mardi 3 février 2009

L'affaire de Tarnac : Evènements et revue de presse-Chronologie - FEVRIER 2009








dernière mise à jour: 06/02/2011







Suite de la chronologie janv 2009.



Nous poursuivons cette rubrique alors que Julien Coupat est le dernier a être encore incarcéré parmis les 9 interpellés de l'affaire dite de "Tarnac".

Cette page sera remis à jour le plus souvent possible :

Ici, nous n'attendons pas naïvement qu'émerge magiquement de ces longues listes d' évènements, articles, témoignages, documents etc... une ANALYSE fine et objective.

Peu embarrassés d'illusions en ce qui concerne le soi disant bien fondé des régimes liberticides d'exception, et sans prétendre pouvoir tout retenir, nous espérons plutôt que cet archivage sera peut être utile à ceux qui voudraient, comme nous, ne rien oublier de cette affaire.

Les lecteurs qui désirent proposer, participer, corriger, améliorer...
peuvent nous contacter : ultra.humandignity@gmail.com







décembre-janvier-février:

EXTRAIT - IPNS : Institution Policiére Néo Sarkozienne
(les initiales d'IPNS sont déclinées différemment pour chaque numéro )

L'édito (page 1&2) de l'exemplaire de décembre n°25,
du journal d'information et de débat du plateau des milles vaches ( trimestriel):

http://www.journal-ipns.org/






Il manque une ligne en bas de la page 2 sur ce pdf ,
la voici :
http://www.soutien11novembre.org/






janvier-février:

Le magazine bimensuel LE TIGRE
propose dans son numéro de janvier-février :


"UNE TENTATIVE DE REORGANISATION CHRONOLOGIQUE DE L'AFFAIRE DITE DE TARNAC"



Vu sur le forum des insoumis.




janvier-février:


POLITIS n° 1037- semaine du 29 janvier au 4 février :
"De Tarnac aux quartiers populaires - L'ENNEMI INTERIEUR"


Voir le dossier : TOUT-SECURITAIRE page 18 à 21 dans l'exemplaire ci dessous









février :

"L'ORDRE NE REGNERA PAS SUR LE PLATEAU DES MILLES VACHES"


paru dans S!LENCE du mois de février par Michel Lulek (pp.34-35) qui propose une mise en perspective locale et historique de l'arnaque de Tarnac, un point de vue intéressant qui change des journaleux parisiens.
Déniché par un généreux lecteur. Merci ! ;)








1er février :

La MAM'if du 31/01/09 à Paris
paru sur ce blog

des photos,vidéos,différents comptes-rendus,dépêche AFP,tract...





1er février :

"Communiqué suite à la manifestation du 31/01/09"
paru sur www.soutien11novembre.org

La manifestation qui a eu lieu hier en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme a réuni environ 3000 personnes, qui ont défilé à Paris, de Luxembourg à la prison de la Santé. Un dispositif policier démesuré jusqu’au ridicule a bloqué les manifestants, les empêchant de s’approcher de la prison où est incarcéré, entre autres, Julien. Cette provocation n’a pas empêché les manifestants de tirer toutes sortes de feux d’artifice, dont un certain nombre a atterri directement sur le dispositif policier, et dont les explosions ont été entendues depuis l’intérieur de la prison, où il a régné, à ce moment-là, une euphorie rageuse.

La manifestation s’est ensuite repliée vers la place Denfert-Rochereau, où elle a été encerclée par la police, qui s’est livré à des arrestations arbitraires, visant spécialement certains membres des comités de soutien - qui sont encore actuellement gardés à vue. D’autres arrestations ont eu lieu peu après devant le centre de rétention de Vincennes, où une partie des manifestants s’était regroupée en soutien aux inculpés de l’incendie du centre - tous ont été libérés depuis.

Cette manifestation était bien surprenante, par sa composition, très disparate à tous points de vue, et par la joie un peu tendue, et prometteuse, qui l’habitait. Il y avait là un certain chaos dans l’ordre des banderoles, des ralentissements, et des accoutrements, loin de ces kermesses bien rangées sur lesquelles chacun à l’habitude de se greffer. Ceux qui déjà avaient participé aux manifestations du 29 janvier ont pu constater que là même où l’on attendait spécialement d’ennuyeux cortèges, quelque chose d’autre se devinait. Hier, comme lors des diverses discussions qui ont émaillé la semaine de soutien, revenaient sans cesse une question : "et après ?", et un désir : celui de constituer une force. C’est en se liant à ce mouvement qui naît, aux initiatives locales, à la révolte montante, que les comités de soutien pourront gagner en puissance. Et obtenir la libération de tous les inculpés, et la levée des poursuites.

le 1er février 2009.





1er février :


"Liberez Julien":plus de flics que de manifestants


paru sur nouvelobs.com

De dangereux terroristes les manifestants, anonymes et élus compris, en faveur de la remise en liberté de Julien Coupat? A Paris, samedi dernier, en milieu de matinée, des forces de l’ordre, en nombre considérable, ont été déployées dans le quartier de la prison de la Santé où reste incarcéré Julien Coupat, l’un des quinze saboteurs présumés d’une ligne SNCF. Bien que les manifestants, qui n’étaient que 1200 selon la police (3500 selon les organisateurs: une cinquantaine de comités de soutien à Julien Coupat), ne devaient se retrouver qu’à 15 heures, boulevard Arago, dans le 14ème arrondissement, il n’était, dès treize heures, plus possible de prendre un autobus passant par les avenues ceinturant la place Denfert-Rochereau. A la même heure, toute une partie des 13ème et 14ème arrondissements était bloqués. Dans le 5ème, de la rue Claude Bernard au boulevard de Port-Royal, situé pourtant à une station de RER de Denfert-Rochereau, la totalité des voies, hormis un temps les rues Saint-Jacques et Berthollet, étaient barrées. Dans la petite rue en sens unique Pierre Nicole, parallèle au boulevard Saint- Michel, stationnait une quinzaine de cars de CRS, empêchant ainsi les riverains de prendre leur voiture alors que les bus ne pouvaient circuler. Du jamais vu dans le quartier, même en jour de « Gay pride » ! Ceux qui étaient quand même parvenus à sortir avec leur véhicule de cette nasse policière ont mis plus d’une heure en fin d’après -midi pour parcourir quelques centaines de mètres dans la rue Saint-Jacques. Un samedi gâché pour bon nombre de touristes et de parisiens. Le gouvernement chercherait à étouffer toute contestation politique, même de si minuscule envergure, qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
SV





2 février :

suites de la manif sabotons l’antiterrorisme
paru sur www.soutien11novembre.org
Une personne est passée en comparution immédiate aujourd’hui pour la manif de samedi. il était accusé d’avoir jeté une bouteille. le procureur a requis une peine de sursis et des travaux d’intérêt général à priori il a donc été libéré ce soir (toutefois nous n’avons pas pu rester jusqu’au délibéré). en revanche 4 autres personnes ont été déférées en fin d’après-midi elles sont donc susceptibles de passer demain en comparution immédiate.





