoir."
"Une chose est sûre, c'est que ce sont, dans ma commune, des acteurs de la politique du livre." Les quatre interpellés ont une culture politique forte et militent pour défendre leurs idées et "en tant que maire et citoyen", le socialiste rappelle que "l'extrême-gauche a le droit de s'exprimer."

Un rassemblement de soutien est organisé ce soir à 18 heures devant l'évêché à Marseille.

Plus d'informations demain dans La Provence
Xavier Cherica et Karine Portrait (redaction-web@laprovence-presse.fr)








18 mai:

4 habitants de Forcalquier interpellés par la police judiciaire ce matin

Flash radio Alpe 1












18 mai:


Sabotages SNCF : des "proches" de Julien Coupat en garde à vue


Paru sur France-Info



Trois personnes ont été interpellées ce matin dans la région de Rouen dans le cadre de l’enquête sur les dégradations commises contre la SNCF à l’automne dernier. Elles sont considérées comme "proches" de Julien Coupat, présenté comme le chef des saboteurs et incarcéré depuis 6 mois.

Ils sont présentés comme "proches" de Julien Coupat. Deux hommes et une femme ont été placés en garde à vue ce matin à Rouen dans le cadre de l’enquête sur des sabotages de lignes TGV à l’automne dernier. Leur garde à vue est susceptible de durer jusqu’à 96 heures.

Pour Matthieu Burnel, mis en examen dans cette affaire, ces arrestations sont du harcèlement policier et de l’entêtement politique. (0'45")




Julien Coupat est considéré comme le chef des saboteurs. Il est incarcéré depuis la mi-novembre. Sa quatrième demande de remise en liberté a été rejetée mardi dernier.

Au total, ce sont neuf jeunes gens, âgés de 22 à 34 ans, qui ont été mis en examen en novembre 2008 dans ce dossier pour "destructions et association de malfaiteurs", le tout "en relation avec une entreprise terroriste". Ils sont soupçonnés d’appartenir à un groupe d’ultra gauche à l’origine des sabotages.

Pour la défense, le dossier est vide et a été construit par le pouvoir avec un but politique. Les services de l’antiterrorisme estiment pour leur part avoir démantelé un groupuscule violent de "l’ultra gauche".












18 mai:


Le Comité marseillais de soutien aux inculpés de Tarnac s’élève contre les arrestations menées à l’aube du 18 mai à Rouen et Forcalquier.


Paru sur 1000 BABORDS

Ces arrestations touchent des personnes s’étant manifesté contre l’intoxication médiatique autour de l’affaire de Tarnac et des sabotages de caténaires SNCF. Les interpellés de Forcalquier venaient de participer, le 8 mai dernier, à une journée de solidarité et de dénonciation des montages policiers de l’antiterrorisme (journée intitulée « Sabotons l’antiterrorisme »).

Le Comité marseillais de soutien aux inculpés de Tarnac dénonce ces opérations de terrorisme policier destiné à nourrir un dossier vide et par là-même justifier le maintien en détention de Julien Coupat, incarcéré depuis maintenant plus de six mois.

Comme avec l’inculpation de soutiens aux sans-papiers, c’est la solidarité qui devient un délit. Le ministère de l’Intérieur ne pousse-t-il pas à la faute ceux qu’il désigne comme son « ennemi intérieur » ? Histoire de disposer d’un épouvantail en temps de crise et de mécontentement social croissant ?

En ces temps troublés, une pensée de travers ou un clin d’œil complice peut valoir une garde à vue de 96 heures. Ceux et celles qui n’ont pas envie de se planquer sous leur sofa en attendant que l’orage passe doivent se serrer les coudes et se montrer au grand jour.

Nous exigeons (pour commencer) :

1. La libération immédiate des interpellés de Forcalquier et de Rouen.

2. La cessation des poursuites fumeuses contre ceux de Tarnac.

3. La fin du terrorisme d’État.


Comité marseillais de soutien aux inculpés de Tarnac.








18 mai:

Des soutiens de Julien Coupat embastillés

paru sur www.come4news.com par Jeff Tombeur

« Les gardés à vue de Rouen, soutiens de Julien Coupat, transférés à Levallois au siège de la sous-direction antiterroriste » (la presse). Par ailleurs, François Bouchardeau, Samuel Autexier, journalistes et éditeurs à Forcalquier, et leurs compagnes, sont aussi interrogés pour des motifs similaires : manifester un soutien à Julien Coupat et à « ceux de Tarnac ». Ce serait farce si ce n'était tragique. La SDAT agit comme si des saboteurs normands allaient soulever les banlieues et s'emparer de la gare Saint-Lazare…



Or donc, près de Rouen, lundi 18 mai 2009, une femme et deux hommes suspects de soutenir les demandes de libération de Julien Coupat, détenu depuis plus de six mois en attendant qu'on lui taille sur mesure un costume de « cerveau de la subvertion », sont arrêtés. Gardés à vue, leurs domiciles perquisitionnés, ils sont transférés à Levallois pour être longuement interrogés par les policiers de l'antiterrorisme. Faute de feu, on crée de la fumée.


Les « quatre de Forcalquier ».


À Forcalquier, bourg proche d'Aix-en-Provence et de Lurs, c'est quatre autres personnes qui font l'objet d'une arrestation. Il s'agit d'Héléna et Samuel Autexier, journalistes et éditeurs, de François Bouchardeau et de sa compagne. Ils auraient diffusé un tract appellant à la libération de Julien Coupat qui comportait la photo de la résidence d'un haut-fonctionnaire de police. Une donnée qu'on peut sans doute trouver dans les Pages jaunes des annuaires ou que tout le monde connait aux alentours. Et question menées subversives clandestines, un tract, c'est sûr, surtout émanant de gens archi-connus de longue date, c'est clair, voilà une vraie trouvaille !

François Bouchardeau est loin d'être un inconnu. Le fils d'Huguette Bouchardeau, qui avait succédé à Michel Rocard à la tête du Parti socialiste unifié et qui, ancienne ministre, avait fondé les éditions HB, est notamment l'auteur de projet éditoriaux tels un agenda de l'année Jules Vernes (2005) ou un Agenda Rabelais (2006). Fin 2008, après avoir sorti un agenda sur Mai 1968, il met la clef sous le paillasson et Hélène Delmas, une collaboratrice reprend l'une des collections pour créer la maison d'éditions Le Mot fou.
Helena et Samuel Autexier participent à diverses revues (tout comme comme créera la sienne propre), dont Marginales. À la fois titre et maison d'édition, Marginales participe, avec L'Envoi, Le Sablier, Alpes de Lumière, C'est-à-dire & Le Préau des collines, au collectif « Éditer en Haute-Provence » qui fut un temps soutenu par le Conseil régional et présent sur les stands des divers salons du livre.

Et on peut se demander pourquoi les intellectuel·le·s et les journalistes, si prompts à se mobiliser lorsque l'un·e des leurs est pris·e en otage, sont si peu nombreuses à se manifester. C'est sans doute qu'il n'y a plus aucune chance de passer dans les étranges lucarnes pour s'indigner et que le soutien à Coupat, à ceux de Tarnac, de Rouen et Forcalquier n'est pas une « opportunité photo ».

L'appel de Françoise Simpère

Sur son blogue-notes, Jouer au monde , pourtant, Françoise Simpère a publié une lettre à Nicolas Sarközy. « Monsieur le président, je vous fais une lettre…, » écrit-elle. Quand on sait où mènent les courriels adressés à une députée et conseillère de Paris (vers le ministère de la Culture et la direction de TF1), on peut frémir. Françoise Simpère ne va-t-elle pas aller directement en prison sans repasser par la case domicile pour se munir de linge de corps et d'une brosse à dents. « Pas au pays des Droits de l'Homme », comme disaient ceux de Drancy avant de monter dans des wagons à bestiaux plombés. Désormais, allez savoir…

Elle remarque simplement cela : « Monsieur le Président, les Français ne comprendraient pas que vous mainteniez en détention un homme sur lequel ne pèse aucune charge sérieuse alors que vous vous êtes déplacé personnellement et êtes intervenu avec force auprès du président Tchadien pour faire libérer les membres de l’Arche de Zoe, qui avaient pourtant été jugés et reconnus coupables- même si leur intention humanitaire était sans doute sincère- de recel d’enfants et d’escroquerie. Ces condamnés à 8 ans de détention sont aujourd’hui libres alors que Julien Coupat reste en prison sans que l’enquête qui se poursuit depuis six mois ait pu prouver qu’il ait commis la moindre infraction. ».
Elle n'est pas la seule à le penser, peu sont celles et ceux qui se regroupent. Et il est surtout question de laisser penser qu'une menace diffuse guette, et surtout d'intimider toutes celles et ceux qui voudraient publiquement soutenir des opinions proches.

La « femme de 36 ans » a un visage, un nom.


On se souvient qu'une « femme de 36 ans » avait été aussi, le 28 avril dernier, placée 72 heures en garde à vue, puis libérée. Pour qui a fait simplement de la prison une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour avoir, au Burkina Faso, ne pas avoir rempli une fiche d'hôtel que l'hôtelier avait oublié de lui faire remplir, on peut concevoir ce que sont 72 heures d'interrogatoires. Le but n'était pas de lui tirer le moindre renseignement qui n'aurait pas déjà été connu, mais de bien signifier aux Françaises et aux Français qu'une femme peut être retenue ainsi si elle manifeste un soutien à... Julien Coupat, le Droit au Logement (DAL), les Don Quichotte ? Nommez-le, nommez-les…

Et puis, depuis, à l'envie, on répète « une femme de 36 ans ». Toutes les dépêches d'agence reprennent l'antienne, reproduite telle par la plupart des journaux, et encore aujourd'hui et demain, en Province comme à Paris.
Cette femme a un nom. Tessa Polak. Elle a été interpellée dans la rue aux côtés de Benjamin Rosoux, en voiture, par un important dispositif policier. On lui place un automatique sur la tempe, et tout ce monde scande : « Terroriste ! Terroriste ! ». Dans son coffre de voiture, 400 exemplaires de L'Insurrection qui vient, livre collectif auquel Julien Coupat aurait participé (ou pas, l'instruction ne l'établit toujours pas). Elle en avait d'autres à son domicile. Livres que tout policier pouvait l'avoir vue charger chez l'éditeur, Éric Hazan, de jour et non pas de nuit, en s'introduisant par effraction et escalade, en groupe, chef de mise en examen passible de la cour d'assises. Mais le but est bien de laisser croire que Tessa Polak, photographe, présentée au juge Thierry Fragnoli, est une terroriste, et que des femmes comme elle, il y en a tout plein.
Le Monde relate que le juge Thierry Fragnoli lui aurait déclaré : « Vous allez payer pour les autres ! ». Quels autres ? Ah, oui, sans doute François Bouchardeau et Samuel Autexier ?

Thierry Fragnoli
a obtenu un droit de réponse du Monde. Démentant formellement. Thierry Fragnoly a déjà collecté plus d'un millier de pièces qui sont dûment cotées. Sans compter les procès-verbaux. De gens qui, pour la plupart, ont reçu la visite d'un simple enquêteur, auxiliaire des officiers de police judiciaire, ou se sont benoîtement rendus à une convocation dans un commissariat.
Le but est-il de faire peur aux plus fragiles afin qu'ils prennent la fuite à l'étranger ou se défénestrent afin d'accréditer la thèse d'un complot ? Ou de faire en sorte que de jeunes gens, tel Michaël et Zoé, 25 et 24 ans, en viennent à confectionner une bombe artisanale ?

