mercredi 23 février 2011

Tarnac: l'infiltré britannique




Paru le 22/02/11 sur www.lexpress.fr

Selon nos informations, Mark Kennedy, un agent des services britanniques infiltré au coeur des mouvements "alter", a livré des précisions importantes sur les déplacements de Julien Coupat à l'étranger.


Ce fut longtemps le secret le mieux gardé de l'"affaire de Tarnac": un agent britannique, infiltré au coeur des mouvements altermondialistes et environnementalistes européens, a joué un rôle important dans cette enquête.

De 2002 à 2009, ce policier de 41 ans, Mark Kennedy, a renseigné sa hiérarchie sur les coulisses des milieux "alter". Au passage, les autorités françaises ont également profité de ses informations. Ainsi, c'est en partie grâce à lui que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a pu reconstituer les déplacements à l'étranger de Julien Coupat, considéré par la police comme le chef de file du "groupe de Tarnac". Dix de ses membres ont été mis en examen dans une procédure pour acte terroriste, après le sabotage, en novembre 2008, d'une ligne de TGV, en Seine-et-Marne. Une accusation qu'ils contestent fermement.

Mais, comme dans les films d'espionnage, l'agent Kennedy, alias Mark Stone, vient de faire défection, passant dans le camp altermondialiste. Il s'apprête même à écrire un livre sur son aventure! Consacrera-t-il un chapitre à Tarnac?




L'agent Kennedy a fait défection,
passant dans le camp altermondialiste.

http://www.guardian.co.uk/






+ Un article paru en janvier 2011 sur Courrier International :
Un espion chez les écolos





•Pour mémoire :

"Quand la brigade criminelle de Paris cherche à acheter un camarade..."
http://nantes.indymedia.org/article/22865


"22 v’là la SDAT"
http://ultrahumandignity.blogspot.com/2010/02/22-vla-la-sdat.html
http://rebellyon.info/22-v-la-la-SDAT.html






dimanche 20 février 2011

Les Marchands de peur

Parution février 2011 aux éditions LiBERTALIA




Les Marchands de peur
La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire


La peur est un outil politique fondamental pour les classes dominantes. Transformée en marchandise, elle constitue le secteur d’activité d’idéologues organisés pour vendre ces produits aux gouvernements et aux complexes industriels.

En France, la bande à Alain Bauer constitue la manifestation la plus exemplaire de cette collaboration intensive entre éléments de la classe politique, de la police, de l’armée, de l’industrie, de l’Université et des grands médias.

En étudiant cette bande et ses réseaux, leur positionnement dans le champ de la production du contrôle, ce qu’ils disent et font, leur histoire, leurs profits et leurs stratégies, l’auteur met à disposition des cartes et des outils pour attaquer la dimension idéologique des sociétés de contrôle.

L’auteur

Mathieu Rigouste est chercheur en sciences sociales, rattaché à l’université Paris-VIII. Il décortique les mécanismes de la domination sécuritaire. Il est l’auteur de L’Ennemi intérieur, (La Découverte, 2009). Pour Libertalia, il a préfacé le Manuel du guérillero urbain de Carlos Marighela.




Extrait:






ACHETER EN LIGNE





Tarnac : les mis en examen vont déposer trois plaintes contre la police

dernière mise à jour le 23/02/11

Paru le 20/02/11 sur www.lesinrocks.com




Julien Coupat et Yildune Levy portent plainte contre la police pour faux et usages de faux en écriture publique, subornation de témoin et interceptions illégales.

Un nouveau round commence dans le combat qui oppose le “groupe de Tarnac”, mis en examen pour des actes terroristes, aux policiers et juges chargés de l’enquête. Après avoir demandé la requalification des faits en simples sabotages - refusé en mai 2009 - l’annulation de pièces de la procédure - refusé en octobre 2010 - et la réalisation de plusieurs actes d’enquête qui pourraient les disculper - refusé ou ajourné - les mis en examen passent à l’étape supérieure.

Selon les informations recueillies par Les Inrocks, ils vont déposer trois plaintes (contre X mais visant clairement les policiers de la sous-direction antiterroriste, Sdat) pour interceptions illégales, subornation de témoin et surtout faux et usages de faux en écriture publique.

Julien Coupat et Yildune Lévy espèrent ainsi démontrer devant la justice que le procès-verbal de leur filature, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, et les versions policières successives tendant à le contredire plutôt qu’à le confirmer, constituent une manoeuvre de la Sdat pour affirmer leur culpabilité sans preuve.

Le PV 104, un faux?

Cette nuit-là, une vingtaine d’agents de la Sdat et de la DCRI suivent une Mercedes occupée par deux “membres de la mouvance anarcho-autonome”, en Seine-et-Marne. Les policiers voient le couple s’arrêter dans une pizzeria, dormir quelques heures dans la voiture à Trilport puis reprendre la route avant de stationner à nouveau, à proximité d’une voie ferrée sur la commune de Dhuisy. Puis leur véhicule retourne à Paris.

Au petit matin, près de l’endroit où s’était garée la voiture, le passage du premier TGV provoque une gerbe d’étincelles qui attire l’attention des policiers. Les suspects sous surveillance ont-ils commis un acte de sabotage?