2 février :

Tarnac ou l'antiterrorisme à grand spectacle paru sur Le Monde

Plus de deux mois après l'opération à grand spectacle menée par la police dite "antiterroriste" sur le plateau de Millevaches, que reste-t-il du battage orchestré par les autorités gouvernementales ?

On avait annoncé le démantèlement d'un dangereux réseau de terroristes de l'ultragauche, baptisés "anarcho-autonomes", dont les actes de sabotage mettaient en danger des milliers de vies. Des centaines de policiers avaient investi, à l'aube du 11 novembre, le paisible village de Tarnac en Corrèze, pour y arrêter un groupe de jeunes gens qui, on l'a appris peu à peu au gré de fuites distillées, avaient pour premier tort de ne pas bien penser et de ne pas vivre comme tout le monde : lisant des livres jugés subversifs, menant une vie qualifiée par le parquet de "dissolue", n'ayant pas - circonstance aggravante - de téléphone portable, et donc plus difficiles à écouter à leur insu, ces dangereux révoltés ont été présentés comme les auteurs de dégradations récurrentes du réseau de caténaires alimentant les trains en électricité. Ils étaient, en réalité, si "clandestins" qu'ils géraient l'épicerie du village et étaient appréciés de tout le voisinage...

Au nom de lois d'exception qui depuis vingt-trois ans sacrifient le respect de l'Etat de droit à la gesticulation antiterroriste, on a mené une sorte d'opération de commando militaire ; on a violé la présomption d'innocence et le secret de l'instruction en ne communiquant à la presse que des éléments à charge et souvent déformés, dont certains, de surcroît, n'étaient même pas communiqués aux avocats des personnes interpellées ; on a qualifié d'actes terroristes des actes qui, s'ils ont retardé des trains et causé un préjudice à la SNCF, n'ont menacé la vie de personne. On a soumis ces jeunes gens à une garde à vue de 96 heures, on les a mis au secret et traités comme des détenus à très haut risque.

Heureusement, la justice a peu à peu contribué à décrédibiliser la dramatisation politico-policière. Au bout de quelques semaines, du réseau terrifiant annoncé (déjà réduit à cinq mises en examen), il n'est resté qu'une personne en détention provisoire. Yldune Lévy, malgré l'acharnement d'un parquet tenu de près, a été à son tour libérée. Mais Julien Coupat, présenté comme le "chef" de ces "anarchos-autonomes" (au nom d'une conception assez hiérarchisée de l'anarchie...) reste derrière les barreaux, sans doute pour tenter de masquer l'inanité de la thèse ministérielle initiale. Ce qui ne relève en rien des motifs de recours à la détention provisoire tels que les énonce le code de procédure pénale.

Plus les jours passent, et plus cette affaire évoque, non pas la lutte, évidemment nécessaire, contre le terrorisme, mais la volonté de faire admettre une extension insoutenable du champ de cette notion. Le "terrorisme" ne peut se définir sérieusement que comme le fait de chercher à terroriser les populations civiles par des actes de violence dirigés contre les personnes. Si les dégradations des caténaires doivent sans aucun doute faire l'objet de poursuites, rien ne justifie une assimilation qui étend potentiellement à l'infini le champ de lois d'exception déjà détestables dans leur principe. Et ni un mode de vie atypique ni des opinions minoritaires ne font de ces jeunes gens des délinquants.

La mise en scène de Tarnac n'est que l'aboutissement d'une stratégie de communication définie dans une circulaire ministérielle de juin 2008 lançant la chasse aux fantomatiques "anarchos-autonomes". Comment expliquer autrement la communication illégale et très sélective à des journalistes de pièces du dossier classées "secret défense", ainsi que l'argument sidérant selon lequel la participation à une manifestation parfaitement légale à Vichy contre la politique de l'immigration constituerait un indice de culpabilité de l'une des personnes arrêtées ?

On voit comment une procédure d'exception, mise au service de postures politiciennes, débouche sur la violation de principes fondamentaux de l'Etat de droit : la disproportion évidente entre les moyens mis en oeuvre et la situation réelle sur le terrain reflète la distorsion délibérée de la qualification d'acte terroriste ; la méconnaissance des limitations légales du recours à la détention provisoire ne sert qu'à tenter de justifier la dramatisation initiale de la présentation ministérielle de l'opération.

La violation massive de la présomption d'innocence ne vise de même qu'à persuader l'opinion de l'importance et de la gravité prétendues de l'affaire. Justice et politique ne font pas bon ménage ; lois d'exception et respect des droits non plus. Les habitants de Tarnac et des alentours en ont fait une expérience qu'ils ne sont pas près d'oublier. Tôt ou tard, la gestion invraisemblable de cette affaire politico-judiciaire devra revenir au traitement raisonnable de ses proportions réelles. Le plus tôt, non seulement pour Julien Coupat et pour les autres personnes visées, mais aussi pour nos libertés à tous, sera le mieux.

Co-signé par :

Anne-Cécile Antoni, présidente de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) ;
Martine Billard, députée de Paris ;
Jean-Louis Borie, président du Syndicat des avocats de France ;
Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice de Paris ;
Bernadette Bourzai, sénatrice de Corrèze ;
Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis ;
Daniel Cohn-Bendit, député européen ;
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme ;
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;
Noël Mamère, député de Gironde ;
Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature ;
Jack Ralite, sénateur de Seine-Saint-Denis ;
Martine Roure, députée européenne, vice-présidente du Parlement européen.




2 février :

ALAIN BAUER NOMMÉ AU CNAM PAR DÉCRET SARKOZYSTE

paru sur Libertés Internet

Sacré Alain !!! Pas de droite, pas de gauche ! Mais jamais bien loin de l’assiette au beurre… mais il fallait bien récompenser celui qui - en bon néo-con - a fabriqué la “menace de l’ultragauche” qui va permettre de renforcer encore le flicage et d’emprisonner tous les gêneurs au nom de la législation “anti-terroriste”

Lire l'article ici




2 février :

Manifestation de soutien à Coupat: neuf des 15 interpellés remis en liberté

paru sur nouvelobs.com
Quatre personnes ont été présentées lundi après-midi au parquet de Paris après les violences commises contre des policiers samedi lors de la manifestation de soutien à Julien Coupat, présenté comme le chef d'une cellule soupçonnée de sabotages de caténaires SNCF, et aux autres personnes mises en examen dans ce dossier, a-t-on appris de source policière.