Bientôt une rafle étendue ?


C'était à Chambéry et Michaël survit, gravement atteint après l'explosion. Un autre jeune homme, Raphaël, a aussi été longuement entendu à Levallois, au siège de la SDAT. Son nom serait resté sur la boîte aux lettres des deux jeunes gens. Question méthodes clandestines, on a fait mieux. Il aurait « détruit des preuves » en se débarrassant de tracts anarchistes périmés (appelant à manifester le 1er mai). La garde à vue, dans ces affaires de terrorisme est de 96 heures. On a, par le passé, fait mieux.
À la suite de quelques tracts appellant à soutenir des comités de soldats, dans toute la France, vers le milieu des années 1970, la plupart des responsables provinciaux du P.S.U. (parti déclaré, nullement clandestin, dont sont issus Michel Rocard et bien d'autres anciens ministres ou responsables) ont été conduits à Paris en avions, trains, par tous moyens. Ils ont été répartis à La Santé, à Fleury-Mérogis, en d'autres centrales, certains gardés plusieurs semaines.
Françaises, Français, vous avez décidemment la mémoire courte !






19 mai:

Didier porte fait le point:

Face à Franz-Olivier Giesbert, il raille un récent article du Point sur "Les étranges affaires des amis de Coupat", qui auraient acquis plusieurs bien immobiliers en Corrèze.

Extrait:










19 mai:

Et ça continue... Arrestation déloyale d’un membre du Comité de Forcalquier dans le bureau du commissaire
paru sur Bellaciao

Fichons, fichons, effrayons, effrayons, il faut mettre en place une société du contrôle et de la peur...
(...)
Et ça continue...Arrestation déloyale d’un membre du Comité de Forcalquier dans le bureau du commissaire qui recevait une délégation lors du rassemblement de protestation de ce soir lundi 18 mai à 18h. à Marseille devant l’Evéché

Une cinquantaine de personnes devant le commissariat de l’Evêché tout à l’heure. Une délégation (LDH + Forcalquier) a été reçue à "l’hôtel de police". Le commissaire aurait affirmé que l’arrestation des Bouchardeau et des Autexier n’avait rien à voir avec Tarnac et qu’ils allaient être libérés demain matin . (Pourtant cela fait suite à une réunion de 50 personnes à Forcalquier sur l’affaire Julien Coupat et à d’autres arrestations en France ce matin !).

De plus, le militant de Forcalquier invié à rester "quelques minutes" par le commissaire qui voulait lui parler "personnellement " de la santé des "gardés à vue " n’est pas ressorti et a été emmené à bord d’une voiture de police vers une destination inconnue, et sa femme a échappé elle même de peu à une arrestation, le commissaire essayant de l’attirer à l’intérieur des locaux sous le prétexte de lui donner des nouvelles de son mari !
(...)








19 mai:

Affaire du tract : une cinquième personne en garde à vue

paru sur www.laprovence.com

Une cinquième personne, Bruno Chiambretto, lui aussi membre du comité de
sabotage de l'antiterrorisme, a été mise en garde à vue dans l'affaire du
tract diffusé la semaine dernière à Forcalquier invitant à une journée
contre l'anti-terrorisme
le 8 mai.

Bruno Chiambretto était venu rendre visite hier à Marseille à ses amis à
l'hôtel de police avec une élue régionale des Verts, Andrée Reversat, et
le vice président de la Fédération des Bouches-du-Rhône de la Ligue des
droits de l'homme (LDH). Ces deux derniers sont ressortis mais pas
Chiambretto qui a été retenu par les policiers.

La LDH dénonce les méthodes de la police et les procédures d'exceptions
employées. Les cinq personnes interpellées pourraient être remises en
liberté d'ici à la fin de la journée dès que les enquêteurs de la PJ
auront fini d'examiner le contenu de leurs ordinateurs.






20 mai:

Tract anti-terroriste : une cinquième personne remise en liberté

paru sur www.laprovence.com

La cinquième et dernière personne à avoir été interpellée après la diffusion d'un tract considéré comme menaçant pour le chef de l'antiterrorisme français a été remise en liberté à la mi-journée. Ce militant des Verts, originaire de Digne-les-Bains, considéré comme l'auteur d'une photo du portail d'une villa de la commune appartenant au Directeur central du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, avait été placé en garde à vue hier.

"On est sur de la violation de la liberté d'expression et nous considérons que ces méthodes disproportionnées n'étaient pas nécessaires car mes clients se seraient rendus à toute convocation", a indiqué Me Olivier Antelme qui a précisé qu'une conférence de presse aurait lieu vendredi à 14h30 à la maison des avocats d'Aix-en-Provence.







20 mai:

La garde à vue des trois suspects prolongée à Rouen

paru sur nouvelobs.com

La garde à vue des trois personnes interpellées lundi à Rouen (Seine-Maritime) et dans ses environs dans le cadre de l'enquête sur les dégradations commises contre la SNCF, qui a vu l'incarcération de Julien Coupat, a été prolongée mercredi, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Ces deux hommes et cette femme âgés de 25 et 26 ans sont actuellement interrogés par les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) en charge de l'enquête. Ces derniers cherchent à établir la teneur de leur relation avec Julien Coupat, principal mis en cause dans ce dossier, et certains de ses proches.

Ils se seraient notamment retrouvés ensemble lors d'une manifestation à Salonique (Grèce) en septembre 2008 et auraient été au contact d'Allemands membres de la mouvance autonome.

AP







21 mai:

Tarnac : maintenant, ça suffit !

paru sur www.rue89.com


Décidément, la justice antiterroriste ne plaisante pas avec le ridicule, elle le défie : depuis lundi, cinq nouvelles garde à vue ont eu lieu dans l'affaire Tarnac. Une manière d'épaissir un peu plus le dossier, toujours vide de quoi que ce soit pouvant se rapporter au complot terroriste dénoncé par la ministre de l'Intérieur, qui sonnait tambours et trompettes en novembre dernier.

Sans doute déçue depuis d'une affaire qui tend chaque jour à faire pschiiit, Mme Alliot-Marie s'est faite plus discrète, pariant sur la vieille leçon selon laquelle ses excès de langage s'oublieraient en parlant d'autre chose.

Reste que Julien Coupat est maintenu en détention, depuis sept mois. Reste que huit autres sont avec lui poursuivis pour une prétendue entreprise terroriste que la machine policière, si prompte d'ordinaire à grossir le trait, semble avoir peine à rendre crédible.

Reste que les seuls faits tangibles de ce dossier, le sabotage de voies ferrées, ont été revendiqués par d'autres, ce qui achève s'il le fallait encore de jeter le trouble sur la totalité de cette opération, dont on devine aisément le bénéfice médiatique et politique escompté, et bien moins la pertinence judiciaire.

Chaque jour passé en détention par Julien Coupat est un jour de trop

Depuis sept mois, d'abord parce que nous doutions des accusations portées en place publique par la ministre de l'Intérieur, puis lorsque nous avons pu vérifier combien nous avions raison de douter, nous avons dénoncé le sort réservé aux accusés de Tarnac.

Nous ne partageons sans doute pas les mêmes idées, et sommes résolument hostiles à toute forme de violence politique. Mais, précisément, nous sommes amenés à constater que de violence, il n'y eut point. Et que, si des textes ont été écrits et diffusés (ce qui, à ce stade, reste à débattre), la République ne nous a pas habitué à enfermer des gens pour ce qu'ils écrivent, encore moins sous l'accusation de terrorisme.

Depuis sept mois, chaque jour passé en détention par Julien Coupat est un jour de trop. S'il s'agissait d'entreprise terroriste, comment justifier que les autres accusés aient été libérés ? Et si ceux-là ont été libérés, pourquoi Julien Coupat, qui présente toutes les conditions de représentation et dont la liberté serait de toute façon surveillée, est-il maintenu en détention ?

Une société anesthésiée par le pouvoir personnel

Quel argument de droit peut-il justifier le maintien d'un régime d'exception pour un accusé dont le plus grand crime, s'il était prouvé, serait d'avoir ralenti un train, et ce alors même que les spécialistes s'accordent à dire qu'une telle action, pour stupide qu'elle soit, n'aurait mis en danger aucune vie humaine ? Et que signifie une justice qui, sourde au traumatisme d'Outreau, persiste à incarcérer des justiciables lorsqu'ils pourraient attendre leur procès en liberté ?

Depuis sept mois, nous considérons que la France se déshonore. L'affaire Tarnac n'est pas une anecdote, une petite affaire qui devrait être abandonnée aux seuls mouvements radicaux et contestataires.

Elle est un symptôme terrifiant de ce qu'une société anesthésiée par le pouvoir personnel, la recherche de boucs émissaires et l'accélération médiatique perpétuelle, peut laisser faire au nom de l'antiterrorisme. Il est plus que temps de se réveiller, d'ouvrir les yeux et de refuser la « justice » d'exception.

Noël Mamère, Dominique Voynet et Cécile Duflot







21 mai:

Julien Coupat aurait lu des livres...Des comiques placent sa bibliothèque en garde-à-vue

paru sur www.causeur.fr

L’inquiétante idiotie du pouvoir dans l’affaire de Tarnac a pris, ces derniers temps, une dimension nouvelle. On a l’impression d’avoir affaire à l’un de ces enfants têtus qui s’obstinent dans le mensonge, pris la main dans le pot de confiture conspirative, les doigts collants d’arbitraire, niant l’évidence avec un aplomb affolé avant la gifle bien méritée.

À Rouen, trois “proches de Julien Coupat” ont été placés en garde à vue et, dans le cadre des lois d’exception sur le terrorisme, ce “Patriot Act” à la française, ils peuvent y rester 96 heures. Il faut s’interroger sur ce qui fait de vous un “proche” de Julien Coupat. En l’occurrence, ici, de l’aveu même des brillants pandores de la SDAT (Sous direction à l’antiterrorisme), ces policiers qui assaillirent un jour de novembre un village de Corrèze et le firent entrer définitivement dans la célébrité touristico-politique(1), il suffit pour cela d’avoir séjourné à Thessalonique en septembre 2008, en même temps que lui, mais pas forcément en sa compagnie. À ce compte-là, toute personne ayant passé des vacances en Espagne avant 1975 était proche de Franco et les lecteurs trouvant une rime amusante à SDAT, par exemple “Securitate”, gagneront une cagoule et un treillis bleu marine offerts par l’aile “cellule invisible” de Causeur(2).

Quand la SDAT ne sévit pas sur les lieux où Flaubert éructait magnifiquement contre la bourgeoisie dans sa Correspondance, elle préfère le soleil de Forcalquier et missionne le SRPJ local pour une surprenante petite rafle matinale : quatre militants du “comité de sabotage de l’antiterrorisme” ont été pareillement mis en garde à vue lundi 18 mai. Le motif est là aussi croquignolet. Ils auraient distribué des tracts invitant à une réunion de soutien sur lesquels figurait une photographie : celle de l’interphone de la résidence secondaire de Bernard Squarcini, chef de la DCRI. Comme la maison poulaga ne recule devant aucun gag dans cette superproduction, une cinquième personne, venue rendre visite aux quatre autres pour voir comment se déroulait l’interpellation n’est pas ressortie du commissariat de Forcalquier et a été placée à son tour en garde à vue.

