
jeudi 3 décembre 2009
mardi 1 décembre 2009
L'exclusif entretien en intégral avec l'ex-témoin sous X, version-longue vostfr

Après la version enquête du 11 novembre 2009, un an jour pour jour après les arrestations spéctaculairement évènementielles, TF1 nous livre " l'exclusif entretien en intégral avec l'ex-témoin sous X, version-longue vostfr "
VERBATIM DE LA VIDEO
POURQUOI X EST-IL ENTENDU PAR LES ENQUETEURS ?
"Le milieu autonome ne m'est pas étranger. Je ne peux pas dire que je n'ai pas de sympathie pour ces gens là. J'ai été entendu à la gendarmerie par la Sdat qui me dit : 'tu te rends compte avec tout ce que tu as vécu dans ton village, si ça se sait que tu connais les gens de Tarnac, c'est fini tu peux te barrer'" . Ce sont les enquêteurs qui te disent ça ? "(...), commissaire à la Sdat."
EN QUOI LE TEMOIGNAGE DE X PEUT-IL AIDER LES ENQUETEURS ?
"Je dis : 'je n'ai rien à dire sur ces gens là' et là le mec m'explique très posément que ce n'est pas le problème, le problème c'est qu'il y a tout un tas d'infos, d'interceptions de mails, d'infos de gars infiltrés en squat, ce genre de choses, qui ne sont pas exploitables dans une procédure judiciaire et que juste ils ont besoin d'une signature. C'est : on a une info et on ne sait pas comment on peut la mettre dans un dossier pour que le juge dise ok ça marche."
QU'AURAIT DECLARE X AUX ENQUETEURS ?
"Je dis 'moi je n'ai rien à dire', il me dit : nous des choses à dire on en a des tas. On ne te demande pas de balancer quoi que ce soit, nous on a tout ce qu'il faut, de toute façon c'est mort, ils sont foutus, ils sont cuits. Tu sais, eux, coupables pas coupable, nous on s'en fout, ce n'est pas notre problème. On ne m'a pas posé tant de questions que ça, ce n'était pas important. Ce que moi j'avais à dire ce n'est pas important, ce qui était important c'est qu'au bout d'un moment je signe."
POURQUOI X SIGNE-T-IL UNE DEPOSITION ANONYME ?
"Ils m'ont dit : 'on peut en discuter ici ou on peu en discuter à Levallois', ils ne m'ont pas proposé d'apposer ma signature" Ils t'ont ordonné de le faire ? "Ouais ils m'ont dit : voilà c'est comme ça que ca va se passer maintenant" On t'a mis une pression ? "Carrément, je suis resté 9 heures, à être dans une espèce de simultanéité entre les mecs qui te payent un café, très sympa, et à des moments des trucs du genre : mais on va pas retrouver ton ADN quelque part quand même?"
X PENSE-T-IL QUE SON TEMOIGNAGE A ETE TRONQUE ?
"Moi je savais que j'étais témoin anonyme à ce moment là oui, mais je n'avais aucune idée de la teneur du témoignage anonyme. Moi je ne les ai pas accablés, j'ai fait bien attention à ne donner absolument aucun renseignement qui puisse permettre d'accuser qui que ce soit de quoi que ce soit. Ils sont arrivés avec ce truc là. Je vois ce qu'il y a dans le témoignage anonyme. Je vois le langage qui est utilisé en plus, ce témoignage il est faux. Il a été fait par quelqu'un qui n'est pas témoin anonyme."
POURQUOI X TEMOIGNE DE NOUVEAU, MAIS CETTE FOIS SOUS SON NOM ?
"Il fallait que cela apparaisse quelque part. Cela a commencé à fuiter que c'était peut-être moi. Un mois et demi après quand les journalistes ont commencé à trop chercher, les mecs ils m'ont dit : on est emmerdés, parce que bon ça pourrait remonter jusqu'à toi. Du coup on m'a reconvoqué. J'ai redéposé en décembre devant un officier de la SDAT. Donc on t'a proposé de retémoigner pour dire l'inverse de ce qu'on t'avait fait dire en temps que témoin sous x ? Absolument, parce qu'on m'a fait dire : 'ils ne sont pas dangereux'."