Deux autres personnes devaient comparaître lundi et courant mars pour "outrage, rébellion, port d'arme, et violences volontaires sur agent de la force publique".

Les neuf autres personnes interpellées lors de la manifestation ont été libérées.

Parmi les personnes présentées au parquet de Paris, figurent deux hommes et une femme âgés d'une vingtaine d'années et qui appartiendraient à la mouvance anarchiste. Ils sont soupçonnés d'avoir tiré des fusées de détresse sur des forces de l'ordre et de leur avoir jeté des projectiles. Huit policiers avaient été blessés lors des échauffourées samedi et l'un d'eux, touché aux jambes, a été hospitalisé.

Un quatrième suspect lui a été interpellé avec un couteau et devrait répondre de "port d'arme prohibé et d'outrage et rébellion".

Un millier de personnes s'était retrouvé samedi en début d'après-midi entre la place Edmond Rostand et la place Denfert-Rochereau pour dénoncer l'incarcération de Julien Coupat et la mise en examen de ses complices supposés, soupçonnés d'avoir saboté les caténaires des lignes TGV de la SNCF. Le cortège était passé à côté de la prison de la Santé où le chef présumé de cette "cellule invisible" est détenu. Les incidents avaient débuté peu après. AP





3 février :

Didier Porte
dans sa chronique sur Inter face à Pujadas,
lui fait remarquer que la rédaction de france2 "ne fait pas le job"!

Extrait:


Morceaux choisis :

(...) ce qui me choque en revanche, David Pujadas , c'est de constater que Julien Coupat est en prison depuis 4 mois accusé d'acte de terrorisme et que vous, à la rédaction de France 2, ça vous laisse totalement de marbre...alors que sur la questions des libertés publiques vous devriez être en première ligne !

Le problème c'est que dès que le ministère de l'intérieur agite le chiffon rouge du terrorisme tout le monde cavale aux abris !

Quand je vois ça Mr Pujadas, je me dis que la rédaction de france 2
" ne fait pas le job" comme on dit en verlan sarkosien (...)

(...) alors merci de faire votre boulot dorénavant, étant entendu que la défense des citoyens contre les abus de pouvoir d'un éxecutif , clairement enclin à l'autoritarisme, en fait partie ... à demain !


Vous pouvez retrouver cette chronique dans son intégralité sur le podcast radio-france






4 février :

suites de la manif sabotons l’antiterrorisme
paru sur www.soutien11novembre.org
Le 31, alors que la manifestation se dispersait, les flics ont procédé à des arrestations arbitraires. Il est désormais courant (et cela s’est vérifié le 24, mais aussi le 29 à la suite de la grande manifestation syndicale) que la police arrête plus ou moins au hasard des manifestants (ou de simples passants) à la fin des manifs. Histoire de faire du chiffre. De gagner quelques dommages à intérêt ( grâce aux accusations d’outrage et rebellion). Et, dans le cas du 31 janvier, de justifier les 1250 flics déployés, et leur canon à eau.

- 3 personnes accusées par les flics d’avoir lancé des projectiles sont mises en examen, elles ont été libérées sous contrôle judiciaire et ça dépend désormais du juge d’instruction
- le jeune homme agréssé par les flics dans le rer passait hier en comp. immédiate, il a demandé un délais, il doit être jugé le 3 mars à la 23ème chambre
- le pik-nikeur de la place denfert (arrêté avec son sauciflard et un couteau laguiole, il est inculpé de port d’arme prohibé... si, si !) doit etre jugé le 23 mars à la 29ème chambre à 9h

par ailleurs pour la manif du 24 :
- 7 pesonnes passent devant la 23ème le 2 mars
- 6 personnes le 2 mai et 1 personne est mise en examen pour dégradation (il a oreille blessée, tympan percé, 9 jours d’ITT... c’est p’tet la raison de ce traitement différencié...)

les heures passées au palais de justice ne sont pas folichonnes (meme si tjrs édifiantes sur la justice de merde, de classe, raciste et arbitraire à l’oeuvre dans ce pays) la solidarité est donc précieuse





5 février :

Sale temps pour les amis de Tarnac
PAR Christine Tréguier, sur politis.fr
Manifester pour les inculpés de Tarnac comporte des risques. Retour sur trois inculpations express après une manifestation de soutien à Julien Coupat.



Samedi 31 janvier, trois jeunes sympathisants des « inculpés de Tarnac » ont été interpellés à l’issue de la manifestation parisienne de soutien à Julien Coupat et aux victimes de l’anti-terrorisme. Détenu depuis presque trois mois, Julien Coupat a vu sa demande de mise en liberté refusée une nouvelle fois. Le cortège a rassemblé environ 3000 personnes dans une ambiance « familiale », selon une manifestante. D’autres l’ont qualifiée de « lourde » et « silencieuse », à cause peut-être de l’énormité du dispositif policier déployé. A Denfert-Rochereau, terminus du cortège, les policiers avaient mis en place la nasse habituelle, barrant l’accès à toutes les avenues. En passant l’un de ces check point, à l’instar de tous ceux qui quittaient la place à pied, les trois jeunes gens ont été immédiatement interpellés. Motif : « Violence avec armes sur agents de la force publique ». Aux dires de ceux qui les ont côtoyés dans la journée, ils se savaient suivis et sont restés tranquilles. D’autant plus que l’un d’eux devait fêter ce soir là les deux ans de sa petite fille.

De quelle violence et de quelles armes parle-t-on ? Il n’y a pas eu de charge après l’arrivée, ni de réelles altercations entre manifestants et policiers, si on en croit les récits et commentaires publiés sur Rue89 et sur divers blogs. Tout au plus « des pétards et des feux d’artifice artisanaux », lorsque le cortège est passé à proximité de la prison de la Santé, où Coupat est détenu, ainsi qu’en atteste une vidéo amateur.

Un communiqué publié tardivement par la Préfecture de police fait lui état d’ « échauffourées [ayant] occasionné huit blessés dans les rangs des forces de l’ordre, dont deux ont dû être hospitalisés » et de quinze interpellations « en flagrant délit ». Le blog article11.info décrit et montre une altercation entre des manifestants qui avaient déjà quitté la place et des policiers dans les couloirs du RER. Déclenché par l’interpellation musclée d’un jeune, l’incident s’est produit vers 18h. Il est sans lieu aucun avec Jérémie, Guillaume et Mila qui à cette heure-là, avaient été transférés au commissariat du 19e arrondissement.