Si Julien Coupat n’entamait pas son septième mois d’incarcération dans les geôles de notre république bananière assistée par ordinateur, nous ririons de cette superproduction qui fait penser à Un gendarme de Saint-Tropez contre l’ultragauche ou à un film de Blake Edwards nous montrant Monsieur Squarcini dans le rôle d’une Panthère Rose maladroite. Avec en plus, dans le cas de notre Edgar J. Hoover national, une méchanceté hargneuse et tatillonne propre aux chefs des polices politiques dont Balzac, disait justement dans Une ténébreuse affaire, roman qu’il serait intéressant de relire ces temps-ci car lui aussi raconte une étonnante manipulation flicardière sous l’Empire : “On croit la police astucieuse, machiavélique, elle est d’une excessive bénignité ; seulement elle écoute les passions dans leurs paroxysmes, elle reçoit les délations et garde toutes ses notes. Elle n’est épouvantable que d’un côté. Ce qu’elle fait pour la justice, elle le fait aussi pour la politique. Mais en politique, elle est aussi cruelle, partiale que l’Inquisition.”

Elève Alliot-Marie, élève Bauer, élève Squarcini, vous commenterez cette citation dans un développement argumenté. Vous montrerez notamment les analogies entre l’analyse de Balzac qui se situe à l’époque napoléonienne et votre propre tentative d’inventer une “mouvance anarcho-autonome”, ce qui est un bel oxymore et prouve votre niaiserie théorique. Les copies seront ramassées le jour de la libération de Julien Coupat quand l’opinion se moquera de vous et de ce qui restera comme la plus grande pantalonnade politico-judiciaire du sarkozysme.

Vous voulez un autre exemple de la méthode délirante que le pouvoir utilise pour tenter de remplir un dossier désespérément vide ? On pourrait l’appeler “le coup de la bibliothèque”. Figurez-vous que la dangereuse communauté invisible qui s’était emparée de Tarnac pour en faire la base arrière de la révolution mondiale et le premier village libéré de l’oppression capitaliste ne se contentait pas de se livrer à d’abominables opérations terroristes comme l’ouverture d’une épicerie, d’un restaurant coopératif et l’organisation de cours du soir. Ils ont été plus loin, ces nihilistes auprès desquels le Stavroguine de Dostoïevski fait figure de gonzesse : ils avaient créé une bibliothèque au premier étage de la fameuse épicerie. Cinq mille livres venant de chaque membre du groupe et mis en commun. Ah, les petits salopards ! Une bibliothèque…Et on s’étonne de l’effondrement des audiences de TF1 et de M6. N’allez pas chercher plus loin, c’est de la faute des “tarnaciens” : plutôt que de rester à regarder des jeux de téléréalité fondés sur l’humiliation volontaire et l’accoutumance à l’idée d’être viré sans ménagement, l’honnête corrézien se retrouvait avec à portée de la main des…livres. On commence par laisser le rural lire Rimbaud et Debord et on se retrouve avec une nation ingouvernable de paysans sodomites et post-situationnistes.

On se doute bien que Monsieur DCRI n’allait pas laisser faire ça. Et c’est à deux reprises qu’il a envoyé ses troupes perquisitionner les lieux et emporter des quantités variables de livres afin de préserver l’intégrité morale des villageois mais aussi et surtout de trouver des…preuves. Vous lisez Marx, vous êtes marxiste, c’est bien connu et vous lisez Fitzgerald et hop, vous devenez alcoolique. Mais quand vous lisez un rapport d’Alain Bauer, vous devenez paranoïaque et vous voyez des gauchistes partout : cela, désormais, semble, hélas, bel et bien prouvé.

Mais notre ami Bernard Squarcini peut faire encore mieux et c’est là que nous atteignons au sublime : le recoupement linguistique comme méthode policière. Dans une intéressante synthèse drôlement intitulée "Le coup de Tarnac"(3), le journaliste Marcel Gay établit un parallèle saisissant entre la façon dont on voudrait faire tomber Coupat, à partir du seul contenu de L’Insurrection qui vient, et ce qui est arrivé en août 2007 à trois universitaires allemands soupçonnés d’appartenir à un groupe autonome très actif. La BKA (la DCRI germanique), organisme manifestement peuplé de grammairiens distingués et de critiques littéraires, avait estimé que la fréquence des mots utilisés par les universitaires était la même que dans les tracts du groupe en question. D’où la culpabilité des trois hommes…

On voit ici toute la rigueur du raisonnement employé actuellement en désespoir de cause par l’antiterrorisme français, dont on ne sait plus s’il faut rire, pleurer ou avoir peur. On pourra aussi, devant ce “délit de lecture” (voire d’écriture) qui semble être la dernière charge pesant sur Julien Coupat aller signer la pétition initiée par la Maison des écrivains et de la littérature qui met exergue ce magnifique extrait de Walter Benjamin : “Nos bibliothèques sont toutes pleines à craquer de livres subversifs. De ceux-là, nous vient l’inspiration. De ceux-là, nous apprenons à penser. De ceux-là, nous apprenons à douter. Mais aussi à croire. De ceux-là, nous apprenons à lire le monde, à le délier aussi. À ceux-là, nous tenons, tant ils nous tiennent en vie. Ces livres que nous lisons, que nous aimons sont tous, par essence, dans le fond comme dans la forme – par le rapport qu’ils entretiennent à la langue, enracinée dans le vivant –, subversifs.”

par Jérôme Leroy

Notes:
1.Le Petit futé Corrèze 2009 ose le passage suivant : “C’est ici que le 11 novembre 2008 furent arrêtés dans une opération policière de grande ampleur (150 policiers et gendarmes) un groupe de personnes vivant en communauté, élevant des chèvres, impliquées dans les sabotages des voies de la SNCF. L’épicier, patron de la station-service faisant partie du lot à la grande surprise et déception des villageois.” C’est notre excellent ami Serge Quadruppani qui nous signale cette information sur son blog Les contrées magnifiques.
2. Bruno Maillé et votre serviteur.
3. Éditions Florent Massot.








21 mai:

Antiterrorisme : cinq gardes à vue pour une photo potache

paru sur www.rue89.com

Des éditeurs du Sud-Est ont été interrogés par la police au sujet d'une photo « menaçante » pour un ponte de l'antiterrorisme.

Le 18 mai, on annonçait coup sur coup que « trois proches de Julien Coupat » avaient été interpellés près de Rouen ; puis que « quatre éditeurs avaient été mis en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Marseille ».

Les quatre éditeurs en question sont des indépendants installés dans la région de Forcalquier, dans le Sud-Est, mais le site Bibilobs rappelait aussitôt qu'Eric Hazan, patron de La Fabrique (qui publie « L'Insurrection qui vient ») avait lui aussi été entendu comme témoin dans le dossier Coupat.

Forcément, sept arrestations le même jour à deux extrémités opposées de la France dans des milieux réputés proches de l'extrême gauche, l'affaire semblait médiatiquement rentable.

Sauf que le ballon se dégonfle d'emblée : les quatre éditeurs n'ont pas été placés sous les régime de l'anti-terrorisme, qui permet notamment d'étendre la garde à vue à 96 heures. Le seul lien avec Julien Coupat ou Tarnac est la proximité des quatre éditeurs avec un « Comité de sabotage de l'antiterrorisme », mouvement très informel mis en place pour soutenir les personnes arrêtées en novembre 2008 à Tarnac et qui organisait une journée de débats sur l'antiterrorisme à Forcalquier, le 8 mai dernier.

De l'image d'un tract à la « menace »

En réalité, c'est pour retrouver une photo et surtout son auteur que le coup de filet de Forcalquier a eu lieu, lundi matin. Cette photo, Rue89 se l'est procurée : elle montre deux doigts tenant un bout de tract du « comité de sabotage de l'antiterrorisme » pour le coincer sous un interphone. (Voir la photo ci-dessous)



Sur cet interphone, trois noms, dont celui de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur. Dans les médias, on a pu lire que les quatre éditeurs étaient inquiétés pour l'avoir « menacé ». Ou encore qu'ils avaient diffusé l'adresse du patron du renseignement.

Lundi, sur le coup de midi, Philippe Dieudonné, de la Ligue des droits de l'homme à Marseille, apprend que les quatre de Forcalquier ont été emmenés dans les locaux de la police judiciaire, à Marseille. Trois coups de fil et le voilà qui part en délégation sur place avec Andrée Reversat, élue verte au conseil régional PACA, qui milite aussi à la LDH, et Bruno Chiambretto, qu'il connait moins.

Pour la police, « ça ne semblait pas représenter l'affaire du siècle »

Tous trois veulent des explications, savoir de quoi on soupçonne les éditeurs, savoir ce qu'ils risquent. Le directeur de la police judiciaire les reçoit « assez longuement, dans un climat de dialogue », raconte Philippe Dieudonné :

« Il nous a confirmé que ce n'était pas pour du terrorisme qu'on les entendait, mais pour trouver l'auteur de la photo, et que leurs ordinateurs étaient passés au peigne fin. Il nous a affirmé que ce n'était pas un tract qu'on leur reprochait mais une photo qu'ils s'étaient échangés entre eux et que quelqu'un avait peut-être fini par imprimer. Ça ne semblait pas représenter l'affaire du siècle à leurs yeux. »

A l'issue de l'entrevue, le directeur de la police judiciaire demande à Bruno Chiambretto de rester. Mardi soir, lorsque les quatre éditeurs interpellés la veille finissent par sortir, « libres, sans convocation et avec leurs ordinateurs sous le bras », Chiambretto est toujours à l'intérieur. Il aurait reconnu avoir pris la photo à l'origine de la procédure enclenchée par le parquet de Digne.

Bruno Chiambretto est sorti de garde à vue mercredi en début de soirée. Libre lui aussi, sans davantage de poursuites, là où les autorités avaient pourtant obtenu ce qu'elles voulaient. Intimidation ? Volonté de grossir le trait pour laisser penser qu'un vaste coup de filet dans le milieu de Julien Coupat a eu lieu lundi ? Opportunité idéale pour fouiller dans quatre ordinateurs plus un iPhone (celui de Chiambretto, avec lequel il aurait en fait pris le fameux cliché) ?

Dans les cercles militants du grand Sud-Est, ces trois hypothèses circulent bon train. Du côté du parquet de Digne-les-Bains, personne n'était joignable jusqu'à la publication de cet article, comme à la police judiciaire de Marseille, où le commissaire d'astreinte en ce jeudi de l'Ascension ne pouvait « rien nous dire » sur le dossier.

Bruno Chiambretto, pour sa part, a refusé de donner davantage de précisions à Rue89 « avant la conférence de presse qui aura lieu vendredi, sous le contrôle de notre avocat ».