QUE COMPTE FAIRE X MAINTENANT ?
"Je ne me sens pas hyper fier de ce qui s'est passé, je ne dis pas que je dors toujours très bien et compagnie. Si demain il y a une confrontation j'irai. Je dirai voilà ce que moi j'ai dit et ce qui ne s'est pas dit et je pense que judiciairement cela aura un impact, un intérêt."
envoyé par Bloom-Bloom
Tarnac, fiasco judiciaire et médiatique.

Paru le 1er décembre 2009 sur le blog médias de Renaud Revel, journaleux à l'Express.
L’affaire des « inculpés de Tarnac » tourne depuis quelques jours au bras de fer entre les avocats des inculpés et l’institution judiciaire. Un an après l’interpellation et la mise en examen de neuf personnes dans l’affaire du sabotage de voies SNCF à Tarnac, (Corrèze), pendant la nuit du 7 au 8 novembre 2008, leurs conseils ont décidé de se muer en procureurs, convaincus que le dossier d’association de malfaiteurs à visée terroriste, instruit par le ministère de l’Intérieur et la justice, repose sur une reconstruction fantasmagorique des faits.
Disfonctionnement de la justice, instruction à charge, contradictions, omissions et affabulations de certains services de police et emballement médiatique…cette rocambolesque affaire risque de prendre un tour nouveau avec la convocation du fameux témoin sous X…Celui dont les confessions ont servi de socle à l’accusation, laquelle reste aiguillonnée par le Ministère de l’Intérieur où l’on a eu vite fait de transformer un groupe de jeunes gens en une prétendue «cellule invisible», pour reprendre le terme employé par Michèle Alliot-Marie au soir même de l’arrestation des premiers d’entre eux. Ce que Daniel Cohn-Bendit dénoncera bien plus tard, en évoquant une « construction idéologique du terrorisme».
Les médias auront joué un rôle moteur dans cette ténébreuse et curieuse affaire. Il faut en effet se souvenir que cet attentat a vu un certain nombre d’organes de presse, (Libération, TF1, France 2, Le Nouvel Obs…), enfourcher sans sourciller la thèse fabriquée, au soir même de ce 11 novembre, par la ministre de l’Intérieur. « L’ultra-gauche déraille », embraye alors Libé qui veut voir dans cet attentat une action coordonnée, la main d’un groupuscule structuré. Mieux, des « guérilleros du rail » comme L’Obs, qui n’y va pas avec le dos de la cueillere, l’écrit la même semaine.
Inconscience, précipitation, surenchère, ivresse des mots…Tandis que les chaînes évoquent la présence le long des voies d’un couple « aux aguets », la presse s’embarque dans un roman photo nourri par la place Beauvau, où Michèle Alliot-Marie déroule sa pelote et souffle sur les braises. Il faudra attendre plusieurs semaines avant que ces même journaux, bousculés par les arguments des avocats des inculpés, qui n’en peuvent plus devant un tel amoncellement de contre-vérités, commencent à opérer un léger virage. Changement de cap : des éléments à décharge prouvant la manipulation, trouvent un début d’écho dans leurs colonnes. « L’affaire déraille » résume même l’Obs, qui n’hésite pas à jouer du contre-pied à l’instar de nombreux journaux. Imperceptiblement et sans le dire, les médias opérent un virement de bord général, sans remords ni explications.
Ce qui semblait vrai hier se révèle faux, aujourd’hui : et alors ? « Les médias ne s’excusent jamais, ils sont sans mémoire », écrit Daniel Schneimann dans Libération, au lendemain de la publication par les avocats des inculpés d’éléments pour le moins troublants : le journaliste vise tout à la fois le quotidien qui l’emploie et des chaînes de télévision prises d’un même réflexe mimétique. Toutes les vérités sont bonnes à dire, même quand elles sont successives et se contredisent…Les médias tiront-ils le moment venu les enseignements d’une affaire qui n‘a finit de nous surprendre ?
lundi 30 novembre 2009
le juge a entendu l'ancien témoin sous X...