Dimanche 1er février au soir, sept personnes étaient encore en garde à vue. Dont nos trois manifestants, qui, à l’issue des 48 heures de garde à vue, ont été transférés mardi matin devant le juge d’instruction. A 18h, ils sont libérés mais devront répondre d’une accusation de violence en réunion avec armes (en l’occurrence... des bouteilles vides) et aggravée. Cette accusation se fonde sur des témoignages qualifiés de faux par les manifestants. Y a-t-il d’autres inculpés ? Une autre personne arrêtée serait passée en comparution immédiate le 2 février et aurait écopé de sursis et de travaux d’intérêt général. Ni la Préfecture de police, ni le Parquet n’ont souhaité communiquer sur ces arrestations et leurs suites.







6 février :

LES “TERRORISTES” SONT DANS LA RUE
paru sur latelelibre.fr


SABOTONS l’ANTITERRORISME !

Samedi 31 janvier 2009, 1200 personnes se sont données rendez vous près du jardin du Luxembourg pour manifester contre les lois sécuritaires du gouvernement.On croise des membres des comités de soutien aux inculpés de Tarnac, des politiques et des anarchistes, avec un seul mot d’ordre “Sabotons l’antiterrorisme”.
Dans ce cortège, une ambiance particulière s’y dégage. Les slogans, les banderoles, les terrosites masqués, on sent un malaise palpable. Surtout que tout autour de nous, à chaque croisement de rue, un barrage de boucliers policiers nous oblige de suivre la route. Les forces de l’ordre sont en nombre démesurés pour empêcher tout dérapage mais aux abords de la prison de la santé, où est incarcéré Julien Coupat, plusieurs incidents éclatent.
Après quelques minutes de provocations de part et d’autre, où certains manifestants répondent à la mise en route du camion “canons à eau” en jetant toutes sortes de feux d’artifices et de pétards, le cortège reprend sa route.

Arrivée à Denfert-Rochereau, après avoir pris possession quelques instants de la place, la manifestation se disperse. La police en profitera pour procéder à quelques interpellations.

François Godard - Matthieu Martin










6 février :

"Cendres et braises, ou feu et flammes"
Chronique de Pierre MARCELLE dans Libération du 06/02/09 (page 36)

"Mais samedi, entre luxembourg et denfert et pour Julien Coupat, en voila une occasion qu'elle était bonne pour traduire l'intérêt qu'il porte, le PS, aux liberté publiques!"










8 février :
Deux vidéos sur Tarnac et l'anti-terrorisme


Vidéos datant de décembre 2008, mises en lignes par LuisMiguel

- Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste, évoque l'affaire des inculpés de Tarnac. Après avoir proposé une définition du terrorisme, il explique le rôle de la figure du terroriste pour le pouvoir, la diffusion de la pensée Guantanamo et l'émergence du bio-pouvoir.


- Laurent Bonelli, maître de conférences en science politique à l'université de Nanterre, et codirecteur de "Au nom du 11 septembre... Les démocraties à l'épreuve de l'antiterrorisme" (La Découverte, 2008). Il revient sur les mécanismes à l'oeuvre dans l'affaire de Tarnac, les logiques des services de renseignement, et la figure juridique de l'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, qui "tend à superposer la figure du suspect et la figure du coupable".











10 février (à 06H51) :

Avant Yldune de Tarnac, il y eut Isa à Paris.
La jeune militante est incarcérée depuis un an.


C’est l’un des dossiers qui préfigurent la médiatique «affaire de Tarnac». Depuis un an, Isa (c’est un pseudonyme) est incarcérée et mise en examen pour, notamment, «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», comme les inculpés de Tarnac. Elle appartiendrait à ce que le ministère de l’Intérieur et les renseignements nomment «l’ultragauche, mouvance anarcho autonome» ou «Maaf» (mouvance anarcho autonome francilienne).

Vendredi, la chambre de l’instruction examinait la demande de remise en liberté de la militante. Un mois plus tôt, un juge des libertés et de la détention a rejeté sa demande. Elle a fait appel. Le délibéré tombe aujourd’hui. À l’issue de l’audience, l’avocat s’est refusé à toute déclaration, alors qu’attendaient une trentaine de personnes venues soutenir la jeune femme.

Littérature. Tout a commencé le 2 mai 2007, entre les deux tours de l’élection présidentielle. Un «engin incendiaire» - des bouteilles d’essence et un système d’allume-feu artisanal - est découvert sous une dépanneuse de la police dans le XVIIIe arrondissement. Le dispositif n’a pas fonctionné. Cinq traces ADN sont relevées. Dix mois plus tard, le 23 janvier, une voiture est interceptée au péage de Vierzon (Cher) par la douane. A l’intérieur, Farid (un autre pseudo), 26 ans, et Isa, 24 ans. Le site alternatif Infokiosques.net rapporte : «Les douaniers contrôlent leur identité et constatent que Farid est fiché. Ils fouillent alors la voiture.» Dans le coffre, ils découvrent 2 sachets d’un kilo de chlorate de soude, «des plans originaux de l’établissement pénitentiaire de Porcheville [Yvelines]» et de la littérature. Les deux occupants écopent de quatre-vingt-seize heures de garde à vue dans le cadre d’une procédure antiterroriste. Farid et Isa refusent d’abord un prélèvement ADN, mais finissent par s’y plier. «Selon les flics, le profil ADN d’Isa correspondrait à un cheveu retrouvé sur un dispositif incendiaire qui n’a pas pris feu», rapporte le site. Isa est placée en détention. L’instruction échoit à deux juges antiterroristes : Marie-Antoinette Houyvet et Edmond Brunaud. Depuis, deux autres personnes ont été mises en examen et incarcérées.

Barbès. De la prison de Versailles, Isa, qui nie être impliquée dans l’affaire de la dépanneuse, écrivait une lettre le 25 janvier : «Ce qui est présupposé dans cette affaire est l’existence d’une mouvance anarcho autonome, qui plus est terroriste.» Selon elle, «le montage politique impose sa logique sur toute l’instruction […]. On ne sait plus trop de quoi on parle : l’engin incendiaire serait une bombe, le chlorate [désherbant, utile aussi pour faire des fumigènes] deviendrait de l’explosif.»

Bien avant l’affaire de Tarnac, cette histoire a suscité l’inquiétude de certains militants. Des tracts ou des banderoles apparaissent lors de défilés. L’une d’elle proclame en noir sur fond blanc : «Liberté pour Isa, Juan, Damien et tous les prisonniers». Elle a été déployée le 25 janvier à la station de métro Barbès lors d’une manifestation non autorisée : 100 personnes étaient présentes, 100 ont été embarquées, selon la préfecture de police.


GAËL COGNÉ

Source: Libération.fr.