Sur la foi du procès-verbal de filature dressé ce jour-là, désormais connu sous le nom de “PV 104”, Julien Coupat et Yildune Lévy sont arrêtés, mis en examen et écroués pour direction d’une association de malfaiteurs à vocation terroriste. Ils risquent la cour d’assises spéciales, même s’il n’y a eu ni morts ni blessés, le trafic SNCF ayant simplement été perturbé. Ni photos sur les lieux, ni traces ADN, ni aveux ne viennent prouver leur culpabilité.

Le rapport des policiers renforce les doutes

Plus de deux ans après l’ouverture de l’enquête, dans laquelle dix personnes sont mises en examen, le récit de cette nuit de filature varie selon les policiers interrogés et les contradictions apportées par la défense. Impossibilités temporelles, divergences entre les observations : le déroulement de ces quelques heures reste si flou que le juge d’instruction a exigé des policiers, un an après les faits, qu’ils s’expliquent sur le compte-rendu. Ils ont rendu leur rapport en juin.

Les nouvelles pièces d’exécution, qui devaient “préciser” certains points incohérents de l’enquête de police, n’ont ajouté que de nouvelles invraisemblances”, estiment les avocats des mis en examen, maîtres William Bourdon, Jérémie Assous et Thierry Lévy.

Montage policier ou travail de cochon? En tout cas, le résultat décrédibilise largement le professionnalisme de la police antiterroriste. Les incohérences de l’enquête et les questions sans réponses ont décidé Julien Coupat et Yildune Levy à porter plainte pour faux et usages de faux en écriture publique. Ce crime, s’il est commis par des personnes dépositaires de l’autorité publique, est puni de 15 ans de prison et 225000 euros d’amende.

Ils porteront plainte également pour subornation de témoin : une connaissance de Julien Coupat avait témoigné contre eux anonymement, avant de se rétracter, parlant de pressions policières visant à orienter son témoignage dans le sens de l’accusation.

Une plainte pour des écoutes illégales de l’épicerie de Tarnac, effectuées avant le début de l’enquête préliminaire et découverte par hasard par un agent de France Télécom, vient compléter le tableau.

Deux perches tendues au bon moment

Ce vendredi, le Nouvel Obs se fait l'écho d'une nouvelle piste, opportunément communiquée par les enquêteurs quelques jours avant le dépôt des plaintes dont nous avons eu connaissance.

En février 2010, la brigade fluviale avait fouillé la Marne, qui passe à 20 km des voies TGV. Elle y trouve deux tubes en PVC longs de deux mètres, qui emboîtées l’une dans l’autre à l’aide d’un manchon recouvert de scotch auraient pu servir à hisser le crochet sur la caténaire. Pas d’ADN, des “preuves matérielles” recueillis un an et demi après les faits, peu importe : selon la police ce sont probablement les perches dont se serait débarrassées Julien Coupat dans la rivière lors d’un arrêt sur la route du retour.

Reste quelques questions : Pourquoi fouiller la Marne plus d’un an et demi après les faits? Comment attribuer à Julien Coupat, qu’aucun policier n’a vu sortir les perches et les jeter à l’eau, l’achat en liquide de ces objets lors d’un instant où il aurait échappé à la surveillance policière? Pourquoi la police ne mentionne-t-elle que maintenant l’existence d’une balise GPS sur la Mercedes, dispositif illégal s’il n’est autorisé par un juge des libertés et de la détention?

Lire l'intégralité de l'article dans Les Inrockuptibles n°795 du 20 février 2011.






+ La réaction de Me Assous sur Europe1 le 22/02/11 :


"Ils étaient sur la lune les policiers !"




vendredi 18 février 2011

Sur une histoire de tubes en PVC

dernière mise à jour le 20/02/11





2 journaleux (Isabelle Monnin et Olivier Toscer) du Nouvel Observateur reproduisent des éléments policiers (avec les photos !).

Trouvé sur le site du NouvelObs.com le 18 février 2011.

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Deux tubes en PVC, repêchés dans la Marne, à une vingtaine de kilomètres de l’endroit où avait été sabotée une ligne TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 : deux ans et demi après le début de l’enquête sur les sabotages des lignes ferroviaires, les policiers de la sous-direction anti-terroriste (SDAT) tiennent enfin une piste matérielle qui met en cause les principaux suspects de l’affaire, les militants d’ultra-gauche du groupe de Tarnac. De quoi sauver in extremis une instruction jusqu’alors mal engagée.

Selon les informations de Nouvelobs.com, deux tubes, longs chacun de deux mètres et de cinq centimètres de diamètre, ont été retrouvés en février 2010 au fond de la Marne par les plongeurs de la Brigade fluviale. Ils gisaient à l’aplomb du pont de la Marne, coincés dans des roches, sur la commune de Trilport (77), à l’endroit même où Julien Coupat et son amie Yildune Lévy, suivis par la police, avaient fait une pause en voiture vers 4h45 du matin, 25 minutes après avoir quitté la ligne TGV de Dhuisy (77), où sera retrouvé un crochet saboteur.