(article Le Monde 30 Novembre 2009)
Le juge d'instruction du pôle anti-terroriste, Thierry Fragnoli, s'est discrètement rendu en Loire-Atlantique, jeudi 26 novembre, pour entendre comme témoin Jean-Hugues Bourgeois, l'agriculteur bio qui avait témoigné sous X... dans l'affaire du sabotage des voies SNCF. Après que son identité a été révélée, M. Bourgeois, connu du public comme l'éleveur dont les chèvres avaient été tuées et qui avait reçu des menaces de mort en 2008, a, selon nos informations, pris l'initiative d'appeler le juge. Il avait été entendu une première fois sous le statut de témoin sous X... le 14 novembre 2008, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, trois jours après les interpellations à Tarnac, puis le 16 décembre, sous son nom. Les deux dépositions ne se ressemblaient pas : l'une était à charge, l'autre non. Les avocats des personnes mises en examen réclamaient une nouvelle audition de M. Bourgeois, en leur présence.
Isabelle Mandraud
Parloir sauvage à la SDAT
Lundi 30 novembre 2009, par soutien11novembre
Vendredi 27 novembre à 7h30, nous avons pénétré la zone sacrée entourant le 84, rue de Villiers à Levallois-Perrret, locaux de la CIA française*. Depuis le temps qu’on y emmène tous nos amis, on pouvait légitimement se demander à quoi ressemblait ce lieu plein de mystères. En vérité, cela ressemble tout à fait à un hôtel 4 étoiles pour séminaristes américains, avec son hall de verre et ses dépendances dégueulasses en préfabriqués (qui, soit dit en passant, sont les chambres qu’on réserve, précisément, à nos amis). Cette fois, c’était Christophe qui faisait les frais du désespoir armé du juge Fragnoli, une fois de plus en mal de rebondissements. Il était semble-t-il accusé d’être trop proche de certains inculpés, en particulier de sa femme Manon, qu’il verrait régulièrement, d’après des sources proches du dossier. Nous avons décidé de lui faire une petite fête.
Ce jour-là, donc, au lever du jour, et tandis que – la 72ème heure de sa garde-à-vue atteinte – son avocat lui rendait visite, une vingtaine de personnes porteuses de lunettes de soleil et de parapluies se massèrent autour d’un véhicule monospace garé juste en face des préfabriqués susmentionnés. Du véhicule sortait une musique rauque et sauvage, auxquels répondaient les cris de la petite foule bizarre et dansante. A y regarder de plus près, il semblait qu’engoncés dans l’habitacle bas-de-plafond du véhicule, deux individus suspects s’affairaient sur une batterie et un synthétiseur hurlant. Le son réussit à percer les épaisseurs de Rockwool et la surdité naissante de notre camarade, qui entendit bien, nous assure son avocat, quelque chose.
Un attroupement si inhabituel troubla les agents la SDAT, qui ne se sentaient sans doute pas de procéder à une interpellation, en armes et en cagoules, pour « tapage matinal sur la voie publique en relation avec une entreprise terroriste ». Désemparés par ce cas épineux, ils appelèrent finalement à la rescousse la police des gens normaux, qui se trouva à son tour bien embêtée. Les quatres pauvres agents cherchèrent désespérément un responsable et des pièces d’identité mais n’obtinrent que des gargouillements en italiens et une interprétation sincère de « il était un petit navire ». Tout le monde s’éloigna avec l’air de ne pas y toucher, d’abord poursuivis machinalement par les bleus, qui bien vite renoncèrent à suivre quelque chose qu’ils ne savaient pas nommer.
Le comité de Paris.
* : La Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), fusion de la Direction de la Sécurité du Territoire (DST) et des Renseignements Généraux (RG), qui partage ses locaux avec la Sous-Direction Antiterroriste (SDAT) de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
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