10 février :

Une militante présumée de l'ultra-gauche relâchée.
Isa, libérée


Isa, soupçonnée d’appartenir à la "mouvance anarcho-autonome", groupuscule d’ultra-gauche qui aurait pour ambition de déstabiliser l’Etat, est libérée après plus d'un an de détention.
La cour d'appel de Paris a ordonné mardi 10 février, contre l'avis du parquet général, la remise en liberté d'Isa, une jeune femme présentée comme membre de l'ultra-gauche et incarcérée depuis plus d'un an dans une affaire terroriste, a annoncé à l'AFP son avocat Me Jean-Alain Michel.
La chambre de l'instruction, qui est chargée de contrôler le travail des juges, avait été saisie par Me Jean-Alain Michel qui s'opposait à une mesure de prolongation de la détention provisoire de sa cliente prononcée le 15 janvier.
Lors de l'audience du 6 janvier, le parquet général avait requis le maintien en détention d'Isa. L'arrêt avait été mis en délibéré. La jeune femme, incarcérée à Versailles, doit être remise en liberté dans la journée.

Contrôle judiciaire

Placée sous contrôle judiciaire, elle a l'interdiction de quitter le territoire français, d'entrer en contact avec les autres mis en cause du dossier et devra pointer à un commissariat, a indiqué son avocat qui s'est déclaré "très satisfait" de l'arrêt de la cour d'appel.
Isa est accusée d’avoir tenté d’incendier un véhicule de police pendant les élections présidentielles en 2007, d’avoir eu en sa possession les plans de l’établissement pour mineurs de Porcheville, d’être détentrice de manuels de sabotage et de chlorate de soude.
Sa trace ADN correspondrait à celle retrouvée sur les bouteilles d’essence découvertes sous la voiture de police devant le commissariat du 18ème arrondissement de Paris.
ais surtout, Isa est soupçonnée d’appartenir à la fameuse "mouvance anarcho-autonome", groupuscule d’ultra-gauche qui aurait pour ambition de déstabiliser l’Etat, et qui prônerait l’action violente pour y parvenir.
Isa est donc mise en examen, comme trois autres personnes pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste".

Sources: nouvelobs, ou AFP.





10 février :

Confettis et lacrymo pour les inculpés de Tarnac
par Gaël Cogné

Manif . Un défilé hétéroclite de soutien s’est tenu samedi 31 janvier à Paris.
Des drapeaux noirs qui claquent au vent. Devant le jardin du Luxembourg, à Paris, ce samedi, environ 3 000 personnes (1 200 selon la police) sont venues manifester leur soutien aux inculpés de « l’affaire de Tarnac ». Un mélange hétéroclite de membres du comité de soutien de Tarnac, d’autonomes, d’anarchistes, de communistes, de verts, de faucheurs volontaires, de militants des droits de l’homme… Il y a même des Corses qui tractent pour Yvan Colonna au milieu des premiers fumigènes. Quelques personnes portent des masques blancs siglés « terroriste ». En tête de cortège, Gérard Coupat reste discret. Son fils, Julien, est le dernier des inculpés dans l’affaire des sabotages de ligne SNCF à être incarcéré. Au-delà du soutien aux inculpés, Pierre Seigneur, de Tulle (Corrèze), est venu « pour défendre les libertés d’expression, le droit de vivre comme on veut… » Il parle d’Edvige, de l’affaire De Filippis, du fichier Base-élèves.

Confettis. A chaque intersection, les forces de l’ordre bloquent les voies et filment. En queue de cortège, des clowns de la BAC (Brigade activiste des clowns) aspergent de confettis un policier en civil, la main sur l’oreillette. « Les RG, avec nous ! » La manifestation passe devant une permanence du PS. Un homme inscrit avec sa bombe de peinture bleu : « à brûler ».

Les manifestants débouchent près de la prison de la Santé, où se trouve Julien Coupat. Des sifflets et des cris. Puis des tirs de feu d’artifices, jets de bouteille, bombes de peintures, pétards, fumigènes, yaourts. Derrière leurs boucliers, les policiers ne bronchent pas (1 250 hommes ont été déployés).

La manifestation remonte vers la place Denfert-Rochereau. Michel Lévy, le père d’Yldune, récemment libérée, s’entretient avec des habitants de Tarnac. « Cette manifestation est un peu fourre-tout, dans le bon sens du terme : chacun y amène sa part. » Une habitante d’une commune voisine de Tarnac raconte que 109 personnes sont venues en car du plateau de Millevaches et des communes de Tulle et Limoges. Elle n’a jamais milité, mais là, « trop, c’est trop ». Pour elle, on s’attaque à un mode d’existence, à des gens « qui veulent vivre autrement ».

Petit à petit, la place se vide. Rendez-vous a été donné pour certains au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne) pour soutenir les sans-papiers. Les CRS repoussent les retardataires vers la station de métro. Des échauffourées éclatent. Odeurs de gaz lacrymogène. Les usagers sortent les yeux larmoyants, apeurés. Selon la préfecture, 15 personnes auraient été interpellées pendant la manifestation et 8 policiers blessés (dont deux hospitalisés).

Gendarmes. La nuit est tombée quand quelques centaines de manifestants arrivent à Vincennes. Là encore, le dispositif est impressionnant. Les gendarmes mobiles bloquent les routes. Des policiers en civil contrôlent les manifestants dès la sortie du RER sous les yeux médusés des habitants. « Un pote à moi a été interpellé. Il avait un marteau dans son sac », raconte un militant qui tourne dans l’obscurité autour du centre de rétention administratif, sans parvenir à s’approcher. Aux abords de l’établissement, des heurts opposent des manifestants aux gendarmes mobiles vers 19 h 30. Plusieurs personnes sont interpellées.

Source : www.soutien11novembre.org





10 février :

Entretien avec Patrice Bollon
La police a remplacé la politique




Extraits de l'entretien avec Patrice Bollon publié sur fluctuat.net


Vous dites quelque part que nous ne sommes plus vraiment dans un système démocratique, mais dans une oligarchie, un système de transmission mi-familiale, mi-classe à classe, des leviers du pouvoir. Comment peut-on faire passer ce genre d’opinions ?