Interrogés sur leur halte sur ce chemin de halage par le juge d’instruction Thierry Fragnoli, les deux jeunes gens s’étaient montrés évasifs. Julien Coupat avait dit n’avoir aucun souvenir alors que sa compagne expliquait qu’ils s’étaient "peut-être" arrêtés là pour une simple pause-pipi.

"Il était suivi à bonne distance grâce à une balise GPS"

L’analyse des tubes par la police scientifique montre qu’ils ont été reliés entre eux, par un manchon recouvert de scotch, avant d’être séparés (le scotch a été coupé au cutter).

Les enquêteurs sont aujourd’hui persuadés que ces tubes en plastiques ont servi de perche de fortune aux saboteurs pour placer un crochet en fer à béton sur les caténaires de la ligne TGV. "Avec une telle gaule artisanale de quatre mètres, on peut, à hauteur d’homme, atteindre les caténaires sans risque de s’électrocuter, explique un responsable policier spécialiste de l’ultra-gauche. C’est une méthode mise au point il y a quelques années par les anarcho-autonomes allemands pour paralyser les convois de déchets nucléaires".

Aucun des deux tubes en plastique retrouvé dans la Marne ne comporte la moindre trace d’ADN exploitable mais les enquêteurs pensent savoir où et quand a été acheté ce matériel grâce aux codes de fabrication subsistant sur le matériel. Ces seuls indices exploitables montrent que les tubes ont été commercialisés dans les magasins de bricolage de la région parisienne, en septembre ou octobre 2008, quelques semaines avant les sabotages de TGV. En enquêtant sur le réseau de distribution, les enquêteurs ont découvert que deux de tubes de cette série, ainsi qu’un manchon permettant de les emboîter ont été vendus, à 14h20 le jour-même du sabotage par le Bricorama de Châtillon (92). Le client, qui n’a pas pu être identifié, a payé en liquide. Mais les enquêteurs savent que Julien Coupat était dans le quartier à ce moment-là.

Les policiers qui filaient le militant autonome depuis qu’il avait quitté la résidence de ces parents en fin de matinée, ont en effet perdu sa trace à hauteur de la porte de Chatillon vers midi. "Il était suivi à bonne distance grâce à une balise GPS placée sur sa vieille Mercedes, révèle une source proche de l’enquête. A midi, le signal a disparu comme cela arrive quand la cible entre dans un parking souterrain. Et justement, le Bricorama de Châtillon en possède un pour ses clients". A 14h50, la balise avait recommencé à émettre. Et les hommes de la SDAT avaient pu alors reprendre leur filature.

Qu’ont fait Julien Coupat et Yildune Lévy entre midi et 14h50 à Châtillon ? Interrogée sur son emploi du temps, cette dernière a expliqué au juge qu’elle avait rejoint son ami pour aller déjeuner au restaurant mais qu’elle avait oublié où exactement.

"Une mascarade"

Les enquêteurs sont persuadés que le couple a profité de ce trou dans la surveillance pour faire ses emplettes au Bricorama avant de prendre la route vers la Seine-et-Marne, de tourner autour des lignes ferroviaires pendant douze heures, pour placer un crochet sur les lignes vers quatre heures du matin. "C’est une mascarade, s’insurge Me Jérémie Assous, l’un des avocats de Julien Coupat. Toute cette enquête est basée sur l’insinuation et non sur les preuves, La justice antiterroriste monte un nouveau contrefeu pour masquer le vide de ce dossier".

Les enquêteurs, eux, persistent. Ils se demandent maintenant si le couple Coupat-Lévy n’a pas profité du créneau où ils avaient déjoué la surveillance policière à Châtillon, pour récupérer également le crochet, façonné artisanalement. Un des membres du premier cercle de Coupat habite en effet à 450 mètres de ce Bricorama. La perquisition de son domicile, effectuée juste après les sabotages, le 11 novembre 2008, n’avait, d’après nos sources, rien donné.





Suite parue le 20/02/2011 :

+ 1 AUTRE ARTICLE SOLDÉ DES 2 MÊMES GRANDS ENQUÊTEURS





jeudi 17 février 2011

Bruno a été libéré !




Lu sur Indymedia Paris

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Bruno a été liberé vendredi 11 février après un mois et demi de détention et il a été placé sous contrôle judiciaire (interdiction de quitter le territoire national, d’entrer en contact avec les autres mis en examen, obligation de pointer une fois par mois et de se rendre au spip). Il avait été arrêté le 20 décembre 2010 à Paris, après s’être soustrait à son contrôle judiciaire en juillet 2008. Il avait été arrêté une première fois en janvier 2008 alors qu’il était en possession d’un fumigène artisanal et de clous tordus et qu’il se rendait à une manifestation devant le centre de rétention de Vincennes. Il avait alors fait 4 mois et demi de détention préventive.

Ivan, accusé des mêmes faits, est, quant à lui, toujours détenu à la prison de Fresnes.

Pour plus d’info sur cette affaire :

De plus, une semaine de solidarité et de lutte autour de différents thèmes ( immigration, maghreb, répression etc..) est organisée :

Liberté pour tous ! La solidarité est une arme !