Par Chloé Leprince






21 mai:

Sabotages des lignes SNCF: trois suspects remis en liberté
par AP | 21.05.2009 | 17:49


paru sur nouvelobs.com, france-info.com, europe1.fr, etc etc ...

Les trois personnes interpellées lundi à Rouen (Seine Maritime) et dans ses environs dans le cadre de l'enquête sur les dégradations commises contre la SNCF, qui a vu l'incarcération de Julien Coupat, ont été remises en liberté jeudi après-midi, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Aucune charge n'a été retenue contre elles.

Ces deux hommes et cette femme âgés de 25 et 26 ans avaient été placés en garde à vue par les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) en charge de l'enquête. Ces derniers cherchaient à établir la teneur de leur relation avec Julien Coupat, principal mis en cause dans ce dossier, et certains de ses proches.

Ils étaient soupçonnés de s'être rencontrés lors d'une manifestation à Salonique (Grèce) en septembre 2008 où ils auraient été au contact d'Allemands membres de la mouvance autonome. AP







21 mai:

L’heure du laitier

Paru sur Politis.fr
par Bernard Langlois
Terrorisme ce mot bien fait pour paniquer le peuple, qu'on ne devrait employer qu'avec d'infinies précautions, est mis à toutes les sauces. On s'en parfume le battle-dress, on s'en gargarise le goitre, on alliot-marise toute la vie sociale.


L'article complet aussi ici.






22 mai:

Tarnac: deux nouveaux «coups de filet», tous les interpellés sont libérés

Paru sur Mediapart
Par David Dufresne

Cette semaine, la police a procédé à deux opérations d’envergure. L’une à Rouen, l’autre à Forcalquier. La première liée directement à l’affaire de Tarnac, la seconde sur des menaces présumées envers le patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini. Résultat: les huit interpellés sont tous ressortis libres. Au moment où les rumeurs de libération prochaine de Julien Coupat se multiplient, selon nos informations.


L'article complet ici








22 mai:


Affaire du tract : "Une garde à vue parfaitement disproportionnée"


Paru sur laprovence.com

Maître Olivier Lantelme, avocat des cinq personnes gardées à vue après la diffusion à Forcalquier d'un tract considéré comme menaçant pour Bernard Squarcini,le Directeur central du renseignement intérieur, a tenu une conférence de presse aujourd'hui, à Aix.

Selon lui, la garde à vue des cinq personnes qu'il représente est "parfaitement disproportionnée, par rapport à une photo ironique diffusée uniquement par mail". On y voit, selon lui, "un gros plan de l'interphone de la maison de Monsieur Squarcini, sans qu'il soit possible de reconnaître l'endroit, sans aucune menace". Le photo-montage présente également l'affiche annonçant la manifestation organisée par le Comité de sabotage de l'antiterrorisme (CSA) en soutien à Julien Coupat et au groupe de Tarnac.

"Mes clients sont particulièrement choqués", a poursuivi l'avocat: "C'est un déni de leur liberté d'expression. Ils se seraient volontiers rendus à une convocation à la police, pour s'expliquer".

Les cinq personnes placées en garde à vue ont toutes été remises en liberté, l'enquête préliminaire se poursuit.








22 mai:

L’Etat de droit dans un sale état

Paru sur libération.fr

EXTRAIT de la chronique de Pierre Marcelle:
(...)
Alliot-Marie déraille

Comme en témoigne l’affaire de ce quidam qui, en gare de Marseille, pointa du doigt des policiers dans un sonore «Sarkozy, je te vois !» et fut pour cela grotesquement condamné (Libération des 20-21 mai), c’est si fort qu’il n’est même plus besoin que le chef de l’Etat poursuive in persona tout ce qui le conteste ou contrarie. Sous l’autorité de leurs ministres respectifs, magistrats et policiers précèdent ses désirs devinés avec un zèle effrayant. Un zèle que l’intéressé a toujours encouragé ; que le porte-parole du gouvernement Luc Chatel l’ait pour cette fois déploré ne change évidemment rien à cent affaires passées et à venir.

Et rien surtout à celle de Julien Coupat, que la furieuse Alliot-Marie entretient à coups d’arrestations arbitraires : sept encore en début de semaine, à Rouen et à Forcalquier, pour donner l’impression de nourrir un dossier vide, avec une efficacité à peu près équivalente à celle de ses opérations policières amuse-gogo, à Sarcelles ou ailleurs… Au bout du compte, du bruit, du vent, et de pauvres effets de matraque qui, inexorablement, font monter la sauce. Dans quel but hors celui de rendre pérenne l’omniprésence de l’ombre présidentielle ?

Mais si le bouffon de la première heure («Descends, si t’es un homme», «Casse-toi, pauv’con !») nous amusa un temps, Néron nous terrorise. Ainsi, m’apprêtant à me rendre l’autre semaine à un rassemblement de soutien à Tessa Polak, photographe de 36 ans gardée à vue trois jours durant pour affinités supposées avec la «bande de Tarnac» (No Smoking du 15 mai), m’étais-je surpris à me poser de drôles de questions : emporterais-je avec moi un téléphone portable ? Une carte de presse ? Qu’avais-je d’alcool dans le sang ? De quelles contraintes professionnelles ou privées pourrais-je, lors des, disons, 76 heures à venir, raisonnablement m’émanciper ? Qui nourrirait mon chat ? Et cet exemplaire de l’Insurrection qui vient traînant sur cette table près de ma fenêtre, serait-il susceptible d’être regardé comme une provocation ou comme un crime constitué ?

On le voit, la paranoïa galope fort, en Sarkozie. Le problème est que même les paranoïaques s’y découvrent de jour en jour de vrais ennemis.
(...)








23 mai:


Les soutiens de Coupat inquiétés

Paru sur libération.fr
Par GAËL COGNÉ et MICHEL HENRY (à Aix-en-Provence)

Tarnac . Les huit personnes arrêtées lundi ont été libérées sans être mises en examen.


C’est la saison des gardes à vue dans l’affaire de Tarnac. Et toutes se soldent sans la moindre mise en examen. Le 28 avril, Tessa Polak se faisait arrêter au volant de son véhicule, par des policiers l’arme au poing. Lundi, des habitants de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) et des jeunes Rouennais (Seine-Maritime) ont goûté à leur tour aux interrogatoires.

A Forcalquier, l’objet du délit est une photo. On y voit un tract du Comité de sabotage de l’antiterrorisme, brandi sous un interphone portant le nom de Bernard Squarcini, le patron du renseignement français. Narguer ainsi le numéro 1 des RG et de la DST, en montrant qu’on connaît sa résidence dans le Sud, a valu une garde à vue à l’auteur de la photo et à deux couples qui l’ont diffusée par mail. Motif : «menace de commettre un délit ou un crime».

Les policiers marseillais sont venus cueillir lundi à Forcalquier François Bouchardeau, éditeur et fils d’Huguette, l’ancienne ministre de Mitterrand, et son épouse Johanna, ainsi que Samuel Autexier, qui édite la revue littéraire Marginales, et sa sœur Héléna. Puis Bruno Chiambretto, auteur de la photo, les a rejoints. Ils sont sortis libres mardi et mercredi. Le parquet de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), qui conduit l’enquête préliminaire, n’a pas décidé s’il y aura des poursuites.

Musclée. Par la voix de leur avocat, Me Olivier Lantelme, les interpellés se sont dits «abasourdis par le traitement qu’on [leur] a réservé, consternés par la méthode musclée employée, alors qu’il suffisait de [les] convoquer pour qu’[ils] viennent gentiment s’expliquer». Membres de ce comité de soutien à Coupat prônant «le sabotage de l’antiterrorisme», ils ont reconnu, pour l’un, avoir pris la photo et pour les autres, l’avoir diffusée, mais «sans possibilité d’identifier le lieu, ni mention de l’adresse». «En quoi cette photo, qui se veut ironique et n’a jamais été distribuée sur la voie publique, constituerait une menace ?» demande Me Lantelme, précisant que ses clients sont «non violents».

Mais Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur (DCRI), a porté plainte. Et pour le parquet, «il faut bien que quelqu’un ait eu connaissance de l’adresse pour faire la photo ; et la diffuser, c’est diffuser le fait que l’adresse est connue». Donc, éventuellement, créer une menace ? «Il n’y a matière à aucune poursuite» , rétorque Me Lantelme.

Les cinq interpellés estiment être victimes de la même «disproportion de traitement» qui frappe à leurs yeux l’homme de Tarnac, et qu’ils dénoncent. «Veut-on étouffer le soutien à Julien Coupat ? Eux le vivent comme ça», dit leur avocat.

Les trois arrestations de Rouen ont aussi eu lieu lundi. Mathieu, mis en examen dans l’affaire, vit avec l’une des personnes arrêtées cette semaine. «Ils sont arrivés à 6 heures avec un bélier mais n’ont pas eu à s’en servir : la porte était ouverte. Ils ont mis sur le ventre la personne qu’ils cherchaient, l’ont menottée. On a été placés dans une pièce, au rez-de-chaussée.» Pendant ce temps-là, les enquêteurs perquisitionnent rapidement la maison.

La suite se passe à Levallois-Perret, dans les locaux de la sous-direction antiterroriste. Selon les enquêteurs, les trois étudiants (deux hommes et une femme) seraient des proches de Coupat. Ils se seraient rendus à Thessalonique, en Grèce, en septembre 2008, pour la Foire internationale. Julien Coupat s’y serait trouvé et aurait pu entrer en contact avec des autonomes allemands.

«Incessants». Au terme des soixante-douze heures légales, l’avocate Dominique Vallès se rend en banlieue parisienne pour voir les jeunes qui ont été séparés : deux sont à Nanterre, le troisième à Levallois. Selon l’avocate, les interrogatoires «incessants» auraient porté sur leurs opinions politiques, leur manière de vivre. «U ne jeune femme était dans une cellule avec une lumière blanche éblouissante.» Pour l’avocate, «il suffisait de les convoquer. Les gens ont des droits, aussi.» Ils ont été relâchés jeudi après-midi sans avoir été mis en examen. A Rouen, Mathieu s’interroge : «Leurs noms apparaissent dans la procédure comme une centaine d’autres. Est-ce que ça veut dire que tout le monde va être placé en garde à vue ?» Une amie des cinq de Forcalquier s’inquiète : «Bientôt, il faudra faire un comité de soutien au comité de soutien.»






25 mai:

Julien Coupat va être de nouveau entendu par le juge d'instruction le 27 mai

paru sur www.lemonde.fr

Une nouvelle fois, l'avocate Irène Terrel va déposer une demande de remise en liberté pour Julien Coupat, incarcéré à la prison de la Santé depuis le 15 novembre 2008.

Quatre précédentes demandes ont déjà été rejetées. Celle-ci sera déposée après une nouvelle audition du principal suspect des sabotages de caténaires de la SNCF dans le bureau du juge d'instruction, Thierry Fragnoli, mercredi 27 mai.

Julien Coupat, qui aura 35 ans le 4 juin, est le dernier d'un groupe de neuf personnes interpellées le 11 novembre 2008 qui reste en détention provisoire. Les autres, mises en examen notamment pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme", ont été remises en liberté et placées sous contrôle judiciaire.

Pourquoi cette différence ? Parce que la justice soupçonne Julien Coupat d'être le "chef" d'un groupe à visée terroriste.