Ce que je dis à ce propos n'a rien d'une opinion : c'est un fait observable. Il n'y a qu'à voir l'évolution du pourcentage de fils d'ouvriers ou de classes moyennes inférieures dans les grandes écoles : depuis 20 ans, il ne cesse de baisser ! Quant à la collusion, dans les cercles de pouvoir, des couches supérieures, il suffit de considérer la composition du gouvernement Sarkozy ou ce qui se passe aux Etats-Unis : ce ne sont, chez nous, qu'avocats d'affaires (Borloo, Lagarde, Sarkozy lui-même, etc.) et, aux Etats-Unis, qu'anciens PDG de firmes ou de banques. La démocratie a été accaparée, dans nos sociétés, par une prétendue "élite" économico-socio-culturelle, qui truste tous les postes et se reproduit héréditairement. C'est notre Parti Communiste Chinois à nous, avec peut-être moins de compétences vraies que ce dernier et un ascenseur social, comme l'on dit, encore plus bloqué qu'en Chine. La vérité, c'est qu'il n'y a aujourd'hui, pour ainsi dire, plus de différence, sinon de surface, entre les systèmes de pouvoir dans le monde. Le problème de toute cette évolution, c'est qu'elle correspond à un gâchis humain considérable, auquel il faudra bien, un jour ou l'autre, s'attaquer, pour devenir vraiment des "démocrates".

Quelle interprétation faites-vous du récent épisode de Tarnac (l’arrestation des épiciers terroristes soupçonnés d’avoir saboté le TGV) ?
Je n'ai pas eu accès au dossier, donc je ne peux rien en dire. A ce qu'il en transpire toutefois, l'accusation semble vide. C'est une illustration de la stratégie de détournement dont je parlais tout à l'heure : quand on n'arrive pas à surmonter une crise, on invente des boucs émissaires faciles. C'est vieux comme le monde...

Est-ce que ce modèle baptisé « anarcho-libertaire » par le gouvernement, et indépendamment de la réalité du faits divers, vous paraît un mode de résistance légitime au contrôle ? Les actions de sabotage de l’infrastructure ? De corruption des médias ? Les happenings politiques ?
Je respecte ceux qui se révoltent, je prône même dans mon livre l'instauration d'un "droit à l'opposition irresponsable", soit d'une opposition qui se refuse à prendre en compte les notions de "raison d'Etat" ou de "guerre contre le terrorisme", contre un terrorisme indifférencié. Ces notions, utilisées régulièrement comme un chantage, recouvrent souvent des réalités fausses, biaisées. Utilisées à la manière de principes indiscutables, elles participent des mécanismes de contrôle, comme on l'a bien vu aux Etats-Unis avec le "Patriot Act". Mais ce n'est bien sûr pas toujours le cas. Il faut donc juger au cas par cas. Et puis, à côté de la légitimité de la révolte, se pose aussi la question de son efficacité. Un certain type de révolte, jusqu'au-boutiste, se renverse fréquemment en son inverse : en une délectation morose de la pourriture du monde et donc en une acceptation du statu quo. C'est ce que je reproche personnellement à tout ce "situationnisme" de bazar que certains, de plus en plus souvent de droite d'ailleurs, agitent.


Intégralité de l'entretien: fluctuat.net






11 février :

Rue J'OFFRE : En soutien aux inculpés de l’antiterrorisme,
de Tarnac et d’ailleurs.


Publié le 11 Février sur Le jura libertaire .
Nous avons, le 23 janvier 2009 à Nantes, libéré de sa routine et de sa circulation, durant près d’une heure, une partie d’une artère commerçante de la ville, la rue Joffre. Coincée historiquement entre le quartier des couvents (que les sectaires de Jeanne la Pucelle appellent encore la Terre sainte) et la place que certains nomment toujours Louis XVI (et où s’érige une statue du monarque renversé qu’on souhaiterait volontiers acéphale), la rue Joffre a toujours fait figure d’enclave populaire au cœur d’un îlot de réaction.

Aujourd’hui menacée d’un autre péril — tout aussi redoutable, la campagne de gentrification menée tambour battant par la municipalité socialiste — la rue résiste pourtant à la poussée des bars et bistroquets aux devantures et au mobilier chocolat ou gris taupe, à celle des restaurants bobos et autres échoppes bios… Entre les kebabs, les commerces éphémères, les troquets et les épiceries de nuit … circulent encore des formes de vie irréductibles à la modélisation du quotidien et aux opérations de police quasi militaires menées en ces lieux, il y a peu.

Après quelques rencontres, très peu, nous étions une trentaine, puis davantage, à bloquer la rue en son milieu, armés de ganivelles et de barrières enfin utiles à autre chose qu’à canaliser les corps et leurs déplacements. Dans la partie libérée temporairement des flux indifférents, un montage d’extraits de films a été projeté avec les moyens du bord sur un écran de 3 × 7 mètres dont la voilure s’encadrait dans l’artère. Des images d’archives ravivant des moments de luttes portés par des chants révolutionnaires, des extraits d’un film d’Ulrike Meinhof revenant sur la condition carcérale de jeunes femmes maintenues dans des centres de rétention pour mineures en Allemagne, et un passage d’un autre film moins connu, plus récent et d’une acuité brûlante, Et la guerre est à peine commencée… Et si le son ne fut pas au rendez-vous, l’appel de la rue aura pourtant marqué passants et riverains. Déconcertés, les premiers flics de passage s’enquirent des «responsables» … en vain. Vers 21 heures, joyeusement, nous nous sommes éclipsés … aussi vite disparus que nous avions surgi.

Ce que nous avons fait n’était rien, nous n’avons ni saccagé, ni détruit ce qui nous ronge chaque jour davantage. Il s’est pourtant passé quelque chose : comme une suspension de l’aliénation. Un infime décalage et tout est métamorphosé. Pour que la rue S’OFFRE. En peu de temps, suffisamment pour ouvrir des possibles, permettre à un souffle de s’engouffrer par cette minuscule brèche de temps et d’espace qu’il nous plairait d’élargir.

Dans la pleine conscience que l’ennemi nous attend au tournant de la rue, nous recommencerons donc, mais autrement, déplaçant les lieux, les moments d’apparition. Ne fixant rien.

Avec le coup de force de Tarnac, ils ont cru nous terroriser, nous paralyser pour dix ans, prétendait un haut responsable de la police. Ils ont stimulé le goût du geste et de la parole qui prolonge et renouvelle la guerre en cours.

Commune éphémère de la rue Joffre
Soutien aux inculpés du 11 novembre, 4 février
2009.





11 février :

" ... Coupat entendu "
Julien COUPAT, a été entendu cet après-midi par le juge d'instruction Thierry Fragnoli, avant une nouvelle audition prévue vendredi après-midi, a-t-on appris auprès de son avocate.

"Cette audition, la deuxième depuis sa mise en examen, s'est bien passée", a dit à l'AFP Me Irène Terrel, précisant qu'une troisième audition serait organisée vendredi après-midi.

(...)Selon Me Terrel, ces auditions "permettent de faire le tour des éléments du dossier". Elle a déjà annoncé qu'elle déposerait une nouvelle demande de mise en liberté à l'issue de l'audition de son client.