L'enquête, menée par le juge, continue. Plusieurs interpellations ont eu lieu ces derniers jours : celle de Tessa Polak, à Paris, le 28 avril, puis de trois autres personnes, à Rouen, le 18 mai, présentées comme des "proches" de Julien Coupat.

Placées 96 heures en garde à vue sous le régime de l'antiterrorisme, ces quatre personnes ont pour point commun de connaître les "neuf de Tarnac" et de leur avoir prêté des véhicules. Les Rouennais, deux hommes et une femme, ont également été interrogés sur leur présence à Thessalonique, en Grèce, en septembre 2008, lors d'une manifestation à laquelle a participé Julien Coupat. Tessa Polak et les Rouennais ont été relâchés sans aucune charge retenue contre eux.

Le 18 mai, toujours, à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), quatre personnes, membres d'un comité de soutien, ont été interpellées et interrogées pour avoir diffusé un tract sur lequel figurait un détail sur une résidence secondaire de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur.

Dans un entretien au Monde, Julien Coupat qualifie de "pathétique allégation" les accusations de direction d'un groupe à visée terroriste qui pèsent sur lui. Et il affirme, comme il l'a dit au juge, qu'il n'est pas l'auteur du livre L'Insurrection qui vient.

Isabelle Mandraud








25 mai:

Julien Coupat : "La prolongation de ma détention est une petite vengeance"

paru dans LE MONDE









26 mai:

Gardes à vue dans l’affaire Tarnac : la justice dans un cul-de-sac


paru sur www.liberation.fr

L’affaire de Tarnac vire à l’épisode de Tom et Jerry. D’un côté, la sous-direction antiterroriste (Sdat), un chat qui piétine dans une enquête à rebours où les suspects refusent de s’exprimer tant que Julien Coupat n’est pas libéré. De l’autre, «la bande à Tarnac» (ils se surnomment ainsi), une souris qui ne veut plus se laisser impressionner par les gardes à vue qui se multiplient depuis un mois. Le dernier épisode en date de ce mauvais dessin animé a eu lieu à Rouen. Christian, François et Nouria (1), âgés de 25 à 28 ans, y ont été interpellés et ont passé quatre-vingt-quatre heures en garde à vue avant d’être relâchés sans la moindre mise en examen.

Bélier. Lundi 18 mai, on frappe à la porte. Devant l’entrée, une demi-douzaine de policiers de la Sdat venus de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). A l’intérieur, cinq jeunes de «la bande à Tarnac». Le bélier est prêt, mais la porte est ouverte. Les flics n’ont qu’à pousser. Ils courent dans la maison, s’arrêtent aux étages, ouvrent les portes. «Police ! Police !» Lampe torche braquée sur les visages endormis et main sur le holster.

Il est alors «six heures zéro zéro, l’heure à partir de laquelle ils peuvent perquisitionner», se souvient Mathieu Burnel, mis en examen en novembre et qui vit avec l’une des personnes placées en garde à vue. Deux scène identiques se déroulent, au même moment à Rouen : dans une colocation et chez une famille.

«Encore vous ! Vous savez, on vous aime bien», feignent de s’étonner les policiers. Selon les habitants, ils ont le souci de se montrer sous un bon jour. «Vous avez vu, on n’a pas défoncé la porte»,«parfois on éventre les matelas»,«si ça ne tenait qu’à nous, votre affaire, ça ne serait pas de l’antiterrorisme mais du droit commun». «Ils auraient voulu qu’on les accueille avec des petits gâteaux et du café», soupire Nouria. Après une heure de fouille succinte (quelques bouquins sont embarqués), les trois sont emmenés «à Brisout», le commissariat de Rouen. De là, il partent «à 170 km / h», le deux tons hurlant sur l’autoroute. Direction Levallois-Perret.

A leur arrivée, François et Christian déclinent leur état civil. Nouria, elle, refuse de répondre tant qu’on ne lui a pas signifié pourquoi elle est retenue. Le juge Thierry Fragnoli fera le déplacement le lendemain pour lui expliquer qu’elle est soupçonnée d’association de malfaiteur à visée terroriste. Il les rencontre tous les trois. A Christian, il aurait dit : «Il y en a 4 ou 5 qui ont fait des conneries. Ça serait dommage que d’autres prennent. Il faut qu’ils assument leurs actes.» Et d’ajouter : «Il y a deux vérités. Une vérité vraie et une vérité judiciaire. Moi, je suis payé pour découvrir la vérité judiciaire. A la fin, je l’aurai découverte, même si vous ne parlez pas.» Entre deux interrogatoires, un policier aurait glissé : «Les juges, ils sont énervés». Nouria refuse toujours de répondre. «Tu vas faire une garde à vue de cent vingt ou cent quarante-quatre heures, ça sera une première en France», la menace-t-on.

Listings. Les Rouennais sont interrogés sur leurs idées politiques puis sur la foire internationale de Thessalonique, en Grèce, où ils se seraient trouvés et auraient pu croiser Julien Coupat. Ils le soupçonnent d’y avoir croisé une autonome allemande, spécialiste supposée de sabotages. Christian et Nouria restent muets bien que des noms apparaissent sur des listings de ferries qui font la liaison Italie-Grèce.

«Ils s’en foutaient des fers à béton ou d’avoir de nouveaux éléments, se rappelle Christian. Ils ont leur petit schéma dans la tête et cherchent à le vérifier.» Quand les questions ne portent pas sur la Grèce, les policiers reviennent à leur «obsession maladive» : Julien Coupat. «Tu vois, Juju, je l’ai eu, le ptit Juju. Ce que j’aime pas chez ce type, c’est qu’il a tous les traits d’un dictateur», s’emporte un policier en «off» face à Nouria. Présentés comme des proches de Julien Coupat, les trois restent évasifs sur les liens qu’ils ont pu avoir avec lui.

Les policiers tentent de les séparer entre Nanterre et Levallois. Au terme des soixante-douze heures légales, Me Dominique Vallès rencontre les gardés à vue et dénonce ces méthodes :«Il suffisait de les convoquer.» Pour les Rouennais, si des «personnes périphériques se font interpeller, c’est parce qu’ils se disent : "On va pouvoir les faire cracher"», alors que les auditions des suspects ne donneraient rien.

Les trois seront libérés douze heures plus tard, non sans avoir été avertis : «Vous n’avez pas intérêt à dire de la merde dans les médias.» Nouria se retrouve «avec [son] carton, sur le trottoir» : «Ça fait bizarre. Les flics ont allumé leur deux tons, m’ont klaxonnée et ont fait des signes en partant à 100 à l’heure.»


(1) Les prénoms ont été changés.









27 mai:

Sabotages TGV: le parquet ne s'oppose plus à la remise en liberté de Coupat
Paru sur AFP

Le parquet de Paris ne s'oppose plus à une remise en liberté de Julien Coupat, présenté comme le chef d'un groupe soupçonné d'avoir saboté des lignes TGV à l'automne 2008 et détenu depuis plus de six mois, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Julien Coupat, détenu à la prison de la Santé depuis le 15 novembre, soit depuis plus de six mois, devrait ainsi être libéré dans les jours qui viennent, "probablement dès demain", jeudi, selon une source proche de l'enquête.

"Mardi, le juge d'instruction a communiqué le dossier au parquet de Paris en vue d'avoir son avis sur une éventuelle remise en liberté d'office", a dit le parquet à l'AFP.

Le procureur de la République, Jean-Claude Marin, "ne s'est pas opposé à sa remise en liberté sous réserve de son placement sous un strict contrôle judiciaire", a-t-il ajouté.

Selon le parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste, "en l'état du dossier, des auditions de témoins et de mis en examen et perquisitions réalisées, la détention provisoire (de Julien Coupat) n'apparaît plus strictement nécessaire".

Gérard Coupat, le père de Julien Coupat, et son avocate, Me Irène Terrel, n'avaient pu être joints mercredi soir par l'AFP.

Me Terrel a formulé mercredi une cinquième demande de remise en liberté de son client à l'issue de son audition par le juge d'instruction, selon une source proche de l'enquête.

Julien Coupat devrait être soumis après sa libération à un contrôle judiciaire serré qui pourrait comporter l'obligation de pointer quotidiennement dans un commissariat et une assignation à résidence chez ses parents, domiciliés en région parisienne.

Le parquet s'était opposé lors des quatre précédentes demandes à une remise en liberté de Coupat, présenté par l'accusation comme "le leader charismatique et idéologue" d'un groupe clandestin "anarcho-autonome". Il reste d'ailleurs mis en examen pour "direction d'une entreprise terroriste et destruction en réunion à visée terroriste".

La durée de la détention de Coupat et la qualification terroriste de la procédure engagée contre lui ont suscité de nombreuses critiques de la part d'intellectuels, de partis de gauche ou d'associations comme la Ligue des droits de l'Homme.

Dans un entretien accordé mardi au Monde depuis la prison de la Santé, Coupat, qui aura 35 ans le 4 juin, a expliqué qu'il voyait dans la prolongation de sa détention "une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés et de la profondeur de l'échec".

Coupat, ancien étudiant en sociologie, a également assuré dans cet entretien "bien" vivre sa détention, rythmée selon lui par des "tractions, (de la) course à pied" et de la "lecture".

Me Terrel avait confié le 13 mars qu'il écrivait "sur les conditions d'emprisonnement".

Coupat reste soupçonné d'avoir saboté, dans la nuit du 7 au 8 novembre, avec sa compagne, Yldune Levy, une ligne du TGV Est à Duisy (Seine-et-Marne), un des quatre sabotages commis en France cette nuit là.

Des investigations sont également toujours en cours concernant d'éventuels liens entre Coupat et des autonomistes allemands soupçonnés d'avoir saboté des lignes ferroviaires outre-Rhin à l'aide de crochets similaires à ceux utilisés en France.

Il a nié à plusieurs reprises être l'auteur de "L'insurrection qui vient", un ouvrage anonyme, attribué à Coupat par les enquêteurs, qui légitime les attaques contre le réseau ferré.










27 mai:

Julien Coupat bientôt libéré ?

France Info - 21:36

Le parquet de Paris ne s’opposerait plus à une remise en liberté du principal suspect dans le dossier des sabotages des lignes SNCF, en prison depuis novembre.


Les précisions de Yann Galic : (1'07")




Après plus de six mois en prison, le sort de Julien Coupat pourrait bientôt évoluer de manière positive.

Ce dernier, auteur présumé de l’ouvrage "L’insurrection qui vient", est soupçonné d’être l’instigateur de sabotages de lignes SNCF, à l’automne dernier, présentés comme venant d’une mouvance "anarcho-autonome".

Plusieurs remises en liberté de Julien Coupat avaient été rejetés jusqu’ici par la justice. Mais le parquet de Paris indique ce soir qu’il ne s’opposerait désormais plus à une libération, sans pour autant qu’on en sache d’avantage sur les suites de cette enquête, au cours de laquelle des proches présumés de Coupat avaient également été interpellés.

La réaction de maître Irène Terrel, avocate de Julien Coupat (0'54")




Julien Coupat devrait ainsi être libéré dans les jours qui viennent, "probablement dès demain", jeudi, selon une source proche de l’enquête.

La réaction de Gérard Coupat, le père de Julien Coupat: (0'26")



Matteu Maestracci avec agences









28 mai:

Julien Coupat ou le camouflet fait aux princes

paru sur www.rue89.com par Le Yéti

La pire rebuffade que puissent essuyer les dominants de tout poil, c'est lorsque leurs proies, qu'ils croyaient à leur merci, se rebiffent et les éclaboussent de leur mépris. La récente interview de Julien Coupat publiée dans Le Monde du 26 mai est un modèle de claque dans la figure.On savait bien qu'aucune charge sérieuse ne pesait véritablement contre lui. On se demandait juste s'il tiendrait, s'il saurait prendre son mal en patience. Vu sa périlleuse situation, on n'imaginait pas de lui qu'il leur vole dans les plumes à la première occasion. Et c'est ce que le bougre a fait ! Sans même attendre d'être libéré.

La gauche « compromise » et l'extrême gauche sans « perspective »


L'oligarchie aux manettes dérouille sacrément, à commencer par la ministre de l'Intérieur Alliot-Marie et ses sbires des ombres obscures : le criminologue Bauer, le directeur central du renseignement intérieur Squarcini, plus cette « bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents » qui « nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé », et qui « continuent de sévir en toute impunité » [Coupat décrit ainsi les policiers qui l'ont arrêté, ndlr].

Mais Coupat sait bien qu'une institution ne se limite pas aux tenants momentanés du pouvoir. C'est un ensemble composite qui englobe indissociablement jusqu'à ceux qui s'en prétendent officiellement les opposants ou les contre-pouvoirs.
Ceux-là, fossilisés dans leurs postures, en prennent aussi pour leur grade : la gauche « tétanisée [….], trop lâche, trop compromise » ; « l'extrême gauche à-la-Besancenot [qui] n'a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop » ; « les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais […] qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène… »
Selon Julien Coupat, lorsqu'il se retrouve en déroute, ce microcosme transi n'a plus pour exister que de s'inventer l'ennemi qui polarisera autour de lui les ouailles effarées : le terrorisme.

« Individuer l'ennemi afin de le couper du peuple »


La désignation de « terroriste » ne peut être le fait que de celui qui a la souveraineté, partagée avec ceux qui rêvent de s'y associer. Le terroriste, réel ou imaginaire, est précisément celui qui « refuse d'avoir part à cette souveraineté ».
Ne reste à l'Autorité qu'à essayer d'isoler le manant :
« Individuer l'ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l'exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l'humilier publiquement, inciter les plus vils à l'accabler de leurs crachats, les encourager à la haine. »

En un sens, Alliot-Marie a parfaitement raison de considérer Julien Coupat comme un terroriste. C'est aussi ainsi qu'on qualifie l'intellectuel quand il ne se dissout pas dans le sirop médiatique courtisan, complaisant et onctueux à l'excès.
On comprend le peu d'empressement de la presse officielle à rapporter la teneur de l'interview du Monde. Tout juste eut-on droit à quelques considérations secondaires : « Julien Coupat “lecteur” mais pas “auteur” de “L'Insurrection qui vient” » (Liberation.fr du 26 mai 2009).


La poudre et le détonateur


Qu'est-ce qui distingue un Julien Coupat et ses amis de la masse des jeunes qui, comme eux, sont tenus en marge des arcanes d'une société civile délétère ?
Lui et ses amis ont non seulement compris qu'ils n'obtiendraient rien de cette société en perdition, mais ils en ont intellectualisé les raisons et en ont tiré immédiatement la conclusion qu'il leur fallait absolument envisager d'autres oppositions (la rue, « seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste »), trouver des chemins parallèles (l'épicerie de Tarnac).
Ils ont compris que la moindre compromission avec une quelconque de nos autorités officielles corrompues se retournerait inévitablement contre eux. D'où le ton offensif et sans concession de leurs interventions.
La masse des jeunes, dont on aurait tort de considérer l'absence de réaction comme de l'indifférence ou de la passivité, sent bien elle aussi l'impasse dans laquelle elle se trouve.
Mais faute d'en pouvoir comprendre et maitriser les raisons, elle se paralyse et se recroqueville, incapable d'exprimer son indignation et sa frustration autrement que par des éclats de colère sporadiques sans avenir.
Un Julien Coupat pourrait-il être le détonateur de cette poudrière en puissance ? Le fait de presque appartenir à la même génération pourrait favoriser ce rapprochement explosif.

Un fossé entre Coupat et la jeunesse qu'il pourrait incarner


Mais on mesure, à la complexité des propos de Julien Coupat dans l'entretien publié par Le Monde, le fossé qui sépare encore ces deux camps pourtant si proches.
Comme beaucoup d'intellectuels, Julien Coupat n'imagine pas traduire la complexité de sa pensée, autrement que par la complexité de son langage. De fait, il tient à distance la masse des jeunes en plein désarroi.
Que lui et ses amis viennent à simplifier leurs propos, mieux, à l'enrober d'un zeste d'humour, et toutes nos Alliot-Marie auront un max de soucis à se faire.

C'est ce qui pourrait bien advenir, d'autant que nos princes aux abois, en mettant le groupe de Tarnac aussi stupidement sur le devant de la scène par leur acharnement maladif, font vraiment tout pour allumer eux-mêmes la mèche de la bombe sur laquelle ils sont assis.

(Dernière minute : le parquet ne s'y opposant plus, Julien Coupat devrait être libéré ce jeudi 28 mai. Ce n'est plus une claque, c'est un uppercut.)







28 mai:

La libération de Coupat imminente

paru sur www.leparisien.fr

Après plus de six mois de détention, Julien Coupat devrait être remis en liberté ce jeudi. «Son paquetage est prêt. Sa fouille est prête. Son pécule est prêt», indiquait mercredi soir un surveillant de la maison d'arrêt de la Santé. Soupçonné d'avoir saboté des lignes TGV et présenté par l'accusation comme «le leader charismatique et idéologue» d'un groupe clandestin «anarcho-autonome», le suspect, 34 ans, est mis en examen et incarcéré depuis le 15 novembre 2008 pour «direction d'une entreprise terroriste et destruction en réunion à visée terroriste».

Le parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste, ne s'oppose plus à sa remise en liberté, mais a requis son placement sous un «strict contrôle judiciaire», a-t-on indiqué de source judiciaire. Il demande notamment que Julien Coupat ne puisse pas sortir d'Ile-de-France, qu'il «remette son passeport au greffe de la maison d'arrêt avant sa sortie» et qu'il n'entre pas en relation avec les huit autres mis en examen dans ce dossier. Il devra aussi «répondre à toutes les convocations du juge» et verser une caution dont le montant sera fixé par le juge d'instruction.

M. Coupat a été présenté par les enquêteurs comme le leader d'un groupe d'activistes de l'utra-gauche qui s'apprêtait fin 2008 à se lancer dans des actions terroristes. Une «pathétique allégation», selon Julien Coupat, qui s'est longuement exprimé dans une interview publiée il y a deux jours dans Le Monde.

A Paris, le 28 avril, puis à Rouen, le 18 mai, quatre personnes considérées comme des proches des «neuf de Tarnac» ont été interpellées et longuement auditionnées dans le cadre de l'enquête. Elles ont été libérées sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elles. «La prolongation de ma détention est une petite vengeance», proclamait Julien Coupat dans son interview.

Le comité de soutien aux neuf mis en examen du dossier a indiqué dans un communiqué qu'en dépit d'une probable libération, «le sentiment qui domine, c'est toujours et encore la colère, pour l'incarcération de Julien et les autres, les arrestations en pleine rue, les gardes-à-vue de 96 heures».

«C'est ça qui est magnifique: on maintient envers et contre tout quelqu'un en détention pendant six mois et parce que soudain, sans aucune explication, on le libère, il faudrait que l'on soit content, que l'on remercie la justice d'être si juste et les juges d'être si cléments?» a demandé le comité, auto-baptisé Comité du 11 novembre, date des interpellations.

Leparisien.fr avec l'afp






28 mai:

Julien Coupat remis en liberté

paru sur www.france-info.com

Après plus de six mois de détention, Julien Coupat devrait sortir de la prison de la Santé dans l’après-midi. Le juge d’instruction a ordonné sa remise en liberté sous contrôle judiciaire, suivant donc les réquisitions du parquet de Paris.

L’histoire dure depuis le 15 novembre. Depuis que Julien Coupat a été incarcéré, pour son implication présumée dans le sabotage de lignes SNCF. Peu importe que, depuis, l’acte ait été revendiqué par des activistes allemands, opposants au nucléaire... Le sabotage était le fait de l’Ultragauche, ainsi que le martelait à l’époque la ministre de l’Intérieur.

Manifestement, la thèse s’est bien fissurée. A tel point que le parquet de Paris a requis hier soir la remise en liberté de Julien Coupat, chef présumé des saboteurs présumés. Le juge d’instruction Thiery Fragnoli a suivi cet avis au pied de la lettre. Julien Coupat sortira donc de prison dans l’après-midi, une fois les formalités de levée d’écrou réalisées.

Remise en liberté, soit, mais sous contrôle judiciaire : Coupat devra rester en Ile-de-France, rendre ses papiers d’identité et son passeport, ne surtout pas rencontrer les huit autres protagonistes de l’histoire. Et verser une caution, dont le montant reste à définir.

Sur le fond de l’histoire, cette remise en liberté ne change pas grand-chose : puisque chacun est présumé innocent, en droit français, la liberté est de mise, normalement...
Julien Coupat reste d’ailleurs mis en examen pour "destruction en réunion et direction d’une association de malfaiteurs", le tout "en relation avec une entreprise terroriste", des crimes passibles des assises.

Précisions de Franck Cognard (0'52")




Lui a toujours clamé son innocence, se disant victime d’un dossier monté de toutes pièces. Il était le dernier des neuf personnes arrêtées dans cette histoire a être toujours incarcéré.
Dans un entretien publié en début de semaine par le journal Le Monde, il décrivait la prolongation de sa détention comme "une petite vengeance".

Guillaume Gaven, avec agences








28 mai:

La chronique du jour de Didier Porte

sur france-inter

Dehors, les anarchos !

L'anarcho-autonome de l'ultra-gauche rurale Julien Coupat sortirait-il enfin de prison ? Didier Porte revient sur l'interview qu'il a accordée au Monde il y a quelques jours...











28 mai:

Reportage à l'«épicerie terroriste» de Tarnac: la libération de Coupat relance la bataille politique

Paru sur médiapart

Par David Dufresne

Ambiance à Tarnac, alors que la libération de Julien Coupat est attendue dans les prochaines heures. Ce n'est ni la joie ni la liesse qui dominent, mais la politique. On cherche à marquer sa différence. A ne pas être beau joueur. A ne rien céder, ni à la justice ni, peut-être, à soi-même. Et surtout pas au rouleau compresseur de l’agenda judiciaire. «Nous voulons affirmer le conflit», dit un proche de celui que la justice considère comme le chef des saboteurs de la SNCF. Reportage.