(...)Me Terrel a dit qu'elle n'avait pas à ce stade déposé de demandes d'actes comme des expertises ou auditions de témoins. "Notre premier objectif, c'est qu'il sorte de prison", a-t-elle affirmé.

source AFP reprise sur le figaro.fr





11 février :

LIBERTE POUR JULIEN ! SABOTONS LE TRAIN-TRAIN !

paru sur ww.soutien11novembre.org

Bruxelles, Gare Centrale, tôt ce matin. Pendant que la banderole s’envole, des ballons, sur les voies au sous-sol, s’enroulent autour des caténaires. Les trains passent... Il faut trouver autre chose. Le défi est lancé, à vous de jouer ! (Une version montée et augmentée suivra.) "Marre du train-train ? T’as caténaire !"












11 février : 

MAM, l'ultra-gauche est sur Amazon.fr ! 
Par Gael Bouron.

Maintenant que la délation est encouragée j'ai une petite idée pour Michelle Alliot-Marie et ses services : récupérer les fichiers clients de la librairie en ligne d'Amazon.fr pour ficher les dangereux gauchistes qui y achètent des livres. On doit bien trouver une loi dérogatoire anti-terroriste qui autorise cela... Après c'est très simple, il suffit de lister toutes les personnes qui ont acheté "L'insurrection qui vient" du Comité invisible. En effet, il s'agit semble-t-il de dangereux révolutionnaires, comme le prouve la fonction d'Amazon "les clients ayant acheté cet article ont également acheté..." (fonction présente également sur la Fnac et autres marchands de livres en ligne).



Ainsi, les acheteurs de "L'insurrection qui vient" connaissent leurs classiques (la page du livre sur Amazon) : ils ont également acheté du Karl Marx (Manifeste du parti communiste), du Foucault (Surveiller et punir), du Bakounine (Dieu et l'Etat) ou du Le Bon (Psychologie des foules) voire du Morin (Introduction à la pensée complexe). Ca c'est la base commune. Les références indispensables. Mais attention, cela ne s'arrête pas là. On n'est pas face à des historiens ou des sociologues tranquillement assis dans leur petit bureau peu chauffé. Non ! L'ultra-gauche on vous dit. Alors nos dangereux lecteurs analysent également le pouvoir (Comprendre le pouvoir de Noam Chomsky, La guerre des classes de François Ruffin) et les mass-médias (On achète bien les cerveaux : la publicité et les médias, de Marie Bénilde). Et enfin, surtout, surtout, ils se préparent à agir : Guérilla kit : ruses et techniques des nouvelles luttes anticapitalistes de Morjane Baba, Le Sabotage d'Emile Pouget, La désobéissance civile de Thoreau, ou Maintenant il faut des armes d'Auguste Blanqui (ce dernier étant largement évoqué par le Comité invisible). sont en bonne place dans les achats croisés avec L'Insurrection qui vient. Vite, vite, ouvrons une librairie à Tarnac sans fichier clients!!




12 février :

Manifestations - Les craintes de MAM
paru sur le lepoint.fr
Michèle Alliot-Marie est sur le qui-vive. En cette période de manifestations, la ministre de l'Intérieur sait que n'importe quel incident avec les forces de l'ordre peut mettre le feu aux poudres. L'ultragauche, selon elle, cherche l'incident pour pouvoir embraser des mouvements qui se coaguleraient sous l'effet d'une épreuve violente. Aussi a-t-elle donné des consignes strictes aux équipes chargées de contrôler une situation qui s'envenime, comme par hasard, dans les zones tenues par le PS :

1. Mettre le maximum de monde sur le terrain, ce qui a un effet dissuasif. « Pour l'instant, dit-elle, les effectifs sont assez nombreux pour faire face. »

2. Faire preuve de la plus grande prudence si des mineurs sont présents.

3. Filmer toutes les scènes de confrontation pour ne pas se faire piéger par des photos ou des films destinés à rejeter la faute sur les forces de l'ordre. Malgré toutes ces précautions, la ministre est inquiète. Elle ne croit pas à une révolte sociale globale, mais craint des mouvements isolés accompagnés d'une montée de violence. Pour le reste, MAM est une ministre heureuse. Elle sait qu'elle a des détracteurs à l'Elysée, mais elle se félicite tous les jours de la présence du directeur de cabinet Christian Frémont, chargé de suivre les affaires de l'Intérieur. Elle a failli demander à ce grand préfet de venir remplacer son directeur de cabinet en partance. Elle a préféré y renoncer, estimant plus utile de l'avoir toujours comme interlocuteur à l'Elysée. De l'art de ménager ses arrières...







13 février :

...nouvelle demande de remise en liberté de Julien Coupat
[18:19] - AFP

PARIS, 13 fév 2009 (AFP) - Me Irène Terrel, l’avocate de Julien Coupat, chef présumé d’un groupe à l’origine de dégradations contre des lignes TGV, a déposé vendredi une nouvelle demande de remise en liberté de son client, a-t-elle annoncé à l’AFP.
Julien Coupat a été entendu vendredi après-midi, pour la troisième fois depuis sa mise en examen le 15 novembre 2008, par le juge d’instruction Thierry Fragnoli. "J’ai déposé auprès du juge d’instruction une nouvelle demande de remise en liberté lors de cette nouvelle audition très approfondie", a dit Me Terrel, précisant qu’elle "espérait une réponse en début de semaine". Julien Coupat, 35 ans, détenu à la prison de la Santé, a déjà formulé plusieurs demandes de remises en liberté, toutes rejetées. "J’espère que cette fois, ce sera la bonne, ça s’impose, d’autant que tous les autres ont été remis en liberté", a estimé Me Terrel. Soupçonné d’avoir commis des dégradations à caractère terroriste début novembre 2008 de lignes de TGV, Coupat reste le seul en détention parmi les neuf personnes mises en examen dans l’enquête. Sa compagne, Yldune Levy, avait été remise en liberté le 16 janvier. Il avait été mis en examen le 15 novembre 2008 pour direction d’une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste. Il est incarcéré à la maison d’arrêt de la Santé.

source : france info







14 février :

ECHOS DE LA TAÏGA N°4



BULLETIN D'INFORMATION DU COMITE DE SOUTIEN DES INCULPES DE TARNAC



A télécharger sur :
www.soutien11novembre.org

Ou disponible ici






17 février :

Correspondance avec une fliquette en chef
Paru sur le jura libertaire

Correspondance du comité de soutien de Liège avec Michèle Alliot Marie.

 Le 18 décembre, nous avons envoyé à la Ministre française de l’Intérieur, Michèle Alliot Marie, une lettre expliquant nos interrogations et nos désaccords par rapport à ce qui s’est passé le 11 novembre ainsi que nos revendications, notamment la re-qualification des inculpations hors du cadre législatif et procédural propres aux affaires de terrorisme.