Intégralité de l'article: ici







28 mai:

EXTRAIT du 12/13 sur France3-Limousin avec "Msieur Bidault"










28 mai:

L'Insurrection qui vient sur de bons rails

Paru sur lexpress.fr

Par Jean-Michel de Marchi


Le livre, dont Julien Coupat dément être l'auteur, connaît un grand succès en librairie. Le battage médiatique autour de la probable libération du jeune homme, principal suspect dans l'affaire des sabotages de lignes TGV, devrait accentuer le phénomène.

"Malheureusement, je ne suis pas l'auteur de L'Insurrection qui vient [...] J'en suis, en revanche, un lecteur". Les dénégations de Julien Coupat dans son interview au Monde du 26 mai n'y changeront probablement rien: le pamphlet anonyme, sorti en mars 2007 dans l'indifférence générale, se vend aujourd'hui comme des petits pains. Selon nos informations, 40 000 exemplaires ont déjà été écoulés.

Le livre en question est pourtant des plus austères. Sur la forme, d'abord: une couverture unie, vert de gris, barré de son seul titre, du nom de la maison d'édition (La Fabrique) et d'un mystérieux "Comité invisible" en guise d'auteur. Sur le fond également: 128 pages de dénonciation du modèle capitaliste et de "conseils" pour une vie meilleure, dans un style emprunté, difficile d'accès. Des critiques littéraires le décrivent comme un livre nihiliste. Pourtant, il se vend bien, très bien, même...

"Jusqu'en novembre 2008, les ventes étaient assez faibles, puis elles ont brusquement augmenté, avec un pic en décembre", affirme-t-on à l'institut Ipsos, chargé de surveiller les ventes des librairies et magasins spécialisés. Aujourd'hui, il s'en écoulerait "environ 1300 par semaine", selon Xavier Milon, responsable des études à l'institut Tite-Live, qui dresse le classement des meilleures ventes de livres pour L'Express.

Le petit opus des éditions La Fabrique connaît son heure de gloire en novembre 2008, quand les policiers chargés de l'enquête sur les sabotages de lignes SNCF en attribuent la paternité à Julien Coupat, leur principal suspect. A l'origine destiné aux initiés, L'Insurrection qui vient se retrouve ainsi sous les feux des projecteurs. Les accusations de propagande pour l'ultra-gauche et d'incitation au terrorisme attisent la curiosité des médias, puis celle des lecteurs.

"On le vend énormément, confie un employé de la librairie Compagnie, à proximité de La Sorbonne, à Paris. Jusqu'à cinq ou six par jour au plus fort de la médiatisation à la télé. Maintenant, c'est une dizaine par semaine." Dans ce quartier historique de la contestation politique, "les livres d'extrême-gauche se vendent bien, poursuit Guillaume, son collègue. Les gens qui nous demandent ce bouquin-là suivent l'actualité politique." Quelques instants plus tard, Julien, 24 ans, étudiant à l'université Paris IV, sort, son exemplaire sous le bras: "On en entend tellement parler dans les médias que je voulais me faire un avis. Je ne suis pas d'extrême gauche, mais sept euros c'est pas très cher, alors pourquoi pas..."

Rangé le plus souvent dans les rayons "Politique" ou "Sciences humaines", parfois présenté sur les tables ou en "facing" (de face sur les étagères d'un rayon), L'Insurrection qui vient n'est en revanche jamais exposé en vitrine. Pas assez grand public. La clientèle? Plutôt de gauche, bien sûr. "Il y a quelques mois, je travaillais à la Librairie des sciences politiques du VIIe arrondissement, le livre y était très demandé", explique Céline, une libraire parisienne. Employée actuellement à la Librairie de l'école militaire, où la clientèle est plus âgée et plus conservatrice, elle voit la différence: "Nous n'en avons pas un seul en stock et personne ne nous le réclame".

Autre spécificité, révélatrice: le livre se vend principalement dans les librairies, très peu dans les grandes enseignes. "Cela représente 90% des 40 000 exemplaires vendus, explique Xavier Milon, contre seulement 10% dans les hypermarchés et les grandes chaînes de distribution", de type Fnac ou Virgin, davantage dédiés au grand public.

Ce succès est un vrai jackpot pour La Fabrique, petite maison d'édition spécialisée dans les livres contestataires. Eric Hazan, son gérant, dément timidement les chiffres avancés. "Plutôt 25 000", contredit-il, du bout des lèvres. L'Insurrection qui vient est aujourd'hui le best seller de son catalogue, d'environ 70 titres. "Un succès qu'on doit à l'acharnement de Michèle Alliot-Marie, des policiers et du Procureur Marin [le Procureur de de la République de Paris, ndlr]", s'amuse l'éditeur. L'ouvrage, déjà réimprimé à quatre reprises, "correspond à une attente inconsciente du public, conclut-il. La colère présente dans ce livre est partagée par beaucoup de gens."








28 mai:

Julien Coupat : six mois pour rien ? Oh que non !

Paru sur Rue89

Par Par Serge Quadruppani


A l'heure où j'écris ceci, l'avocate de Julien Coupat attend toujours confirmation de sa libération. Cette libération annoncée achève de rendre ridicule aux yeux de tous l'opération de communication montée par le ministère de l'Intérieur avec l'aide de magistrats complaisants et de superpoliciers en quête de justifications à leurs lignes de crédits.

Pour l'heure, sur le terrain judiciaire, la victoire est loin d'être complète. Pour vaines qu'elles soient dans leur tentative de rupture des liens, d'individualisation des défenses (interdictions de communiquer entre eux) et d'infantilisation (des trentenaires assignés à résidence chez leur parent), les mesures qui frapperaient l'intéressé ont encore le goût de ce qui se mange froid.

Le scepticisme médiatique généralisé devant le discours gouvernemental

La machine judiciaire étant fort mal équipée pour la marche arrière, un éventuel procès pourrait se conclure sur un de ces verdicts mi-chèvre mi-chou, du type « peine couvrant la détention », qui permettrait à la fine équipe Alliot-Marie-Bauer-Squarcini de ne pas perdre la face. Il y a encore des batailles à mener, pour l'abandon de la qualification « terroriste » d'abord, pour l'abandon pur et simple des poursuites ensuite.

Mais à cette étape, on peut déjà faire quelques remarques pour contribuer à un premier bilan de cette affaire.
Sur le rôle des médias d'abord. A chaque fois que les autorités étatiques annoncent de vastes entreprises de répression, qu'il s'agisse d'opérations coups de poing en banlieue ou Taïga en Corrèze, ces déploiements de cagoulés avec leurs journalistes intégrés prompts à dénicher les trafiquants dans les cages d'escalier et autres « épiceries tapies dans l'ombre », le fonctionnement des médias dominants est toujours le même : c'est radio-poulaga, la parole univoque des autorités.

Après, comme on est, paraît-il, en démocratie, les faiblesses du dossier apparaissant, il est toujours tant de laisser place à l'esprit critique. Le temps passant, les libre opinions et les mobilisations se multipliant, l'affaire de Tarnac a constitué un cas assez rare de scepticisme médiatique généralisé devant le discours gouvernemental.

A l'exception de quelques organes qui se sont fait l'écho des faibles contre-attaques médiatiques de l'Intérieur (comme la soudaine et opportune apparition d'une liste de courses au Canada, et autres plaisanteries involontaires du Point), l'affaire de Tarnac a surtout servi de support à la verve des humoristes. Ayant été le premier, je le dis sans excessive modestie, à signaler dans un média national (ici-même) le caractère bouffon de l'affaire, je me permettrai de faire remarquer aux travailleurs médiatique qu'il existe bien d'autres dossiers semblables, par exemple celui de la fusillade de Villers-le-Bel, où les inculpés auraient aussi besoin de leur esprit critique renouvelé.

On peut quand même s'interroger sur cette tendance récurrente de ce qui se prétend « le quatrième pouvoir » à se faire porte-parole de l'Intérieur. Directement dépendantes de cette oligarchie financière dont Sarkozy est le fondé de pouvoir, les directions des grands journaux sont tout naturellement portées à relayer la parole du gouvernement ou celle de ses opposants institutionnels.

Un renouveau de l'esprit de rébellion ?

Mais les journalistes de base, ceux qui, de piges en CDI, connaissent une précarité qui les rapproche plus de la plèbe que de l'hyperbourgeoisie mondiale en train de détruire la planète, ces gens-là, pourquoi s'obstinent-ils à servir la seconde (et ses prétoriens) aux dépens de la première ? Un terrible soupçon nous saisit : serait-ce que la proximité avec la gent policière est indispensable au maintien de leur gagne-pain ? Plus de tuyaux, plus de boulot ? Si c'était ça, quel triste aveu !

Après ces premières observations, il faudra passer à l'essentiel : constater que dans cette affaire comme dans tant d'autres secteurs (des sans-papiers à l'éducation, du gaz aux entreprises cassées, et notre très chère Guadeloupe), l'esprit de rébellion a connu un renouveau qui pourait produire de l'imprévu dans les années à venir. L'idée du communisme est débattue à nouveau (même si elle est encore, pour certains philosophes, fâcheusement associée au serial-killer Mao).

A travers la belle insurrection pacifique des comités de soutien, à travers les échanges sur Internet et dans les bistrots, les manifs et les assemblées, une intelligence collective est en train de naître, qui ne s'en laisse plus compter. Des tâches immenses l'attendent, comme de comprendre comment les mouvements sociaux pourraient se fédérer en dehors des institutions syndicales et partitaires qui ne visent au final qu'à maintenir l'existant.

Cher Julien, comme le montre ton interview, tu sembles doté d'une nature et d'un style (dans la vie comme dans l'écriture) qui t'ont permis d'affronter ces six mois de détention sans dégâts. Ces six mois d'incarcération arbitraire n'ont pas été perdus, pour nous tous. Mais enfin, je ne doute pas que ta sortie puisse être une bonne nouvelle pour toi, comme elle l'est pour nous. Bienvenue à l'air libre, Julien, tu vas pouvoir nous aider à critiquer sérieusement l'Insurrection qui vient.







28 mai:

Coupat et les portes du pénitencier...

paru sur www.lemonde.fr









28 mai:

Julien Coupat est sorti de prison

Paru sur lemonde.fr avec AFP et Reuters



Julien Coupat, présenté comme le cerveau d'un groupe soupçonné de sabotages de lignes de trains à grande vitesse (TGV) fin 2008, est sorti jeudi 28 mai en fin d'après-midi de la prison de la Santé à Paris, où il était détenu depuis plus de six mois, selon une source proche du dossier.

Une Peugeot bleue break, conduite par une femme seule, est entrée dans la maison d'arrêt et en est ressortie par une issue située à l'arrière avec Julien Coupat dissimulé à l'intérieur, a par ailleurs constaté un journaliste de l'AFP. Peu après, une dizaine de partisans de Julien Coupat ont fait diversion en ouvrant des parapluies devant l'entrée principale pendant une vingtaine de minutes.

L'ordonnance de remise en liberté rendue par le juge d'instruction Thierry Fragnoli soumet la libération de Julien Coupat au versement d'une caution de 16 000 euros et impose qu'il demeure chez lui, à Montreuil, ou chez ses parents à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), a-t-on précisé au parquet de Paris. Le contrôle judiciaire lui interdit en outre de sortir d'Ile-de-France et lui impose d'aller pointer une fois par semaine au commissariat de Montreuil.

"FIASCO"

Le PS a salué cette sortie de prison, déclarant dans un communiqué que c'était "une très bonne nouvelle pour Julien Coupat, pour ses proches et pour le droit". Nicole Borvo Cohen-Seat, présidente du groupe communiste du Sénat, estime que l'affaire tourne au "fiasco".

Le député PS Arnaud Montebourg a quant à lui demandé la démission du ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, pour avoir "infligé sept mois de prison à un innocent". "Sept mois de prison infligés à un innocent pour faire monter une sauce politicienne au goût infect, dans n'importe quel pays démocratique, cela vaut une démission", a-t-il déclaré.

"INSTRUMENTALISATION"

Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a critiqué la façon dont, selon lui, des personnalités de gauche "instrumentalisent" cette libération. "Instrumentaliser ce qui n'est donc qu'une étape de l'instruction pour faire croire à l'innocence de Coupat est totalement irresponsable, d'autant que cela n'est fait qu'à des fins électoralistes", déclare le député dans un communiqué.

Julien Coupat reste mis en examen pour "destruction en réunion et direction d'une association de malfaiteurs", le tout "en relation avec une entreprise terroriste", des crimes passibles des assises. Juridiquement, sa remise en liberté n'est pas un aveu de faiblesse de l'accusation, puisque la liberté est en théorie la règle dans le droit français, en raison du principe de la présomption d'innocence.

En pratique cependant, la remise en liberté de tous les membres de ce qui est suspecté être un groupuscule violent n'est quasiment jamais prononcée avant le procès.







28 mai:

Mais où est donc passé Julien Coupat ?

Paru sur Rue89

Par Hélène Decommer


Une journée d'attente devant la prison de la Santé et pas moyen de savoir où est passé Julien Coupat. Le jeune homme devait être libéré aujourd'hui, après cinq demandes de remise en liberté.

Dès 10 heures ce matin, une vingtaine de journalistes était postée en face la porte principale. La troupe grossira au fil de la journée.

Sur le trottoir opposé, une partie des membres du comité de soutien, certains camouflés par des bérets ou des lunettes de soleil.

A 17 heures, tout le monde s'agite. Les membres du comité de soutien avancent une voiture devant la petite porte de sortie. Ils sortent des parapluies pour masquer la sortie tant attendue de l'ex-détennu. La meute de journalistes s'aglutine autour, dégaine caméras et micros.

Dix bonnes minutes d'attente, serrés les uns aux autres, à faire des efforts de contorsion, puis surprise : les membres du comité rangent les parapluies, s'écartent de la porte, chuchottent entre eux, puis s'en vont en voiture.

Une rumeur enfle : Julien Coupat serait sorti pendant ce temps par la porte de derrière, à 17 h 10. Un break bleu marine immatriculé 92 est entré dans l'enceinte de la prison, pour en ressortir quelques minutes plus tard. Julien Coupat serait monté dans le coffre, pour filer à l'anglaise. Les équipes de journalistes postés à l'arrière de la prison ne l'ont en effet pas vu dans ce véhicule, ni dans un autre.





Certains sites annoncent sa libération, sans citer de source précise. Reuters parle de « sources policières ».

Le père de Julien Coupat, Gérard Coupat, joint par téléphone à 18 h 07 n'est sûr de rien :

« Des journalistes m'ont dit qu'il était sorti à 17 h 15, mais je n'ai pas de nouvelles de lui. Je ne sais pas où il est et ne lui ai pas parlé au téléphone. »

A 18 h 30, impossible donc d'affirmer avec certitude que Julien Coupat est sorti de la prison de la santé…








28 mai:

Coupat: la sortie invisible





Un commentaire laissé sous cette vidéo par UNDO CRINO :

Un giga spécial fuck, au gros beauf qui critique la conduite et la manière de "tirer sur l'embrayage"...
du chauffeur du break bleu.
HAHAHAHAHAHAHA, le nazzz!!!!
il était là bas pour faire quoi ??
la chronique auto moto de la santé ???

MERCI À TOUS CEUX À QUI ONT CONTRIBUÉS
À JOUER CE TOUR AUX VAUTOURS !!! ^^







28 mai:

MAM est dans le grand journal de Canal+



EXTRAIT AUDIO:












29 mai:

Didier Porte a vu le "grand journal" de la veille


EXTRAIT



Didier Porte cite Ch. Salmon (auteur de storytelling) sur inter le 27 mai :


extrait:








29 mai:

Besancenot n'est donc pas muet


Besancenot est interrogé sur la libération de Coupat ... on voit son embarras sur une affaire qui ne l'a pas trop rendu aphone à force de protester depuis le 11 novembre je crois ? ...mais aujourd'hui il se prononce sur le fait qu'il doit être disculper ...waaaa merci Olive, comme on dit mieux vaut tard que jamais et je suis sûr que t'avais prévu d'en parler dans le cadre de ta campagne 2012.












29 mai:

Fillon déraille...

"FiFi" déraille sur Europe1. Car il ne s'agit en effet même pas de retard de TGV pour le prétendu sabotage de Dhuissy (attribué à Coupat par la SDAT) puisque aucun train ne s'est arrêté ce matin là sur cette ligne et il le sait très bien en plus... •VERIFIEZ: http://ultrahumandignity.blogspot.com/2009/05/une-enquete-tgv.html










30 mai:


Le camp Coupat soigne son droit


paru sur www.liberation.fr par GAËL COGNÉ

Jean-Claude Marin, le procureur de la République de Paris, est furieux. La sortie hypermédiatisée de Julien Coupat de la prison de la Santé ferait passer pour blanc comme neige le principal suspect de l’affaire de Tarnac. Dans un communiqué diffusé vendredi, il rappelle que «M. Julien Coupat demeure mis en examen [notamment pour le chef] de direction ou organisation d’un groupement formé en vue de la préparation d’un acte de terrorisme». Selon lui, «cette mise en examen repose sur des charges significatives». Quelques heures plus tard, Coupat réplique en faisant appel de son contrôle judiciaire, qui l’oblige à se tenir entre Montreuil (Seine-Saint-Denis) et Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), à payer 16 000 euros de caution et qui l’empêche de voir sa compagne, Yildune Lévy.

La bataille médiatique continue avec un net avantage pour Coupat et ses soutiens. Une bataille qui en masque une autre. Celle qui se joue dans les galeries du Palais de justice entre le juge d’instruction Thierry Fragnoli et le parquet d’un côté, les avocats de l’autre. Ils s’opposent sur la qualification de l’affaire en terrorisme.

Incompétence. Le 2 avril, les avocats ont ouvert les hostilités. Après la révélation du contenu du dossier d’instruction (et de sa minceur), les avocats des mis en examen ont convoqué une conférence de presse. Objet : annoncer une requête en déclaration d’incompétence à l’intention du juge. En d’autres termes, demander au juge antiterroriste de se dessaisir de l’affaire pour qu’elletombe dans le droit commun.

Le 6 mai, par une ordonnance, le juge a répondu. Pas de raison de lâcher le dossier. C’est une affaire de terrorisme qui relève de sa compétence.

Pour demander la requalification, Mes William Bourdon et Irène Terrel se sont attaqués à «l’infraction d’association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste», à «l’infraction de direction ou organisation» de cette association de malfaiteur (qui vise Coupat), et à «la notion de terrorisme».

Ils se sont appuyés sur des textes de l’ONU qui, selon eux, «doivent primer sur le droit national», affirmant qu’il y a terrorisme lorsque les actes sont «de nature à porter atteinte à l’intégrité physique d’autrui». Or, les sabotages de trains ne pouvaient en aucun cas tuer.

Côté parquet, on a répliqué en se fondant sur le droit français, dans lequel «destructions, dégradations et détériorations», justifient des mises en examen dans un cadre antiterroriste, «non sur la notion de terreur, mais sur celle de l’intimidation».

Une position que reprend à son compte Thierry Fragnoli, invité à trancher. Pour lui, la définition du terrorisme de l’ONU n’en est pas une. Reste «l’intimidation» avancée par le parquet. Il retient une définition d’un texte européen qui explique que le terrorisme «vise à intimider gravement une population, ou à contraindre indûment un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, ou à gravement déstabiliser ou détruire les structures fondamentales politiques, constitutionnelles, économiques ou sociales d’un pays ou d’une organisation internationale».
En résumé, pas besoin de tuer pour être un terroriste.


Jurisprudence. Leur requête rejetée, les avocats indiquent avoir formé un appel qui sera examiné par la chambre de l’instruction. Pour Me Bourdon, s’il y avait une jurisprudence «Coupat-Lévy», cela serait «ouvrir une boîte de Pandore toxique pour l’Etat de droit». Me Terrel complète : «On relie des actes entre eux, comme une espèce de petite mosaïque. Quelques bouts de fers sur une caténaire finissent par devenir des dégradations dans une entreprise terroriste. Demain, un simple tag pourrait devenir du terrorisme.»








30 mai:

Presse en crise et presse de crise

Chronique de Pierre Marcelle du 29 mai 09 paru dans Libération

(...)
Au centre du truc, Coupat

Mais ne soyons pas injustes avec M. Noblecourt, et constatons que les syndicats ne sont pas seuls responsables de notre «déprime» ; certain parti politique, s’affublant du beau nom de socialiste, en prend volontiers sa part. En pleine campagne pour les élections européennes, l’occasion semblait assez bonne, pourtant, d’en finir avec les fantaisies qui se débitent à longueurs d’ondes et de colonnes, à propos de sortie de crise. Quelque expert ou quelque ministre, quelque Minc ou quelque Lagarde, lança un jour que, juré-craché, début 2010, les affaires repartiraient comme en 14, sans que bronchent le PS passif, ni la presse servile, ni l’opinion enfumée.

Ainsi tronçonnée en ses divers aspects financier, monétaire et social, l’hydre de «la crise», malgré 639 000 chômeurs supplémentaires promis en 2009, se découvre soudain sous contrôle. Assez, du moins, pour que la question politique de la légitimité de l’exécutif ne se pose qu’en termes diplomatiquement ronronnants.

C’est sans doute la raison pourquoi nul, là-haut, ne broncha devant ce formidable déni de justice et de démocratie que symboliquement incarna la personne enfermée, durant cent quarante-sept jours, de Julien Coupat, dont la libération «sous contrôle judiciaire strict»attendue hier, sonnait comme un terrible aveu d’arbitraire judiciaire et policier. Mais n’est-ce pas ce même Coupat qui avait lundi, dans un entretien remarqué au Monde dont c’était décidément le jour, évoqué ces «bureaucraties syndicales» et partisanes, autrement armées pour ébranler la Sarkozie, que ses camarades «qui se font de la vie une idée moins squelettique» ?

Nous en sommes là : durant bientôt sept mois que le Prince et ses aboyeuses Alliot-Marie et Dati ont rétabli les lettres de cachet, ce qui fait fonction d’opposition a regardé ailleurs et, par son silence complice, entériné la chape de plomb et les bruits de botte, les chiens policiers fouaillant les cartables écoliers, les gamins de 6 ou 10 ans reclus aux commissariats, et le délit de lecture.


(...)

Retrouvez cette chronique en intégralité ici















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