(...)
Au même moment, nous envoyions une lettre allant dans le même sens auprès de l’ambassadeur de Belgique à Paris et nous déposions le soir une troisième missive dans les mains du Consul de France à Liège, occasion d’une première manifestation de soutien aux inculpés de Tarnac.

La Ministre de l’Intérieur s’est piquée de nous répondre, donnant une fois encore une belle démonstration de la capacité des professionnels de la politique à manier la langue de bois et l’hypocrisie : elle ne serait pour rien dans le fait que les inculpés aient été qualifiés de «terroristes» par les juges ! Elle qui ordonna au service secret de pister les gens de Tarnac pendant plusieurs mois et de les mettre sur écoute, elle qui déclara qu’était ainsi mis fin au dangereux réseau de l’Ultragauche, résurgence potentielle d’Action Directe, alors même qu’aucune des personnes perquisitionnées n’avaient encore été entendues par la police…

(...)
 Nous nous sommes piqués à notre tour d’une réponse à notre sauce : sur-réaliste.


 
Lire en intégralité: ici ou .





18 février :

Millevaches à Paris contre l'anti-terrorisme

Le 31 janvier 2009, un bus part de Tarnac pour Paris, à l'occasion de la manifestation nationale en soutien aux personnes arrêtées le 11 novembre et accusées de terrorisme. Sur des images de la journée, des paroles anonymes d'habitants du plateau de Millevaches nous expliquent pourquoi ils se mobilisent contre le système anti-terroriste.



http://www.soutien11novembre.org









19 février :

le parquet s'oppose toujours à la libération de Coupat


(AFP) - Le parquet de Paris a pris des réquisitions de maintien en détention de Julien Coupat, chef présumé d’un groupe soupçonné d’avoir saboté des lignes TGV qui avait déposé vendredi une nouvelle demande de remise en liberté, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Julien Coupat, 35 ans, détenu à la prison de la Santé, avait déposé le 13 février, à l’issue d’une troisième audition par le juge d’instruction Thierry Fragnoli, une nouvelle demande de remise en liberté. Le parquet de Paris, compétent en matière antiterroriste, a pris des réquisitions de maintien en détention "au vu des éléments du dossier", a-t-on précisé de même source.
Le juge peut toutefois décider de sa remise en liberté, à laquelle le parquet peut s’opposer en saisissant en urgence la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris qui contrôle le déroulement des enquêtes judiciaires. Soupçonné d’avoir commis des dégradations à caractère terroriste début novembre 2008 de lignes de TGV, Coupat reste le seul en détention parmi les neuf personnes mises en examen dans l’enquête. Sa compagne, Yldune Levy, avait été remise en liberté le 16 janvier.
Julien Coupat avait été mis en examen le 15 novembre 2008 pour direction d’une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste. Cette incrimination criminelle est passible de 20 ans de réclusion. Il a déjà déposé plusieurs demandes de remise en liberté, toutes rejetées.

Source: france info




19 février :

L’insurrection qui vient, comment habiter l’état d’exception

Brochure distribuée à Rennes dans les lieux ayant accueilli les évènements de la semaine de solidarité avec les inculpés de l’anti-terrorisme.

Parue et téléchargeable sur indymedia Lille








23 février :

Coupat: nouvelle demande de mise en liberté rejetée


paru sur liberation.fr par Gael Cogné

C’est la quatrième fois que le prétendu «leader» d'une «cellule invisible» (selon le parquet) demandait sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Julien Coupat, inculpé dans l’affaire des sabotages SNCF, a vu sa dernière demande de remise en liberté rejetée, aujourd’hui, par un juge des libertés et de la détention (JLD), a-t-on appris de son avocate, Me Irène Terrel, qui a fait appel dans la foulée.

C’est la quatrième fois que l’avocate essaie d’obtenir la liberté sous contrôle judiciaire pour son client, présenté par le parquet comme le «leader» d’une «cellule invisible».

Le 19 décembre, un JLD s’était prononcé en faveur de sa remise en liberté mais le parquet avait fait appel. Appel confirmé par la chambre de l’instruction. Depuis, Julien Coupat a été entendu deux fois, coup sur coup, au début du mois, par le juge d’instruction antiterroriste, Thierry Fragnoli.

Coupat aurait maintenu qu’il n’était pas impliqué dans la série d’incidents sur des caténaires qui avait perturbé le trafic ferroviaire le 8 novembre.

Alors que cette nouvelle demande de remise en liberté était en cours, le parquet de Paris avait annoncé, vendredi dernier, qu’il avait pris des réquisitions de maintien en détention, «au vu des éléments du dossier». Me Terrel, s’insurge: «Avant même la décision du JLD, le parquet a annoncé qu’il s’opposerait à la demande. J’ai été très surprise, ce n’est pas habituel. C’est une pression politique supplémentaire.»

Pour l’avocate, «il n’y a pas de nouveaux éléments, au contraire.» Si on ne connaît pas le dossier, Mediapart avait révélé que le témoin sous X serait un mythomane, déjà condamné pour «dénonciation calomnieuse». Par ailleurs, pour l’avocate, les inculpés auraient «éclaircis de façon limpide leurs déclarations» faites en garde à vue. «Si l’enquête n’avance pas, Julien Coupat n’y est pour rien!»

Le jeune homme de 35 ans est le dernier des inculpés à être détenu (à la prison de la Santé). Il est mis en examen pour «direction d’une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste». Une incrimination criminelle passible de 20 ans de prison.








25 février :

Droits de l’homme et lutte contre le terrorisme, un état des lieux inquiétant.
Paru sur Agoravox.

Extrait:
(...) Dans ce sens, Mary Robinson, qui préside actuellement aux destinées de la CIJ (la Commission Internationale de Juristes) affirme avec gravité « qu’une atmosphère de secret entoure la détention et l’interrogatoire des personnes soupçonnées d’activités terroristes, ce qui favorise le recours à la torture et aux mauvais traitements et que partout dans le monde, les services de renseignement ont acquis un pouvoir grandissant, et ils sont souvent dispensés de rendre des comptes. Un accès rapide aux tribunaux et aux avocats doit être garanti pour éviter de tels abus ». Cela ne saurait être contesté et l’affaire récente de Tarnac corrobore tout à fait cet état de fait. Julien Coupat, le principal protagoniste reste à ce-jour encore embastillé, car mis en examen suite à une inculpation pour « direction d’une structure terroriste », alors que le principal témoignage à charge est frappé du sceau de la mythomanie. Aussi, la France n’est pas en reste en matière de lois liberticides dictées par l’impérative lutte contre le terrorisme rampant.(...)

Article dans son intégralité: ici et .









...la suite dans la chronologie mars-2009














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